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Michel Ney
, duc dElchingen,
prince
de la Moskowa, Maréchal (1804).
(Sarrelouis (Lorraine), 1769 - Paris, 1815)
Michel Ney
Par
Meynier
Musée
National du Chateau de Versailles et des Trianons
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Le seul maréchal exécuté en
1815 par Louis XVIII. A Waterloo, il charge les Alliés
avec furie après avoir promis à Louis XVIII de
ramener Napoléon «dans une cage de fer». Napoléon
dira «Ney est le plus brave des hommes, là se bornent
toutes ses facultés».
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Ney, dorigine très modeste son père
est tonnelier abandonne un paisible travail de bureau pour sengager
dans un régiment de hussards en 1787. Sous la Révolution,
il combat aux frontières où il est remarqué
par Kléber en 1794. Ses hommes lui ont déjà
donné un surnom : «lInfatigable». Les
charges du corps de hussards quil commande en 1797 contribuent
aux victoires de Neuwied et de Dierdoff.
Quand la guerre reprend en 1798, Ney se rend fameux par un curieux
fait darmes : il sempare de Manheim par la ruse,
avec seulement 150 hommes. Il est promu général
de division. Après de nouveaux exploits dans lArmée
du Danube, il est investi du commandement provisoire de lArmée
du Rhin. Il sert sous les ordres de Lecourbe quand il apprend
le coup dEtat du 18-Brumaire. Républicain convaincu,
il ne sen réjouit pas mais fait néanmoins
acte dadhésion au Consulat.
En 1800, sous le commandement de Moreau, il fait à nouveau
parler de lui pour sa participation à la bataille dHohenlinden,
le 3 décembre. Son attaque foudroyante fait 10000 prisonniers.
Le Premier Consul sintéresse alors de près
à ce général. Il le marie à une amie
dHortense de Beauharnais et le nomme ambassadeur en Suisse.
En 1803, il lui confie le VIème corps darmée
du camp de Boulogne. Lannée suivante, il le fait
maréchal.
Ney na pas son pareil pour mener les attaques. Il fait
cependant un pauvre stratège et lEmpereur aura toujours
soin de le diriger de près. En 1805, Ney se lance en campagne
à la tête du VIème corps. A Elchingen (14
octobre 1805), il refoule les Autrichiens vers Ulm, victoire
qui lui vaudra en 1808 le titre ducal. Il marche ensuite sur
le Tyrol doù il chasse larchiduc Charles.
En 1806, il participe à la campagne de Prusse. Présent
à Iéna, le 14 octobre, il emmène ses divisions
à lassaut des lignes prussiennes. Mais, emporté
par son élan, il se retrouve encerclé. Lannes le
tire de ce mauvais pas. Le lendemain, Ney prend Erfurt et quelques
jours plus tard entame le siège de Magdebourg, siège
qui va durer moins de 24 heures.
Il est partout ; à
Eylau (8 février 1807) où il arrive en retard sur
le champ de bataille, mais contraint les Russes à se replier,
à Guttstadt, où il combat 70 000 hommes avec seulement
14 000 soldats, à Friedland, où il attaque laile
gauche de larmée ennemie et la jette dans lAlle.
Le maréchal jouit maintenant dune immense réputation
et de ladoration de ses soldats.
De 1808 à 1811, Ney sert en Espagne et au Portugal. Après
plusieurs succès, il entame le siège de Villa-Franca.
Quand larmée de Masséna effectue sa retraite,
poursuivie par Wellington, il mène les combats darrière-gardes,
avec les 6 000 hommes qui restent de son corps. Il supporte mal
dêtre placé hiérarchiquement sous Masséna,
de recevoir des instructions dautres que lEmpereur.
Les querelles sont fréquentes. Ney renâcle tant
que Napoléon finit par le destituer en mars 1811. Renvoyé
en France, il est chargé de préparer un des corps
darmée qui va envahir la Russie.
Cette campagne sera la plus glorieuse du maréchal. Il
participe activement à la prise de Smolensk, où
il reçoit une balle dans le cou. Lors de la bataille de
Borodino (7 septembre 1812), son attaque de la grande redoute
est décisive. Il obtient le titre de prince de la Moskowa
et le surnom, par Napoléon, de «brave des braves».
