Hit-Parade
 

www.napoleon1er.com
 
Page d'accueil - Cliquez !
Vers la page d'accueil.
Forum Chat Livre d'or Ecrire Liens
Nouveau ! Vendez, achetez, échangez, gratuitement !



Arrivée de l'Inconstant avec Napoléon à son bord


La Route Napoléon insolite
par Jacques L'Azou


CHAPITRE 1

LA JEUNESSE DU GENERAL BUONAPARTE A ANTIBES - 1794


Napoléon, tout le monde connaÎt son histoire... Dans le monde entier, son chapeau, sa redingote, ont rendu sa silhouette familière. «Cet homme étrange a comme enivré le monde... » a déclaré Victor Hugo. «Il a été publié plus de livres sur l'Empereur qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort» nous dit Jean Tulard. Napoléon n'aurait pas assez de toute une vie pour lire tous les ouvrages écrits sur lui. Et c'est sans compter les gravures, tableaux, images d'Epinal, statues, figurines, pièces de théâtre, opéra et maintenant les films et autres feuilletons télévisés.

Plus haut qu'Alexandre, plus haut que César, plus haut que Charlemagne, plus haut que Frédéric de Hohenstaufen, Son étoile aura brillé au plus haut. Oublié le million de Français perdu durant les guerres de l'Empire, oubliés les massacres en Calabre, au Tyrol, en Espagne, oubliées les deux invasions, l'épopée reste et la légende devient mythologie. En 1785, en garnison à Valence, le lieutenant Buonaparte va dévorer la librairie Aurel de la Maison des Têtes. Il se nourrit de Plutarque et de Rousseau, et en restera imprégné toute sa vie. Ce qui aurait dû le rendre plus sage... Parti de moins que rien, ce jeune lieutenant autodidacte, par son habileté militaire, parviendra à des sommets jamais égalés.

La carrière de Napoléon ne peut être entièrement expliquée tant il y eut des hasards heureux ou malheureux. On peut l'interpréter par la conjonction de son génie et des circonstances extraordinaires de l'époque. Le plus surprenant est que trahi par tous, et se sachant trahi, Napoléon, guidé par son étoile, poursuive sa destinée «poussé par une force intérieure». Jamais, homme aussi puissant n'aura été aussi trompé, par ses femmes, par ses frères et soeurs, par ses ministres et ses maréchaux.

La Route Napoléon, beaucoup en ont entendu parler, mais peu la connaissent vraiment. Pourtant cette campagne napoléonienne, «l'invasion d'un pays par un seul homme», est la plus belle des campagnes puisqu'elle se déroule sans tirer un coup de fusil, sans verser une goutte de sang. Mais La Route Napoléon c'est surtout l'épilogue de ces vingt années d'une vie hors norme, et questionné par son médecin Irlandais, Barry O'Meara, à sainte-Hélène, Napoléon lui confiera que le moment le plus heureux de son existence a été «La marche de Cannes à Paris», moment inoubliable où la France s'offrait à lui sans combattre, comme envoûtée...

Pour mieux apprécier votre randonnée, faisons tout d'abord une courte excursion dans le temps: ce mercredi 1er mars 1815, à Vallauris, sur la plage de Golfe-Jouan, la route de Napoléon, Empereur des Français et souverain de I'île d'Elbe, croise le chemin du citoyen-général Buonaparte. Par un extrordinaire retour du destin, rare dans l'Histoire, Napoléon, à 46 ans et après 10 mois d'exil, retrouve les traces du jeune artilleur de 25 ans qui vient de se distinguer au siège de Toulon...

1793, Toulon qui s'était livrée aux Anglais, vient d'être repris par le général Dugommier, en partie grâce à une action décisive du commandant Buonaparte qui est proposé au grade de général «à titre provisoire». Dugommier contresigne le décret des commissaires en y ajoutant de sa main cette réflexion ironique: «Si on ne l'avançait pas, cet officier avancerait tout seul

En février 1794, il est confirmé dans son grade par le représentant salicetti auquel se sont adjoints Ricord et Robespierre (Augustin, le frère de Maximilien alors au faîte de son pouvoir). Buonaparte est affecté au commandement de l'artillerie de l'armée d'Italie, à l'état-major de Dumerbion à Nice. Comme il a pour mission d'inspecter les batteries côtières, il réquisitionne pour son usage personnel le Château Salé sur les hauteurs d'Antibes, et y fait venir toute sa famille: sa mère Letizia, ses soeurs Elisa, Pauline, Caroline et ses jeunes frères Louis et Jérôme. Joseph, l'aîné est employé au commissariat des guerres, et a fait la connaissance de Julie Clary, fille de riches négociants marseillais. Ils vont bientôt se marier, et séjourneront quelque temps au Château Salé. De même, Lucien, qui en ces temps révolutionnaires se fait appeler Brutus, sert dans l'intendance: il est magasinier à St Maximin et va convoler avec la fille de son aubergiste Christine Boyer.

