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6ème
Coalition: 1813 - 1814
Angleterre, Autriche, Prusse, Russie, Suède.
Les monarques, mis en
confiance par l'affaiblissement de la Grande Armée, suite
à la campagne de Russie, se rassemblent de nouveau pour
attaquer la France. Les opérations commencent le 15 avril
1813. D'abord vainqueur à Lutzen (2
mai), à Bautzen (20 mai) et à Dresde (26-27 août),
Napoléon s'incline sous le nombre à Leipzig (16-19
octobre) et il doit se replier sur le Rhin.
Maintenant toute l'Europe, sauf le Danemark, marche contre la
France. Ce sera la campagne de 1814 au cours de laquelle Napoléon
remportera ses dernières victoires :
29 janvier - Brienne
10 février - Champaubert
11 février - Montmirail
18 février - Montereau
13 mars - Reims
Mais les Alliés sont trop nombreux et Paris tombe le 31
mars. Napoléon abdique et rejoint l'île d'Elbe,
que les Alliés lui ont assigné comme lieu de séjour.
7ème
Coalition: 1815
Angleterre,
Autriche, Prusse, Russie.
Quand Napoléon,
ayant quitté l'île d'Elbe, arrive à Paris
le 20 mars 1815, les Alliés sont réunis au congrès
de Vienne. Malgré les assurances de paix
présentées par l'Empereur, ils décident
aussitôt de se mettre en campagne. C'est une force de 700,000
hommes qui se prépare à marcher sur la France.
Pour tenter de prévenir ce mouvement, Napoléon,
avec une armée formée en six semaines, se porte
en Belgique. Il bat les Prussiens de Blücher à Ligny
le 16 juin mais il est battu à Waterloo le 18, à
cause des erreurs du maréchal Grouchy et des pluies diluviennes
qui rendent le terrain très difficile pour les déplacements
face aux Anglais installés en position défensive.
Napoléon est déporté à Sainte-Hélène
où il mourra le 5 mai 1821, victime d'un empoisonnement
commandé par le cabinet de Londres et la Cour de France.
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Maintenant voici quelques
traits de l'action, soutenue et permanente, de Napoléon
en faveur de la paix : |
- Mars 1795 -
Général de 25 ans, il refuse tout net le commandement
de l'armée de l'Ouest. Il sera rayé des cadres
et menacé de l'échafaud par Letourneur, du Comité
de Salut Public. Rien ne peut lui faire changer sa décision.
"Jamais mon épée contre le peuble" dit-il.
Il va vivre dans la misère. Sa maigreur est déplorable,
son teint jaune, ses vêtements élimés.
- 18 avril 1797 - Il écrit à l'Archiduc
Charles d'Autriche, qu'il vient de battre à plate couture,
pour lui proposer une paix qui sauverait les débris de
l'armée autrichienne: "Avons-nous tué assez
de monde et commis assez de maux à la triste humanité
? Quant à moi, si l'ouverture que j'ai l'honneur de vous
fair peut sauver la vie d'un seul homme, je m'estimerai plus
fier que de la triste gloire qui peut revenir des succès
militaires."
- 4 septembre 1797 - Le Directoire veut tout conquérir.
Toute l'Italie. Renverser l'empereur d'Autriche et le remplacer
à Vienne par une République. En plus de la Belgique,
il veut la rive gauche du Rhin jusqu'à son embouchure.
Il a des visées sur la Turquie et l'Egypte. C'est Napoléon
qui l'arrête et exige la paix, sous menace de sa démission.
Talleyrand fait le tampon entre le gouvernement belliciste et
le général pacifiste.
- 25 décembre 1799 - Le jour même de son
entrée en fonctions comme premier Consul, Bonaparte écrit
au roi d'Angleterre et à l'Empereur d'Autriche en les
priant de "ne pas se refuser le bonheur de donner la
paix au monde." L'Angleterre ne répond pas. En
mai, l'armée autrichienne franchit la frontière
du Sud-Est de la France et pénètre dans le Var.
Alors Napoléon doit quitter son travail épuisant
d'administrateur et courir au plus pressé pour sauver
la France de l'invasion. Il est usé par les jours et les
nuits de travail, amaigri; sa peau parcheminée est devenue
transparente et a pris une teinte blafarde; il tient à
peine debout. C'est dans ces conditions qu'il franchit le Saint-Bernard
et bat les Autrichiens de Melas à Marengo, le 14 juin
1800. De cette victoire découle la paix de Lunéville
avec l'Autriche et celle d'Amiens avec l'Angleterre.
