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Carte: Napoléon détermine la route à prendre pour rejoindre Paris

La Route Napoléon insolite
par Jacques L'Azou


CHAPITRE X

MALIJAI - SISTERON - GAP - DIMANCHE 5 MARS



En quittant Malijai, l'Empereur et son bataillon prennent la direction de L'Escale. On s'écarte donc jusqu'à Sisteron de la Route Napoléon. La RN 85 emprunte la rive droite de la Durance en passant par Château Arnoux et son beau château renaissance. Château Arnoux est une étape gastronomique très importante, avec une spécialité: les pieds paquets...

Mais nous prendrons tout de même la vraie route suivie par les grognards. La rue principale de L'Escale s'appelle d'ailleurs Route Napoléon. La Durance est maintenant canalisée et au barrage de L'Escale édifié en 1962, un petit lac partiellement envahi par les roseaux est devenu une réserve ornithologique (plus de 300 espèces d'oiseaux répertoriés). En suivant la départementale 4, en longeant la Durance, en admirant Château Arnoux sur l'autre rive, on atteint Volonne. On peut aussi aller à Volonne en passant par Château Arnoux et on franchit la Durance sur le pont suspendu. Il est important de passer sur la rive droite pour arriver à Sisteron, comme l'a fait Napoléon, par la Porte du Dauphiné, et donc par le fameux pont de la Baume.

Napoléon passa et pissa !

Volonne est un curieux village qu'il faut parcourir à pied. Passée la placette principale, près de l'église St Martin du XI° siècle, on peut monter aux deux tours sarrasines qui dominent le village: la Tour de Gué et la Tour de l'Horloge. Au gré de l'ascension du sentier qui montent aux tours, on découvre le panorama général du village: le château bastide, l'aqueduc du XVI° siècle, vieilles rues où l'on peut flâner. Les grognards y font une halte, dans l'auberge du «Poisson d'Or» où Napoléon déguste un canard aux olives...

Sur une pierre dans le pignon d'une vieille maison, on peut lire : «eishi lou de 5 mars 1815
Napoléon P.P.
» La tradition locale assure la traduction suivante : «Ici, le 5 mars 1815, Napoléon Passa et Pissa !»

Nous arrivons bientôt en vue de Sisteron, et on a le souffle coupé en apercevant la fière et imposante citadelle qui surplombe la Durance.

Sisteron et sa citadelle
Vers les 11 heures, l'Empereur s'arrête dans le faubourg de la Baume, s'assied sur le parapet du pont sous lequel passe la Durance «à toute volée» et laisse défiler la troupe en criant aux hommes: «Soldats, nous sommes à Paris !». Pendant ce temps, à l'hôtel de ville, grandes discussions au sujet de la réception: le maire M. De Gombert répugne à se rendre au-devant de Napoléon: «De grâce Messieurs, ne donnez pas un air de fête à cette pénible corvée ! ».

Mais au sein du conseil municipal, MM. Latil et de Burle, tous deux ex-constituants, arrivent à convaincre le maire que «c'est là un cas de force majeur, auquel il ne convient pas de résister et que c'est un sacrifice dont les concitoyens ne peuvent manquer de tenir compte». Le maire se mit donc en marche, sans costume et rencontra en route le sous-préfet Bignon, qui s'y rendait comme lui. Le rapport du préfet précise: «M. Bignon et le Maire furent le 5 mars à la rencontre de Bonaparte, ce n'est qu'après plusieurs sommations du général Cambronne qu'ils se déterminèrent à cette démarche.»