Après tant d'années difficiles, c'est enfin pour tout ce petit monde le début du bonheur: les bonnes places, l'argent, et cette belle bastide au milieu des oliviers et des eucalyptus avec une superbe vue sur la mer, le fort Carré d'Antibes, et les montagnes de l'arrière-pays niçois. Le Château Salé verra aussi passer un groupe de jeunes officiers que Napoleone a remarqués au siège de Toulon et qui lui servent d'aides de camp, et dont il fera la carrière: Junot, Marmont, Duroc, sébastiani, Desaix, Suchet, Victor, Desgenettes. On peut les voir galoper le long des plages, désertes à l'époque, vers Nice qui vient d'être annexée, ou vers les montagnes toutes proches vers Grasse, sous-préfecture du Var en ce moment, ville commerçante et déjà industrielle avec ses parfumeurs et ses tanneurs, capitale de fait de la région avec ses 12.000 habitants quand Antibes, le poste frontière avant le Var, n'en compte que 4.000, et Cannes n'est qu'un modeste port de pêche, avec 3.000 habitants.

Ce cercle d'officiers avec sa famille sera le premier clan, et Napoleone devient le centre de ce système qu'on retrouvera plus tard. Cette année 1794, au Château Salé d'Antibes combien de futurs rois, de futures princesses, de futurs maréchaux, de gouverneurs... On pouvait voir dans les rues d'Antibes en 1794, maman Letizia et ses filles dans une calèche conduite par un superbe noir appelé Domingo. Domingo, qui parfois accompagnait le général Buonaparte à Nice, sera blessé lors d'un combat au-dessus d'Eze. Ironie du sort, il sera à Rochefort en Août 1815, où Napoléon le rencontrera, avant d'embarquer sur le Bellerophon, en partance pour Plymouth...

Le château Salé d'Antibes (06) où vécut la famille Bonaparte (1794-95)

Le Château Salé existe toujours, mais il n'est plus dans une oliveraie. Vous pouvez le trouver encerclé d'immeubles, derrière l'église de l'Assomption sur la route de Grasse. En 1834, il faillit être acheté par Lord Brougham, le «créateur» de Cannes, mais ce fut finalement le général Reille, antibois et gendre du maréchal Masséna, qui en fit l'acquisition auprès d'un certain M. Servelle. Cette bastide historique appartient désormais à la ville d'Antibes et abrite les pépinières municipales. Elle mériterait un meilleur sort...

La batterie du Graillon est un bel exemple de ce qui peut être réalisé pour préserver un patrimoine historique. Chargé d'inspecter les batteries côtières, le général Buonaparte commandant l'artillerie, restaure en cette année 1794, ce fortin du Graillon, dans le Cap d'Antibes, sous le phare de la Garoupe, face aux Îles de Lérins. Il y installe 16 pièces d'artillerie. Aujourd'hui, cette batterie du Graillon, mise en valeur par André Sella, riche hôtelier du Cap d'Antibes, est devenue le Musée Naval et Napoléonien, géré par le Musée de la Marine. Il se trouve boulevard Kennedy, au-dessus du petit port de l'Olivette. Ce musée rassemble de très belles pièces de collection, de magnifiques maquettes et des figurines charmantes. Bien sûr, une visite s'impose avant d'entamer le parcours de la Route Napoléon.

On peut imaginer les chevauchées de Napoleone et de ses jeunes officiers promis à un bel avenir mais insouciants en ces temps incertains. Le plus court chemin du Château Salé à la batterie du Graillon passe par la Garoupe. En cette fin de XVIII° siècle, toute la côte n'est que marais et dunes, et le Cap d'Antibes, une forêt inhabitée. Par le chemin du Calvaire, on monte au plateau de la Garoupe. Panorama splendide. Côté mer le coup d'oeil va de l'Estérel à la côte italienne, côté montagne, il découvre les premières Alpes enneigées l'hiver, et tous ces villages perchés. Du haut de la Garoupe vous verrez des trirèmes romaines, des felouques barbaresques, des caraques génoises, des galères florentines, des caravelles aragonaises. Ce n'est pas hors sujet, le jeune Napoleone, pétri de culture antique avait les mêmes hallucinations du haut des tours à feux de la Garoupe. Il devait méditer sur le sort du Masque de fer enfermé, en 1687 pendant 17 ans sur l'île ste Marguerite.

Le phare date de 1837, détruit en 1944 et reconstruit quatre ans plus tard. On peut le visiter: 116 marches en marbre pour monter à 103,70 mètres au-dessus de la mer. Tout près sur le plateau une magnifique chapelle du XII° siècle abrite dans ses deux nefs juxtaposées une collection impressionnante d'ex-voto offerts pour la plupart par des marins dont le plus ancien est de 1779, offert par un bagnard antibois, pour remercier la Bonne Mère de la Garoupe de l'avoir aidé lors de son évasion du bagne de Toulon !

Vers tribord, admirez les Îles de Lérins, ste Marguerite et St Honorat qui valent le détour d'une journée pour le moins. Pendant la Révolution, elles sont décrétées bien national sous l'appellation Île Marat et Île Lepeletier, deux héros révolutionnaires. Sic transit gloria mundi...

page d'accueil

Suite...

 RETOUR

 SUITE

© 1998 - 2009 www.napoleon1er.com Tous droits réservés