Lors de la retraite, il fait des prodiges. Chargé de larrière-
garde, harcelé par les ennemis, il parvient miraculeusement
à rejoindre Napoléon avant le passage de la Bérézina.
Pour sauver 3 000 hommes du désastre, il na pas
compté les efforts et les sacrifices. Il est lun
des derniers Français à quitter le sol russe.
Les deux années
suivantes, Ney est placé à des postes clefs, présent
à Lützen (2 mai 1813), à Bautzen (20-21 mai
1813), à Dennewitz (6 septembre 1813), où il est
battu par Bernadotte, à Leipzig enfin (16-19 octobre 1813).
Après la défaite, il juge que lambition de
Napoléon est la cause principale du désastre. En
avril 1814, il est lun de ceux qui demandent à lEmpereur
dabdiquer, lun de ceux qui apportent au tsar la première
abdication.
Au retour du Roi, Ney lui adresse son allégeance. Louis
XVIII lui fait bon accueil et le nomme commandant de la Garde
royale et Pair de France. Ney entame une vie de courtisan mais,
blessé par la froideur que lon affecte pour ses
origines roturières, finit par se retirer dans ses terres.
Quand la nouvelle du retour de Napoléon atteint Paris,
il offre au Roi de ramener lEmpereur «dans une cage
de fer». En route, il découvre une France bonapartiste.
Quand il rencontre Napoléon, Ney est à nouveau
acquis à sa cause. Il prend part à la campagne
de Belgique de juin 1815, aux côtés de son ancien
maître.
A Quatre-Bras (16 juin 1815), ses attaques manquent de vigueur.
A Mont-Saint-Jean (18 juin), ses charges sont mal organisées,
dirigées aux mauvais endroits. Bientôt Ney semble
chercher la mort. Après la défaite, il se présente
à la Chambre des Pairs pour tenter de se justifier. Malgré
le passeport fourni par Fouché, il refuse de fuir. Réfugié
dans un village, il laisse exposé le sabre turc que lui
a offert lEmpereur pour son mariage. Cest ainsi quil
est remarqué et arrêté, le 3 août 1815.
Le jury chargé de le juger, composé de maréchaux
dont une bonne part ont agi comme lui, se déclare incompétent.
La Chambre des pairs prend laffaire en main et décrète
la peine capitale (parmi les votants, Chateaubriand).
Quand on le réveille dans sa cellule pour lui lire la
sentence, Ney a compris. Il interrompt la longue énumération
de ses titres. «Passez. Dites Michel Ney et bientôt
un peu de poussière». Le 7 décembre, au lieu
de lexécuter sur la plaine de Grenelle, comme cest
la coutume, on lemmène sur lavenue de lObservatoire,
pour éviter les mouvements de foule. Ney refuse le bandeau,
tonne «Soldats, droit au cur !» et tombe, fusillé.
La monarchie a fait un exemple. Quatre ans plus tard, elle absoudra
les autres maréchaux.
Texte
d'Alexandra Dalbin
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L'avis
de Napoléon à Sainte-Hélène
« C'était un brave,
personne ne l'était plus que lui; mais
c'était un fou; il est mort sans emporter l'estime de
personne». .
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BIBLIOGRAPHIE
"Mémoires du
Maréchal Ney " ( peut-être apocryphes ) publiés
par sa famille Paris - Fournier - 1833
"Le
Maréchal Ney " Frédéric HULOT Paris - Pygmalion-Gérard
Watelet - 2000
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2000
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Maréchal Ney " Eric PERRIN Perrin - 1993
"
Ney, le brave des braves " François-Guy HOURTOULLE Paris
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"
Le procès du Maréchal Ney " R. FLORIOT Paris -
Hachette - 1955
"
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"
La fin tragique du Maréchal Ney " Pierre BOUCHARDON
Paris - Hachette - 1925
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En
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"
Historic doubts as to the execution of marshal Ney " James WRSTON New-York,
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Bibliographie
rassemblée par Laurent Sauerbach
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Les maréchaux
d'Empire

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