Ce fils de brasseur choisit de sengager dans
un régiment dinfanterie à 17 ans. Rappelé
par son père qui le voudrait comme successeur, Oudinot
revient au village et se marie. Cest la Révolution
qui le rappelle dans les rangs de larmée. Cet ancien
soldat est vite élu lieutenant-colonel des volontaires
de la Meuse.
En 1793, il sillustre en repoussant une attaque prussienne
du château de Bitche. Lannée suivante, grâce
à un nouveau fait darmes, il est général
de brigade. Il sert ensuite dans lArmée de Rhin-et-Moselle.
A la bataille de Neckerau, il est blessé, la première
dune longue série de blessures, et fait prisonnier,
pour être échangé quelques mois plus tard.
Oudinot sert ensuite sous Moreau et passe en 1799 dans larmée
dHelvétie. Masséna, dont il est le chef détat-major
pour la prise de Zurich et de Constance, le nomme général
de division.
Quand vient le Consulat, Oudinot poursuit sa carrière
auprès de Masséna, lors du siège de Gênes.
Il se distingue lors du passage du Mincio en décembre
1800.
En 1805, le voici à
la tête de 10 000 grenadiers. Après une série
de victoires et une participation importante à la bataille
dAusterlitz, son corps délite est surnommé
les «grenadiers Oudinot». Le succès ne le
quitte pas, notamment à Ostrolenka en février 1807,
à Friedland en juin, ce qui lui vaut le titre de comte.
En 1808, gouverneur dErfurt, il organise lentrevue
entre Napoléon et Alexandre 1er. LEmpereur le présente
au tsar comme le «Bayard de larmée française».
En 1809, Oudinot continue son glorieux parcours, avec un sommet
à Wagram où il apporte la victoire par une intervention
clairvoyante. Il reçoit le bâton de maréchal
quelques jours plus tard, puis le titre ducal.
En 1810, il est chargé doccuper la Hollande, que
Louis Bonaparte vient dabandonner. Il est ensuite gouverneur
de Berlin avant dentamer la campagne de Russie. Là
encore, il se montre admirable, notamment lors du passage de
la Bérézina. En 1813, il est de la bataille de
Bautzen. Deux mois plus tard, il est battu par Bernadotte à
Gross-Beeren. Il se rattrape à Wachau, où il bat
le prince de Wurtenberg. Cest ensuite la campagne de France.
Le 4 avril 1814, Oudinot
est de ceux qui demandent à lEmpereur dabdiquer.
Il se rallie alors à Louis XVIII, qui lui confie le commandement
de lancienne Garde impériale. Oudinot est lun
des rares maréchaux à ne pas se rallier à
Napoléon lors des Cent-Jours. En récompense, Louis
XVIII le nomme commandant de la Garde royale puis de la Garde
nationale de Paris. En 1823, Oudinot dirige le 1er corps de lexpédition
dEspagne. En 1830, dabord retiré dans ses
terres, il est nommé grand-chancelier de la Légion
dHonneur en 1839 et gouverneur des Invalides en 1842.
Des onze enfants dOudinot, quatre sont des garçons.Tous
seront militaires.