Pour entrer en ville, Napoléon prend un chemin en raidillon qui l'amène directement aux aires Saint-Jaume devant la porte du Dauphiné. Cette précision fait mieux comprendre que Napoléon, venant de Provence, ne franchit pas comme la logique le voudrait la porte de Provence, mais au contraire la porte du Dauphiné, puisqu'il est arrivé par la rive gauche de la Durance. Le commandant de la garde nationale, Edouard de Laplane dit à son fils aîné qui l'accompagne: «Regarde bien cet homme, tu le verras plus que dans l'Histoire

Plaque commémorative apposée sur le mur de l'ancien hôtel du Bras d'Or à Sisteron (04)

L'Empereur se dirige ensuite vers l'hôtel du Bras d'Or tenu alors par le grand-père de Paul Arène, le grand poète provençal. L'hôtel n'est plus, mais la maison existe encore rue Saunerie, indiquée par une plaque commémorative. Il reçoit les autorités. Parmi les adjoints au maire, il y a M. Laugier, au nom de Laugier , Napoléon remarque: «Vous portez, Monsieur, le nom de l'auteur d'une histoire de Venise fort estimée.» Interloqué, Laugier répond: «Sire, c'était mon oncle


Après les autorités municipales, il reçoit des anciens soldats de l'empire, officiers et sous-officiers en retraite ou en demi-solde, et les invite à se joindre à son bataillon. Le capitaine du génie Lavocat et son fils, un ancien tambour, un militaire retraité titulaire de l'entrepôt des tabacs vont suivre. A la suite de ces entretiens et après avoir déjeuné, il est temps de repartir.

M. De Gombert raconte: «Quelques instants avant l'heure où Napoléon quitta Sisteron, une vingtaine de cavaliers formant une escorte vint se ranger en bataille devant l'hôtel de Bras d'Or et lui faisant face. Parmi ces cavaliers, il en était un qui fixait plus particulièrement l'attention. C'était un homme jeune encore, au teint basané, à la moustache longue et tombante. Il était coiffé d'un turban écarlate de forme haute qu'on pourrait comparer à un shako sans visière; il avait une veste et une culotte turque de couleur rouge; ses jambes étaient enfoncées dans de longues bottes à l'écuyère; il portait à la ceinture, du côté droit deux pistolets et du côté gauche un long poignard; un sabre bancal pendait du même côté. Enfin il avait mis en bandoulière une carabine tromblon, dont la gueule évasée s'apercevait au-dessus de son épaule gauche. Ce singulier cavalier avait les bras croisés sur le pommeau de sa selle et paraissait très fatigué.» Vous avez reconnu, bien sûr, le piqueur St Denis, plus connu sous le surnom de Mameluk Ali. Ce jeune Versaillais de 27 ans, Sera le futur bibliothécaire de Ste Hélène...
En sortant, une couturière apporte un drapeau tricolore qu'elle vient de confectionner. St Denis relate dans Ses mémoires: «Lors du débarquement on n'avait point d'aigle. Ce n'est qu'au troisième jour qu'on en avait eu un; il était en bois doré, provenait de quelque flèche de lit ou de quelque tringle de fenêtre, mis au bout d'un bâton avec des morceaux d'étoffes de trois couleurs qu'on avait clouées: on avait fait un drapeau.» La couturière est embrassée par Napoléon qu'elle suit jusqu'au pont du Buech, la main appuyée sur un des genoux de l'empereur.

Ainsi se termine l'étape à Sisteron. En attendant le général Drouot et son arrière-garde, vous visitez la Citadelle par le petit train. C'est incontournable. La Citadelle, monument classé historique, est l'oeuvre de Jean Erard, l'ingénieur militaire d'Henri IV, puis agrandie par Vauban au XVII° siècle. La visite est fléchée et sonorisée: donjon, chapelle, musée iconographique sur l'histoire de la citadelle et sur Napoléon, musée hippomobile, point de vue... A voir également, la cathédrale Notre Dame des Pommiers, bel exemple de l'art roman lombard-provençal, les Tours, la vieille ville dont les petites ruelles dégringolent jusqu'au magnifique plan d'eau (d'où ce dicton, qui dit qu'à Sisteron les ânes sont logés au troisième étage).

