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Trois semaines après le débarquement
de Napoléon en Provence, le 13 mars, parut une déclaration
collective des souverains réunis à Vienne. Les
alliés déclaraient ouvertement la guerre à
l'Empereur restauré :
"En rompant la convention qui l'avait mis en possession
de l'île d'Elbe, disaient-ils, Bonaparte a détruit
le seul titre légal auquel son existence se trouvait attachée.
Les puissances déclarent que, comme ennemi et perturbateur
de la paix du monde, il s'est livré à la vindicte
publique."
C'étaient les mêmes protestations que les Bourbons
faisaient entendre. Mais les alliés étaient en
armes et ils n'attendaient que la concentration de leurs troupes
pour pénétrer encore une fois sur le sol français.
En effet, le 31 mars, une convention militaire décrétait
la mise en campagne de 800.000 hommes formant trois armées
: l'une, sous Schwartzenberg, devait opérer sur le haut
Rhin : c'étaient les Autrichiens et les Allemands; une
seconde, composée d'Anglais, de Prussiens et de Hollandais,
sous Wellington et Blucher , devait opérer dans les Pays-
Bas; enfin, une réserve de 200.000 Russes commandés
par Alexandre devait appuyer les deux corps précédents.
Les passions des peuples étrangers étaient excitées
au plus haut point : les Prussiens ne parlaient de rien moins
que de partager la France et de confisquer les biens nationaux
pour payer les frais de la guerre.
Napoléon fut donc obligé, dès son arrivée
aux Tuileries, de préparer une nouvelle campagne; il le
fit en grand secret et le plus tard possible pour ne pas effrayer
les esprits. Cependant il put, à l'aide de diverses mesures
où il appliqua une dernière fois sa prodigieuse
habileté d'organisateur, compter dans quelques mois sur
400.000 hommes. Il ordonna de travailler aux places; Paris fut
défendu au nord par des fortifications; au sud, les ouvriers
entreprirent de terminer les travaux déjà commencés.
Grâce à l'habileté du baron Louis et de Mollien,
il put immédiatement disposer de sommes considérables
et les armements se firent très rapidement: au milieu
de juin, il avait 124.000 hommes à l'armée du Nord,
dispersés sur une ligne qui s'étendait de Lille
à Mézières.
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Napoléon pouvait choisir entre
deux plans: ou bien laisser les alliés entrer en France
et se défendre entre la Seine et la Marne, ce qui permettait
de rallier les troupes des frontières et celles qui s'armaient
encore en ce moment; ou bien prendre l'offensive et tomber avec
une partie seulement de son effectif sur l'armée la plus
rapprochée, la vaincre et, grâce au prestige d'une
victoire gagnée, accabler les coalisés sur le Rhin.
Ce dernier plan, qui avait en somme le plus de chances de succès,
fut celui que Napoléon choisit. Le 14 juin, il était
sur la frontière de Belgique, au milieu de ses troupes
qui, par un prodige d'habileté, s'étaient concentrées
sur la Sambre sans éveiller les soupçons des Anglais
ou des Prussiens: on voit, dès le début de cette
campagne de quatre jours, briller le génie de Napoléon,
qui n'a jamais été plus fécond en ressources.

Wellington (1769
- 1852)
Commandant
en chef de l'armée anglaise
et en 1815 généralissimedes armées alliées
contre Napoléon |
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Blucher (1742 -
1819)
Général
en chef de l'armée prussienne
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Wellington se tenait sur l'Escaut, avec
son quartier général à Bruxelles, sa base
sur la mer; Blucher sur la Meuse, avec son quartier général
à Namur et sa base d'opération sur le Rhin. L'Empereur
résolut de séparer les deux armées ennemies
et de battre séparément d'abord Blucher, pour se
jeter ensuite sur Wellington. Tenant compte du caractère
des deux généraux et des qualités de leurs
soldats, il espérait que Blucher serait beaucoup moins
promptement secouru par Wellington que Wellington ne le serait
par Blucher. Tandis que nos troupes se concentraient sur la frontière
entre Philippeville et Solre-sur-Sambre, en venant par colonnes
séparées de Metz, Paris, Mézières,
Laon, les garnisons de nos places du nord, de Dunkerque à
Maubeuge, faisaient des démonstrations qui laissaient
croire à Wellington que Napoléon déboucherait
de Mons sur Bruxelles.

Napoléon à Mont-Saint-Jean
par Steuben
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