William Pitt à été renversé à
Londres.
Cette paix donnera au Consultat un rayonnement, une splendeur
qui traverseront le siècle, qui en feront une époque
bénie, un âge d'or, un de ces moments privilégiés
comme il y en a eu peu dans l'histoire de France. 1801, 1802,
1803, 1804 c'est l'époque fortunée pour la France
alors qu'un an plus tôt, elle était au fond de l'abîme.
Et la France s'abandonne aux plus brillants rêves, elle
a touché au port, elle a trouvé la paix.
Napoléon avait livré ponctuellement la commande.
La France en l'applaudissant, s'applaudissait elle-même
d'avoir si bien choisi, calculé si juste, de s'être
confiée à l'homme qui comblait ses désirs.
Paix au dedans, paix au dehors, grandeur, prospérité,
repos. C'est la récompense de longs efforts et la fin
d'un cauchemar. Sensation de bonheur presque indicible pour un
peuple qui depuis dix ans, mène une vie convulsive, dans
la guerre civile et la guerre étrangère.
Napoléon aurait voulu, c'était son plus ardent
désir, que cette paix dure toujours. Lui aussi, devoir
accompli, aurait souhaité un peu de repos, un peu de bonheur,
un peu de ce bonheur pour lequel il avait tant travaillé
pour les autres et auquel il n'avait jamais eu le temps de s'arrêter
pour lui-même.
Le peuple anglais de son côté, accueillit la paix
d'Amiens avec un enthousiasme délirant. Le général
français Lauriston, qui portait à Londres les préliminaires
du traité, fut reçu en triomphe et la foule détela
sa voiture pour la tirer à bras "avec les plus
grandes marques de délices."
Hélas ! dès le 16 mai 1803, William Pitt revenu
au pouvoir, déclare la guerre à la France et travaille
à coaliser l'Europe contre elle.
- Janvier 1805 - Un mois après son couronnement,
Napoléon adresse des lettres à tous les Souverains
de l'Europe, dont l'Angleterre, pour présenter "les
avantages de la paix et la stupidité de la guerre, la
stupidité du sang versé inutilement."
- Fin novembre 1805 - Avant Austerlitz, Napoléon
essaie d'éviter la bataille par une négociation
avec le Tsar. Il attend, il espère toujours la paix. Ce
sont les Russes qui attaquent avec cent mille hommes ..... qui
sont écrasés en moins de quatre heures.
La troisième coalition orchestrée par l'Angleterre
est battue et Pitt mourra, à 46 ans, d'une cirrhose alcoolique,
en murmurant "mon pauvre royaume dans quel était
je te laisse."
Il aurait pu dire: "dans quel était je t'ai mis."
Aussitôt après Austerlitz, Napoléon rend
les prisonniers, laisse les débris de l'armée vaincue
quitter paisiblement l'Autriche. Il fait l'éloge du Tsar
et lui demande son amitié en vue d'instaurer la paix en
Europe. Il lui écrit: "Mon coeur saigne ! Puisse
tant de sang versé, puissent tant de malheurs retomber
enfin sur les perfides Anglais qui en sont la cause."
Il est bon, généreux, intelligent, rationnel et
il n'arrive pas à comprendre que les Souverains de l'Europe
n'ont que faire de la vie de leurs soldats et du bonheur de leurs
peuples. Chaque fois qu'il les tient à sa merci, au lieu
de les écraser, il leur pardonne ...... ce qui leur permet
de refaire leurs forces pour revenir l'attaquer quelque temps
plus tard.
- 12 septembre 1806 - La Prusse a déclaré la guerre
à la France et Napoléon écrit à Frédéric
Guillaume "Cette guerre serait une guerre sacrilège.
Je reste inébranlable dans mes liens d'alliance avec votre
Majesté."
La Prusse répond par un ultimatum méprisant. Moins
de quinze jours plus tard, elle sera anéantie. Ce sera
léna le 14 octobre 1806. Le Prince Louis-Ferdinand, un
des instigateurs de la guerre, est tué et le Duc de Brunswick
est grièvement blessé. C'est l'homme d'un fameux
manifeste qui menaçait de ne pas laisser de Paris, pierre
sur pierre.