Le rocher de Baume

A escalader, bien sûr, le Rocher de la Baume; il faut quelques heures pour faire le tour du rocher pour passer un défilé rocheux, admirer l'église St Dominique qui veille sur les émouvants vestiges de l'ancien couvent dominicain, puis le Trou de l'argent, une bien curieuse grotte, et découvrir le panorama sur Sisteron depuis le sommet de la Baume. A ce moment vous penserez à l'enfant du pays Paul Arène, le grand écrivain provençal à qui on doit Jean des Figues, et dans son ceivre, Sisteron devient Canteperdrix. On dit aussi qu'il a écrit «Les Lettres de Mon Moulin» qu'il aurait donné à Alphonse Daudet contre un verre d'absinthe !... Paul Arène est mort à Antibes en 1896.


Sisteron devient après ce dimanche 5 mars un enjeu entre les royalistes et les bonapartistes. Dès le 7 mars, les troupes royalistes s'y réunissent sous la direction du général Miollis. Leur premier but est de couper la retraite de Napoléon qui pense-t-on peut être arrêté plus haut et devrait donc redescendre sur le Midi. C'est de Sisteron que partiront les expéditions conduites par le général Loverdo sur La Saulce et le général Gardanne sur Clelles. En avril, le préfet M. Didier remplacera M. Bignon, et le commandant de la garde nationale Edouard de Laplagne, remplacera M. De Gombert à la mairie, pour cent jours...En Août 1815, après Waterloo, Autrichiens et Piémontais occuperont la ville. Le commandant Machemin s'enfermera et résistera dans la citadelle avec armes et provisions...
Il y a 48 km pour rejoindre Gap. Nous entrons ici dans de larges vallées aux routes rectilignes, nous sommes dans le verger des Alpes, le pays des arbres fruitiers de toutes sortes: le Gapençais et ses vieux villages épars, Le Poët, Roubereau, Ventavon, Monetier Allemont, La Saulce.

Monsieur de St Genis, maire d'Upaix a laissé dans les Annales des Basses Alpes un récit du passage de Napoléon: «Je fus environné d'une partie des fidèles qui formaient l'escorte de l'Empereur et particulièrement du brave Jermanowski dont le nom est cher à tous les Français ... Ils rirent avec moi du grotesque matériel qui composait leur bagage. Imaginez-vous une foule d'officiers supérieurs cheminant lentement, hissés sur de tristes rosses arrachées à la culture et en grand nombre sur des mulets rétifs qui reculaient au lieu d'avancer, quelques mauvaises selles et de bardes grossièrement sanglées, marchant pêle-mêle avec une gaieté folle et vous avez une faible idée de cette caravane. Quelques lanciers polonais, talonnant leurs chétives montures ouvraient et fermaient la marche. Ils étaient suivis à peu de distance du bataillon des grenadiers dont les moustaches grisonnantes et le teint noirci présentaient un ensemble effrayant et justifiaient l'épithète de vieux grognards. Ces braves, les uns à pied, les autres sur des charrettes et des montures de tout genre faisaient retentir les airs de chants français... Ensuite venaient les chasseurs Corses et Elbois, environ 400 hommes, petits mais robustes; ceux-ci formaient l'arrière-garde commandés par le général Drouot qui s'avançait gravement à leur tête.»

La Saulce

A La Saulce, les soldats font une halte dans la rue principale, et près de l'église. Les habitants des communes voisines avertis par la rumeur attendent à l'entrée du village. Chacun veut voir l'Empereur, le toucher, donner du vin et des vivres aux hommes. On file vers Tallard, magnifique village et son château des Clermont Tonnerre de toute beauté. Tallard c'est maintenant un carrefour important: c'est la route du lac de Serre-Ponçon, d'Embrun, de Briançon, de l'Italie vers Cunéo. Tallard c'est surtout son Aéropôle devenu une des toutes premières plates-formes de sports aériens: parachutisme, planeur, ULM, hélicoptère, aviation légère et taxi way.

