|
En quittant Malijai, l'Empereur et son bataillon prennent la
direction de L'Escale. On s'écarte donc jusqu'à
Sisteron de la Route Napoléon. La RN 85 emprunte
la rive droite de la Durance en passant par Château Arnoux
et son beau château renaissance. Château Arnoux est
une étape gastronomique très importante, avec une
spécialité: les pieds paquets...
Mais nous prendrons tout de même la vraie route suivie
par les grognards. La rue principale de L'Escale s'appelle d'ailleurs
Route Napoléon. La Durance est maintenant canalisée
et au barrage de L'Escale édifié en 1962, un petit
lac partiellement envahi par les roseaux est devenu une réserve
ornithologique (plus de 300 espèces d'oiseaux répertoriés).
En suivant la départementale 4, en longeant la Durance,
en admirant Château Arnoux sur l'autre rive, on atteint
Volonne. On peut aussi aller à Volonne en passant par
Château Arnoux et on franchit la Durance sur le pont suspendu.
Il est important de passer sur la rive droite pour arriver à
Sisteron, comme l'a fait Napoléon, par la Porte du Dauphiné,
et donc par le fameux pont de la Baume.
|

|
|
Volonne est un curieux village qu'il
faut parcourir à pied. Passée la placette principale,
près de l'église St Martin du XI° siècle,
on peut monter aux deux tours sarrasines qui dominent le village:
la Tour de Gué et la Tour de l'Horloge. Au gré
de l'ascension du sentier qui montent aux tours, on découvre
le panorama général du village: le château
bastide, l'aqueduc du XVI° siècle, vieilles rues où
l'on peut flâner. Les grognards y font une halte, dans
l'auberge du «Poisson d'Or» où Napoléon
déguste un canard aux olives... |
Sur une pierre dans le pignon d'une vieille maison,
on peut lire : «eishi lou de 5 mars 1815
Napoléon P.P.» La tradition locale assure la
traduction suivante : «Ici, le 5 mars 1815, Napoléon
Passa et Pissa !»
Nous arrivons bientôt en vue de Sisteron, et on a le souffle
coupé en apercevant la fière et imposante citadelle
qui surplombe la Durance.
 |
|
Vers les 11 heures, l'Empereur s'arrête dans
le faubourg de la Baume, s'assied sur le parapet du pont sous
lequel passe la Durance «à toute volée»
et laisse défiler la troupe en criant aux hommes: «Soldats,
nous sommes à Paris !». Pendant ce temps, à
l'hôtel de ville, grandes discussions au sujet de la réception:
le maire M. De Gombert répugne à se rendre au-devant
de Napoléon: «De grâce Messieurs, ne donnez
pas un air de fête à cette pénible corvée
! ». |
Mais au sein du conseil municipal, MM. Latil et
de Burle, tous deux ex-constituants, arrivent à convaincre
le maire que «c'est là un cas de force majeur,
auquel il ne convient pas de résister et que c'est un
sacrifice dont les concitoyens ne peuvent manquer de tenir compte».
Le maire se mit donc en marche, sans costume et rencontra en
route le sous-préfet Bignon, qui s'y rendait comme lui.
Le rapport du préfet précise: «M. Bignon
et le Maire furent le 5 mars à la rencontre de Bonaparte,
ce n'est qu'après plusieurs sommations du général
Cambronne qu'ils se déterminèrent à cette
démarche.»
Pour entrer en ville, Napoléon prend un chemin en raidillon
qui l'amène directement aux aires Saint-Jaume devant la
porte du Dauphiné. Cette précision fait mieux comprendre
que Napoléon, venant de Provence, ne franchit pas comme
la logique le voudrait la porte de Provence, mais au contraire
la porte du Dauphiné, puisqu'il est arrivé par
la rive gauche de la Durance. Le commandant de la garde nationale,
Edouard de Laplane dit à son fils aîné qui
l'accompagne: «Regarde bien cet homme, tu le verras
plus que dans l'Histoire.»
|

|
|
L'Empereur se dirige ensuite vers l'hôtel
du Bras d'Or tenu alors par le grand-père de Paul Arène,
le grand poète provençal. L'hôtel n'est plus,
mais la maison existe encore rue Saunerie, indiquée par
une plaque commémorative. Il reçoit les autorités.
