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Destinée particulièrement mouvementée
pour cette oeuvre de Gabriel Seurre représentant Napoléon
vêtu de sa redingote grise sur son uniforme des chasseurs
de la Garde et de son célèbre chapeau. Son histoire
est étroitement liée à celle de la Colonne
Vendôme, du reste, improprement appelée ainsi.
La colonne
d'Austerlitz place Vendôme

Le 1er
janvier 1806, l'Empereur signa le décret autorisant l'édification,
place Vendôme, d'une colonne destinée à immortaliser
sa grande victoire d'Austerlitz. Elle porta donc le nom de Colonne
d'Austerlitz, puis Colonne de la Victoire, puis encore, Colonne
de la Grande Armée. 180 tonnes de bronze furent nécessaires
à sa construction. Le maître-fondeur Launay fit
fondre près de 1200 canons enlevés à l'ennemi.
A l'origine, elle devait être surmontée de la statue
de l'Empereur Charlemagne. On lui préféra une statue
de Napoléon en empereur romain, oeuvre de Antoine-Louis
Chaudet. Le monument fut terminé le 15 août 1810,
jour de la Saint-Napoléon.
Quatre ans plus tard, l'Empereur venant d'abdiquer, les royalistes
s'empressèrent d'exiger le retrait de la statue. Certains
d'entre eux s'y essayèrent sans succès et l'on
fit appel à Launey pour descendre l'Empereur de la colonne
et la remmener à la fonte. Le drapeau blanc fleurdelisé
fut immédiatement hissé au sommet de la colonne.
Il y sera remplacé par le drapeau tricolore pendant les
Cent-Jours.

Construction
de la colonne
En 1833, sous le règne de Louis-Philippe,
une nouvelle statue de l'Empereur allait de nouveau coiffer la
colonne. Après concours, c'est l'oeuvre de Gabriel Seurre
l'aîné (1798-1858) qui sera retenue. (C'est cette
statue, haute de 3,50 m, qui orne aujourd'hui la galerie supérieure sud de la Cour
d'Honneur des Invalides). Elle sera maintenue au sommet de la
colonne jusqu'en 1863 où, sur décision de Napoléon
III, elle fut remplacée par une nouvelle statue exécutée
par Dumont et représentant à nouveau Napoléon
en César Impérator drapé à la romaine.
L'oeuvre de Gabriel Seurre fut alors envoyée sur les bords
de la Seine à Courbevoie.
Sitôt la chute de Napoléon III en 1870, Gambetta,
alors nouveau ministre de l'Intérieur, ordonna au 119e
régiment d'infanterie, stationné à Courbevoie,
<<d'avoir
à faire enlever et jeter immédiatement à
la Seine la statue dite du petit Caporal>>. Ce qui fut fait sur
le champ (1). La statue décapitée fut précipitée
dans les eaux du fleuve pour n'en ressortir qu'en 1876, après
que les passions se furent apaisées. Elle fut alors conduite
au dépôt des Marbres où elle séjourna
jusqu'en 1911. C'est à cette date qu'elle fut installée
au-dessus de la cour d'honneur des Invalides d'où elle
ne bougea plus. Pour combien de temps ? En effet, il est de nouveau
question de la déplacer en raison de son poids qui menacerait
d'effondrement la galerie qui la supporte.

Le Petit
Caporal
(Seurre)
1) Quelques mois plus tard, le 12 avril 1871, ce
fut au tour de la Colonne de la Grande Armée d'être
la cible des "communards". La commission exécutive
présidée par Courbet, prit le décret suivant
:
"La
colonne impériale de la place Vendôme étant
un monument de barbarie, un symbole de force brutale et de fausse
gloire, une affirmation du militarisme, une négation du
droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux
vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois
grands principes de la République française : la
Fraternité. La colonne de la place Vendôme sera
démolie."
La Colonne de la Grande armée fut donc sauvagement abattue
le 16 mai suivant, entraînant dans sa chute le César
Impérator. Les débris seront restaurés quatre
ans plus tard sous l'impulsion du président de la République,
le maréchal de Mac-Mahon. Le 27 décembre 1875,
l'Empereur Napoléon dominait une fois encore la place
Vendôme pour y demeurer jusqu'à nos jours. |