Aux flambeaux, il passe la Porte Colombe, qui est aujourd'hui la rue Colonel Roux, la plus ancienne rue de Gap. Du temps des Romains, lorsque Gap s'appelait Vapincum, c'était déjà la voie décumane qui devint logiquement la rue droite au Moyen Age, c'est à dire la voie ouest-est, s'ouvrant à l'ouest par la porte Colombe et à l'est par la porte Lignole. Gap a subi, au cours des siècles plusieurs sièges de destructions qui n'ont laissé que peu de traces de son histoire ancienne: la ville fut ravagée par les Lombards et surtout en 1692 par les troupes du Duc de Savoie, qui incendièrent les trois-quart de la cité.

Aujourd'hui le centre ville ancien a été mis en valeur par une réhabilitation des façades dans une harmonie de teintes pastels, et c'est une réussite, l'exemple parfait de ce qu'il faut faire pour revitaliser les centres des vieilles villes. Gap doit beaucoup au préfet Ladoucette, qui préfet des Hautes-Alpes sous le 1er empire, de 1802 à 1808, a été l'initiateur de grands travaux d'urbanisme: il a embelli le centre ville en redressant les rues moyenâgeuses, et c'est lui qui sera à l'origine de la destruction des remparts, permettant ainsi la création des boulevards et de la rue Carnot au sud. Le sculpteur gapençais Jean Marcellin a réalisé sa statue que vous voyez sur la place Ladoucette, avant d'attaquer le Bayard.

Hôtel du sieur Marchand à Gap
Mais, suivons Napoléon qui remonte la rue Colonel Roux (en 1815, rue de Provence), toute illuminée. La colonne débouche sur la Place Jean Marcellin, (ancienne Place St Etienne), où un piquet de la garde nationale en grande tenue présente les armes pendant que le tambour bat «Aux champs». Il est 11 heures quand il arrive rue de France où Cambronne a réservé à l'hôtel du Sieur Marchand. Ce n'est plus un hôtel au n°19 de la rue de France. Pendant de nombreuses années, s'y tenait la fameuse pâtisserie à l'enseigne «La Halte Impériale» , maintenant, c'est un magasin de chaussures, et il faut dire un grand merci aux propriétaires des lieux qui offrent une superbe façade ocre et au sommet une fresque peinte représentant l'Empereur à la tête des grognards allant à la rencontre des habitants de Gap.


A peine arrivé à l'hôtel Marchand, Napoléon fait appeler les autorités. Mais le préfet Harmand s'est réfugié à St Bonnet, où il manquera d'être pris par Cambronne. Le général Rostolland, commandant le département est resté cantonné à Embrun avec la garnison. Le maire est le chevalier D'Abon, colonel du génie en retraite, 66 ans, avec sa coiffure à la Mirabeau, poudrée à la volée. Au bas des escaliers, il est reçu par le général Bertrand, son ancien frère d'armes. Ils s'embrassent, «Allons, venez d'Abon, l'empereur vous attend.» Aussitôt introduit :

-Que pensez-vous de notre retour, monsieur le maire ?
-Je crois, Monsieur, répond imperturbable M. D'Abon, qu'il est malheureux pour la France comme pour vous...
-Comment ne réussirais-je pas ? J'ai l'armée pour moi.
-Et le peuple ?

-L'armée est tout, et la masse est encore pour moi !

Sur le chemin de son retour, Napoléon réalise le projet qu'il nourrit depuis longtemps: inspecter les départements de France, prendre des contacts directs avec les autorités locales, interroger les citoyens. A table, pendant que le repas est servi, il écrit un texte qui sera imprimé le lendemain ;

«Aux Habitants des Départements des Hautes et Basses Alpes,
Citoyens,

J'ai été vivement touché de tous les sentiments que vous m'avez montrés, vos voeux sont exaucés. La cause de la Nation triomphera encore. Vous avez raison de m'appeler votre Père; je ne vis que pour l'honneur et le bonheur de la France. Mon retour dissipe toutes vos inquiétudes ; il garantit la conservation de toutes les propriétés, l'égalité entre toutes les classes et les droits dont vous jouissez depuis vingt-cinq ans, et après lesquels nos pères ont tant soupiré forment aujourd'hui une partie de votre existence.