Parmi les adjoints au maire, il y a M. Laugier, au nom de Laugier
, Napoléon remarque: «Vous portez, Monsieur,
le nom de l'auteur d'une histoire de Venise fort estimée.»
Interloqué, Laugier répond: «Sire, c'était
mon oncle.»
|
Après les autorités municipales,
il reçoit des anciens soldats de l'empire, officiers et
sous-officiers en retraite ou en demi-solde, et les invite à
se joindre à son bataillon. Le capitaine du génie
Lavocat et son fils, un ancien tambour, un militaire retraité
titulaire de l'entrepôt des tabacs vont suivre. A la suite
de ces entretiens et après avoir déjeuné,
il est temps de repartir.
M. De Gombert raconte: «Quelques instants avant l'heure
où Napoléon quitta Sisteron, une vingtaine de cavaliers
formant une escorte vint se ranger en bataille devant l'hôtel
de Bras d'Or et lui faisant face. Parmi ces cavaliers, il en
était un qui fixait plus particulièrement l'attention.
C'était un homme jeune encore, au teint basané,
à la moustache longue et tombante. Il était coiffé
d'un turban écarlate de forme haute qu'on pourrait comparer
à un shako sans visière; il avait une veste et
une culotte turque de couleur rouge; ses jambes étaient
enfoncées dans de longues bottes à l'écuyère;
il portait à la ceinture, du côté droit deux
pistolets et du côté gauche un long poignard; un
sabre bancal pendait du même côté. Enfin il
avait mis en bandoulière une carabine tromblon, dont la
gueule évasée s'apercevait au-dessus de son épaule
gauche. Ce singulier cavalier avait les bras croisés sur
le pommeau de sa selle et paraissait très fatigué.»
Vous avez reconnu, bien sûr, le piqueur St Denis, plus
connu sous le surnom de Mameluk Ali. Ce jeune Versaillais de
27 ans, Sera le futur bibliothécaire de Ste Hélène...
En sortant, une couturière apporte un drapeau tricolore
qu'elle vient de confectionner. St Denis relate dans Ses mémoires:
«Lors du débarquement on n'avait point d'aigle.
Ce n'est qu'au troisième jour qu'on en avait eu un; il
était en bois doré, provenait de quelque flèche
de lit ou de quelque tringle de fenêtre, mis au bout d'un
bâton avec des morceaux d'étoffes de trois couleurs
qu'on avait clouées: on avait fait un drapeau.»
La couturière est embrassée par Napoléon
qu'elle suit jusqu'au pont du Buech, la main appuyée sur
un des genoux de l'empereur.
Ainsi se termine l'étape à Sisteron. En attendant
le général Drouot et son arrière-garde,
vous visitez la Citadelle par le petit train. C'est incontournable.
La Citadelle, monument classé historique, est l'oeuvre
de Jean Erard, l'ingénieur militaire d'Henri IV, puis
agrandie par Vauban au XVII° siècle. La visite est
fléchée et sonorisée: donjon, chapelle,
musée iconographique sur l'histoire de la citadelle et
sur Napoléon, musée hippomobile, point de vue...
