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Historique de la
Saint-Napoléon
fêtée chaque 15 août, sous les Deux Empires



haque année, lorsque arrive le 15 août, les catholiques de France célèbrent la fête de la Vierge Marie, appelée aussi fête de l'Assomption. Le 15 août marque également l'anniversaire de l'Empereur Napoléon 1er, né le 15 août 1769. Jusque là, rien d'extraordinaire me direz-vous. Nous ne savons pas de qui vint l'idée que cette journée du 15 août pourrait être également l'occasion de fêter la Saint-Napoléon ! Ce que l'on sait seulement, c'est qu'après la signature du Concordat qui marquait la réconciliation de la France avec l'Eglise et son pape Pie VII, l'idée fit son chemin, et le cardinal Caprara, légat du pape, entreprit des recherches dans le martyrologe romain, afin de trouver la perle rare. Hélas, il n'y trouva aucun Saint-Napoléon qui eût pu combler son commanditaire. En revanche, en s'arrêtant à la date du 2 mai, il lut : Rome SS. Martyrum Saturnini, Neopoli. De Neopoli à Napoléon, il n'y eut qu'un pas, que n'hésita pas à franchir le cardinal Caprara. Il tenait son saint et se faisait fort de le faire adopter par l'Eglise, en déplaçant sa célébration du 2 mai au 15 août; mais chose curieuse, il maintînt Saint Neopoli au 2 mai, sans doute pour nous démontrer, une fois de plus, que les voix du Seigneur sont impénétrables !

Ainsi fut donc fait ! Dès 1805, ce nouveau saint entra dans l'arêne des martyrs de l'Eglise. Napoléon, dont on peut légitimement penser qu'il ne fut point étranger à cette nouvelle "canonisation", fit de cette journée, une fête nationale, naturellement chômée des français. Avant la révolution, les Bourbons honoraient bien Saint-Louis. Désormais, l'Empire aurait son saint ! Il en fit également une date fétiche pour marquer ses réalisations ou ses libéralités. La Saint-Napoléon fut fêtée le 15 août 1806, pour la première fois.

Et ce ne fut pas un hasard, si la première pierre de l'Arc de Triomphe à Paris, fut posée le 15 août 1806. Le 15 août 1809, Berthier sera fait prince de Wagram, Davout, prince d'Eckmühl, Fouché, duc d'Otrante et Masséna, prince d'Essling. C'est encore un 15 août (1810) que fut inaugurée la colonne de la Grande Armée, place Vendôme à Paris et promulgué, le Code civil, dans le grand-duché de Varsovie. Le 15 août 1811, à Bercy, on posa la première pierre de la halle aux vins et le 15 août 1813, le canal de l'Ourcq fut ouvert à la navigation.

Dans Le Journal des curés, des 15 et 16 août 1809, on peut lire :


"Des bords du Tibre à ceux de la Vistule, des rives du Tage à celles du Danube, de l'antique Corcyre à l'île de Rugen, de la ville où régna Charles-Quint, à la ville antique des Césars, à celle où fut le siège de l'Empire des Germains, le même jour, à la même heure, le bronze tonnant dans les airs a annoncé la Fête de Napoléon !
Le même jour, à la même heure, l'hymne de la Victoire et de la Reconnaissance a retenti dans cent mille Temples consacrés au Seigneur.

Cent peuples divers se sont réunis au pied des Autels pour célébrer la naissance de celui que l'univers admire, par qui le Dieu des destinées change et refait, agrandit ou resserre, détruit ou conserve les Etats et leurs barrières, et leurs Chefs et leurs Lois.
La Terre raconte la gloire de Napoléon comme les Cieux racontent celle du Seigneur !..."

.

Louis XVIII, ramené sur le trône de France en 1814, s'empressa de mettre un terme à cette "plaisanterie". Et la Vierge Marie, à qui personne n'avait demandé son avis dans cette affaire, fut déliée de cette indivision contre nature et redevint l'unique vedette des processions du 15 août ! A la vérité, la Saint-Napoléon, sous l'Empire, était surtout fêtée dans les casernes par nos soldats qui rattachaient cette journée, à l'anniversaire de l'Empereur et à l'ordinaire amélioré que cet évènement leur procurait chaque année. La Vierge Marie, n'eût jamais à en souffrir, et probablement que Napoléon s'y serait opposé afin de préserver ses bonnes relations d'alors, avec le pape Pie VII.

Dès 1805, le prénom Napoléon, se répandit un peu partout en France. Le martyre qu'endura l'Empereur à Sainte-Hélène, et sa mort prématurée en 1821, eurent pour conséquence d'amplifier le phénomène. Rien, alors, n'était plus aisé de connaître l'opinion du père, qu'en relevant le prénom de ses enfants. Pour endiguer ce crime de lèse-majesté, on fit même connaître au bon peuple en 1823, que "s'il n'y a point de saint Napoléon, il est certain qu'il y a un démon qui porte son nom. On lit dans le recueil des Miracles de sainte Zite, vierge morte à Lucques en 1272, qu'elle a délivré une religieuse qui était possédée de deux démons, dont l'un s'appelait Napoléon, et l'autre Soudan."

On avait beau faire, on avait beau dire, rien n'y fit ! Les petits Napoléon continuèrent à pousser comme des champignons, tant en France, qu'aux quatre coins du monde ! Sitôt, le Second Empire proclamé, Napoléon III, pensant sans doute rompre la solitude de la Vierge Marie, lui rendit son ancien compagnon et l'on fêta de nouveau la Saint-Napoléon qui redevenait fête nationale. Il n'en fallut pas davantage aux Napoléon, pour faire parler d'eux, de plus belle, dans les bureaux d'Etat civil !

Les années qui suivirent la chute du Second Empire, marquèrent le déclin de cet impérial prénom. La fête nationale fut ramenée au 14 juillet, en 1880 seulement. N'empêche, que durant tout le vingtième siècle, 893 enfants furent encore prénommés Napoléon, et la tendance était à la hausse pour l'année 2000, nous apprend le Guide des prénoms !

Comme chaque année, le week-end du 15 août est l'occasion pour la Ville d'Ajaccio de célébrer la naissance de l'enfant du pays par de nombreuses manifestations culturelles.

Bon anniversaire et ...bonne fête quand même, Sire !

A. Martin

Eglise du Chesnay (78). Vitrail représentant Saint-Napoléon. Ce vitrail fut donné à l'église par Madame Furtado Hein, épouse du petit fils du Maréchal Ney, en 1882. Photo: Olivier Chauvelin

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