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Texte
de Pierre Jean de Béranger (1)
1780 - 1857
Couplets sur la journée
de Waterloo(1)
Air : Muse des bois et des accords champêtres.
1
De vieux
soldats m'ont dit:
Grâce à ta Muse,
Le peuple enfin a des chants pour sa voix.
Ris du laurier qu'un parti te refuse ;
Consacre encor des vers à nos exploits,
Chante ce jour qu'invoquaient des perfides,
Ce dernier jour de gloire et de revers.
-J'ai répondu, baissant les yeux humides
Son nom jamais n'attristera mes vers,
Son nom jamais n'attristera mes vers.
2
Qui, dans Athène, au nom de Chéronée
Mêla jamais des sons harmonieux ?
Par la fortune Athènes détrônée
Maudit Philippe, et douta de ses dieux.
Un jour pareil voit tomber notre empire,
Voit l'étranger nous rapporter des fers,
Voit des Français lâchement leur sourire.
Son nom jamais n'attristera mes vers. |
3
Périsse enfin le géant des batailles !
Disaient les rois: peuples, accourez tous.
La Liberté sonne ses funérailles ;
Par vous sauvés, nous régnerons par vous.
Le géant tombe, et ces nains sans mémoire
A l'esclavage ont voué l'univers.
Des deux côtés ce jour trompa la Gloire.
Son nom jamais n'attristera mes vers. |
4
Mais quoi! déjà les hommes d'un autre âge
De ma douleur se demandent l'objet.
Que leur importe en effet ce naufrage ?
Sur le torrent leur berceau surnageait.
Qu'ils soient heureux ! leur astre, qui se lève,
Du jour funeste efface les revers.
Mais, dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve,
Son nom jamais n'attristera mes vers.
Voir la partition
1)
Extrait des Oeuvres Complètes de P. J de Béranger
- 1850 - pp 212, 213 - Librairie Encyclopédique de Périchon
- Bruxelles
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