A voir également, la cathédrale Notre Dame des
Pommiers, bel exemple de l'art roman lombard-provençal,
les Tours, la vieille ville dont les petites ruelles dégringolent
jusqu'au magnifique plan d'eau (d'où ce dicton, qui dit
qu'à Sisteron les ânes sont logés au troisième
étage).
|

|
|
A escalader, bien sûr, le Rocher
de la Baume; il faut quelques heures pour faire le tour du rocher
pour passer un défilé rocheux, admirer l'église
St Dominique qui veille sur les émouvants vestiges de
l'ancien couvent dominicain, puis le Trou de l'argent, une bien
curieuse grotte, et découvrir le panorama sur Sisteron
depuis le sommet de la Baume. A ce moment vous penserez à
l'enfant du pays Paul Arène, le grand écrivain
provençal à qui on doit Jean des Figues,
et dans son ceivre, Sisteron devient Canteperdrix. On dit aussi
qu'il a écrit «Les Lettres de Mon Moulin»
qu'il aurait donné à Alphonse Daudet contre un
verre d'absinthe !... Paul Arène est mort à Antibes
en 1896.
|
Sisteron devient après ce dimanche 5 mars
un enjeu entre les royalistes et les bonapartistes. Dès
le 7 mars, les troupes royalistes s'y réunissent sous
la direction du général Miollis. Leur premier but
est de couper la retraite de Napoléon qui pense-t-on peut
être arrêté plus haut et devrait donc redescendre
sur le Midi. C'est de Sisteron que partiront les expéditions
conduites par le général Loverdo sur La Saulce
et le général Gardanne sur Clelles. En avril, le
préfet M. Didier remplacera M. Bignon, et le commandant
de la garde nationale Edouard de Laplagne, remplacera M. De Gombert
à la mairie, pour cent jours...En Août 1815, après
Waterloo, Autrichiens et Piémontais occuperont la ville.
Le commandant Machemin s'enfermera et résistera dans la
citadelle avec armes et provisions...
Il y a 48 km pour rejoindre Gap. Nous entrons ici dans de larges
vallées aux routes rectilignes, nous sommes dans le verger
des Alpes, le pays des arbres fruitiers de toutes sortes: le
Gapençais et ses vieux villages épars, Le Poët,
Roubereau, Ventavon, Monetier Allemont, La Saulce.
Monsieur de St Genis, maire d'Upaix a laissé dans les
Annales des Basses Alpes un récit du passage de Napoléon:
«Je fus environné d'une partie des fidèles
qui formaient l'escorte de l'Empereur et particulièrement
du brave Jermanowski dont le nom est cher à tous les Français
... Ils rirent avec moi du grotesque matériel qui composait
leur bagage. Imaginez-vous une foule d'officiers supérieurs
cheminant lentement, hissés sur de tristes rosses arrachées
à la culture et en grand nombre sur des mulets rétifs
qui reculaient au lieu d'avancer, quelques mauvaises selles et
de bardes grossièrement sanglées, marchant pêle-mêle
avec une gaieté folle et vous avez une faible idée
de cette caravane. Quelques lanciers polonais, talonnant leurs
chétives montures ouvraient et fermaient la marche. Ils
étaient suivis à peu de distance du bataillon des
grenadiers dont les moustaches grisonnantes et le teint noirci
présentaient un ensemble effrayant et justifiaient l'épithète
de vieux grognards. Ces braves, les uns à pied, les autres
sur des charrettes et des montures de tout genre faisaient retentir
les airs de chants français... Ensuite venaient les chasseurs
Corses et Elbois, environ 400 hommes, petits mais robustes; ceux-ci
formaient l'arrière-garde commandés par le général
Drouot qui s'avançait gravement à leur tête.»
|

|
|
A La Saulce, les soldats font une halte
dans la rue principale, et près de l'église. Les
habitants des communes voisines avertis par la rumeur attendent
à l'entrée du village. Chacun veut voir l'Empereur,
le toucher, donner du vin et des vivres aux hommes. On file vers
Tallard, magnifique village et son château des Clermont
Tonnerre de toute beauté. Tallard c'est maintenant un
carrefour important: c'est la route du lac de Serre-Ponçon,
d'Embrun, de Briançon, de l'Italie vers Cunéo.
Tallard c'est surtout son Aéropôle devenu une des
toutes premières plates-formes de sports aériens:
parachutisme, planeur, ULM, hélicoptère, aviation
légère et taxi way. |
Aux flambeaux, il passe la Porte Colombe, qui est
aujourd'hui la rue Colonel Roux, la plus ancienne rue de Gap.