Dans toutes les circonstances où je pourrai me trouver, je me rappellerai toujours avec un vif intérêt tout ce que j'ai vu en traversant votre pays.»

Ce dimanche 5 mars, Louis XVIII, aux Tuileries, reçut la dépêche de Masséna en disant avec le plus grand calme: «C'est Bonaparte qui est débarqué sur les côtes de Provence. Il faut porter cette dépêche au ministre de la guerre, il verra ce qu'il y aura à faire.» Vitrolles, du cabinet du roi, porte la dépêche au ministre, le maréchal Soult, et le croise dans la rue. Soult est incrédule et demande d'attendre la confirmation. Le Comte d'Artois, frère du roi, alerté lui aussi ne s'inquiète pas et s'en va aux vêpres. La dépêche du préfet du Var vient s'ajouter à celle de Masséna.

Le conseil des ministres se réunit donc le soir et il est décidé que le Comte d'Artois se rendrait à Lyon avec ses deux fils, le duc de Berry et le duc d'Angoulême comme lieutenants, pour prendre le commandement des troupes royalistes réunies dans le Lyonnais, le Dauphiné et la Franche-Comté. Soult, connaissant l'impopularité du frère du roi, et doutant de la capacité militaire de ses fils désigne pour commander en second le maréchal Gouvion St Cyr. Le Comte d'Artois se met en route à minuit pour Lyon, à cette heure Napoléon dîne à l'hôtel Marchand, à Gap.

Ce dimanche soir, Emery, 28 ans, chirurgien de la garde, parti de Castellane avec le passe-port, arrive à Grenoble. Entre La Mure et Grenoble, Emery a rencontré le général Mouton-Duvernet, qui, commandant la sub-division de Valence, alerté par Masséna, est venu en reconnaissance et se rend à Gap organiser la résistance. Il arrête Emery et l'interroge sur le débarquement de l'Empereur. Le chirurgien donne de fausses informations, disant que la garnison d'Antibes s'était ralliée, et que Masséna depuis Marseille se mettait en mouvement pour se joindre à eux. «Pour moi, c'est terminé, je retourne dans ma famille à Grenoble.» Mouton-Duvernet n'en croit pas un mot, mais il est en voiture avec un seul aide de camp et ne peut rien contre un homme seul à cheval. Il laisse donc Emery partir... En arrivant à La Mure, il apprend que Napoléon est déjà à Gap et que la garnison s'est repliée sur Embrun, il doit donc rebrousser chemin.

Pour retourner à Valence, il choisit de passer par Grenoble s'informer auprès du général Marchand, et lui demander d'arrêter Emery. Apollinaire Emery, s'est réfugié chez son ami Dumoulin, un riche gantier grenoblois, place aux Herbes, et ensemble, ils vont commencer à préparer l'arrivée de l'Empereur. La police le cherchera en vain, il est caché dans l'armoire. De la doublure de ses bottes, il sort des feuillets chiffonnés: ce sont des exemplaires des proclamations impériales. Jean Dumoulin les fait imprimer, par un nommé Gavin imprimeur à la Préfecture, avec des caractères de l'imprimerie du roi qui vient de servir pour le préfet. On sortira «au rouleau» des affiches de l'Empereur qui circuleront déjà le lendemain, dans Grenoble, où la nouvelle s'est répandue, le préfet M. Fourrier s'étant décidé à faire connaître officiellement l'événement par une proclamation placardée à l'hôtel de ville.

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