Du temps des Romains, lorsque Gap s'appelait Vapincum, c'était
déjà la voie décumane qui devint logiquement
la rue droite au Moyen Age, c'est à dire la voie ouest-est,
s'ouvrant à l'ouest par la porte Colombe et à l'est
par la porte Lignole. Gap a subi, au cours des siècles
plusieurs sièges de destructions qui n'ont laissé
que peu de traces de son histoire ancienne: la ville fut ravagée
par les Lombards et surtout en 1692 par les troupes du Duc de
Savoie, qui incendièrent les trois-quart de la cité.
Aujourd'hui le centre ville ancien a été mis en
valeur par une réhabilitation des façades dans
une harmonie de teintes pastels, et c'est une réussite,
l'exemple parfait de ce qu'il faut faire pour revitaliser les
centres des vieilles villes. Gap doit beaucoup au préfet
Ladoucette, qui préfet des Hautes-Alpes sous le 1er empire,
de 1802 à 1808, a été l'initiateur de grands
travaux d'urbanisme: il a embelli le centre ville en redressant
les rues moyenâgeuses, et c'est lui qui sera à l'origine
de la destruction des remparts, permettant ainsi la création
des boulevards et de la rue Carnot au sud. Le sculpteur gapençais
Jean Marcellin a réalisé sa statue que vous voyez
sur la place Ladoucette, avant d'attaquer le Bayard.
 |
|
Mais, suivons Napoléon qui remonte la rue
Colonel Roux (en 1815, rue de Provence), toute illuminée.
La colonne débouche sur la Place Jean Marcellin, (ancienne
Place St Etienne), où un piquet de la garde nationale
en grande tenue présente les armes pendant que le tambour
bat «Aux champs». Il est 11 heures quand il
arrive rue de France où Cambronne a réservé
à l'hôtel du Sieur Marchand. Ce n'est plus un hôtel
au n°19 de la rue de France. Pendant de nombreuses années,
s'y tenait la fameuse pâtisserie à l'enseigne «La
Halte Impériale» , maintenant, c'est un magasin
de chaussures, et il faut dire un grand merci aux propriétaires
des lieux qui offrent une superbe façade ocre et au sommet
une fresque peinte représentant l'Empereur à la
tête des grognards allant à la rencontre des habitants
de Gap.
|
A peine arrivé à l'hôtel Marchand,
Napoléon fait appeler les autorités. Mais le préfet
Harmand s'est réfugié à St Bonnet, où
il manquera d'être pris par Cambronne. Le général
Rostolland, commandant le département est resté
cantonné à Embrun avec la garnison. Le maire est
le chevalier D'Abon, colonel du génie en retraite, 66
ans, avec sa coiffure à la Mirabeau, poudrée à
la volée. Au bas des escaliers, il est reçu par
le général Bertrand, son ancien frère d'armes.
Ils s'embrassent, «Allons, venez d'Abon, l'empereur
vous attend.» Aussitôt introduit :
-Que pensez-vous de notre retour, monsieur le maire ?
-Je crois, Monsieur, répond imperturbable M. D'Abon,
qu'il est malheureux pour la France comme pour vous...
-Comment ne réussirais-je pas ? J'ai l'armée
pour moi.
-Et le peuple ?
-L'armée est tout, et la masse est encore pour moi
!
Sur le chemin de son retour, Napoléon réalise le
projet qu'il nourrit depuis longtemps: inspecter les départements
de France, prendre des contacts directs avec les autorités
locales, interroger les citoyens. A table, pendant que le repas
est servi, il écrit un texte qui sera imprimé le
lendemain ;
«Aux Habitants des Départements des Hautes et Basses
Alpes,
Citoyens,
J'ai été vivement touché de tous les sentiments
que vous m'avez montrés, vos voeux sont exaucés.
La cause de la Nation triomphera encore. Vous avez raison de
m'appeler votre Père; je ne vis que pour l'honneur et
le bonheur de la France. Mon retour dissipe toutes vos inquiétudes
; il garantit la conservation de toutes les propriétés,
l'égalité entre toutes les classes et les droits
dont vous jouissez depuis vingt-cinq ans, et après lesquels
nos pères ont tant soupiré forment aujourd'hui
une partie de votre existence.
Dans toutes les circonstances où je pourrai me trouver,
je me rappellerai toujours avec un vif intérêt tout
ce que j'ai vu en traversant votre pays.»
Ce dimanche 5 mars, Louis XVIII, aux Tuileries, reçut
la dépêche de Masséna en disant avec le plus
grand calme: «C'est Bonaparte qui est débarqué
sur les côtes de Provence. Il faut porter cette dépêche
au ministre de la guerre, il verra ce qu'il y aura à faire.»
Vitrolles, du cabinet du roi, porte la dépêche au
ministre, le maréchal Soult, et le croise dans la rue.
Soult est incrédule et demande d'attendre la confirmation.
Le Comte d'Artois, frère du roi, alerté lui aussi
ne s'inquiète pas et s'en va aux vêpres. La dépêche
du préfet du Var vient s'ajouter à celle de Masséna.
Le conseil des ministres se réunit donc le soir et il
est décidé que le Comte d'Artois se rendrait à
Lyon avec ses deux fils, le duc de Berry et le duc d'Angoulême
comme lieutenants, pour prendre le commandement des troupes royalistes
réunies dans le Lyonnais, le Dauphiné et la Franche-Comté.
Soult, connaissant l'impopularité du frère du roi,
et doutant de la capacité militaire de ses fils désigne
pour commander en second le maréchal Gouvion St Cyr. Le
Comte d'Artois se met en route à minuit pour Lyon, à
cette heure Napoléon dîne à l'hôtel
Marchand, à Gap.
Ce dimanche soir, Emery, 28 ans, chirurgien de la garde, parti
de Castellane avec le passe-port, arrive à Grenoble. Entre
La Mure et Grenoble, Emery a rencontré le général
Mouton-Duvernet, qui, commandant la sub-division de Valence,
alerté par Masséna, est venu en reconnaissance
et se rend à Gap organiser la résistance. Il arrête
Emery et l'interroge sur le débarquement de l'Empereur.
Le chirurgien donne de fausses informations, disant que la garnison
d'Antibes s'était ralliée, et que Masséna
depuis Marseille se mettait en mouvement pour se joindre à
eux. «Pour moi, c'est terminé, je retourne dans
ma famille à Grenoble.» Mouton-Duvernet n'en
croit pas un mot, mais il est en voiture avec un seul aide de
camp et ne peut rien contre un homme seul à cheval. Il
laisse donc Emery partir... En arrivant à La Mure, il
apprend que Napoléon est déjà à Gap
et que la garnison s'est repliée sur Embrun, il doit donc
rebrousser chemin.
Pour retourner à Valence, il choisit de passer par Grenoble
s'informer auprès du général Marchand, et
lui demander d'arrêter Emery. Apollinaire Emery, s'est
réfugié chez son ami Dumoulin, un riche gantier
grenoblois, place aux Herbes, et ensemble, ils vont commencer
à préparer l'arrivée de l'Empereur. La police
le cherchera en vain, il est caché dans l'armoire. De
la doublure de ses bottes, il sort des feuillets chiffonnés:
ce sont des exemplaires des proclamations impériales.
Jean Dumoulin les fait imprimer, par un nommé Gavin imprimeur
à la Préfecture, avec des caractères de
l'imprimerie du roi qui vient de servir pour le préfet.
On sortira «au rouleau» des affiches de l'Empereur
qui circuleront déjà le lendemain, dans Grenoble,
où la nouvelle s'est répandue, le préfet
M. Fourrier s'étant décidé à faire
connaître officiellement l'événement par
une proclamation placardée à l'hôtel de ville. |