Cinq jours après léna, Napoléon écrit
encore à Frédéric-Guillaume: "Ce
sera un éternel sujet de regret pour moi que deux nations,
qui pour tant de raisons devraient être amies, aient été
entraînées dans une lutte aussi peu motivée.
Je voudrais rétablir l'ancienne confiance qui régnait
entre nous."
- 14 juin 1807. Friedland.
Napoléon veut la paix et l'amitié du Tsar.
Il lui écrit alors que les deux armées sont déjà
face à face :
- "Il est temps que l'Europe vive en repos, à
l'abri de la maligne influence de l'Angleterre. Pourquoi cette
guerre? A quoi bon s'entre-tuer quand nos peuples ont tant d'estime
réciproque, tant de raisons d'être amis?"
Réponse du Tsar : Attaque frontale massive. Mais après
l'écrasement de son armée et cinquante mille morts
plus tard, Alexandre deviendra doux comme un agneau et laissera
éclater sa joie quand Napoléon lui pardonnera et
acceptera de le rencontrer sur un radeau amarré au centre
du Niemen.
C'est là que se situe la fameuse accolade entre les deux
empereurs. Quelques jours plus tard à Tilsit, le Tsar
jurera un amitié éternelle à Napoléon
dont il dira : - "Je n'ai rien aimé plus que cet
homme. La puissance magique de son regard et le sourire de l'âme
qu'il a sur les lèvres et dans les yeux, m'ont complètement
retourné. Le grand homme du siècle, le redoutable
capitaine est aimable, caressant, magnanime. Il est persuasif
parce qu'il est sincère."
Tout est dans cette dernière phrase du Tsar. Napoléon
est sincère, il a toujours été sincère
dans ses désirs de paix générale et définitive.
Les tyrans sanguinaires sont en face, en Angleterre, en Autriche,
en Prusse et en Russie.
Sous la tente de Tilsit, Napoléon invite également
le triste Frédéric-Guillaume et la trop belle reine
Louise. Eux aussi seront séduits. Maintenant il tient
sous son charme et son prestige, l'héritier de la grande
Catherine. Sémiramis du nord, et celui du grand Frédéric,
fameux roi de Prusse, ami de Voltaire.
Ensemble, ils rédigent un exposé "sur la
conduite que nous avons à tenir pour faire enfin comprendre
à l'Angleterre tous les avantages qu'elle retirerait de
la paix."
Réponses de l'Angleterre aux offres de paix et d'amitié
:
1- Le 2 septembre 1807 elle détruit Copenhague
par le feu de l'artillerie lourde de la Navy. Le Danemark est
un pays neutre.
A Copenhague plusieurs milliers de femmes et d'enfants sont soufflés,
éventrés, déchiquetés, broyés
sous les décombres, pendant que les officiers de la Navy
portent un toast au roi chaque fois qu'un coup arrive au but
sur des populations sans la moindre défense.
2- Le 11 novembre 1807, par le décret de
Londres, elle oblige les navires des pays neutres à passer
par les ports anglais pour y payer une taxe et acheter des marchandises,
sous peine d'être déclarés de bonne prise.
Arbitraire évident des tyrans des mers qui vaudra bientôt
à quatre mille marins de commerce US de pourrir sur les
pontons britanniques.
Fin 1807, Napoléon écrira encore au Tsar
Alexandre :
- "Nous viendrons à bout de l'Angleterre, nous
pacifierons le monde et la paix de Tilsit sera le point de départ
vers le bonheur de l'humanité."
En 1810, après son mariage avec Marie-Louise
d'Autriche, il fait de nouvelles offres de paix à l'Angleterre
par l'intermédiaire du banquier Labouchère. Les
Anglais refusent une fois de plus.
Au début 1811, Napoléon consacre quelque
temps chaque jour à son épouse sur le point d'accoucher
du roi de Rome; il ne travaille plus que douze heures chaque
jour et alors on le dit amoureux de la pantoufle de Marie-Louise.
A Sainte-Hélène, évoquant cette époque,
il dira :
- "Ne m'était-il donc pas permis, à moi
aussi, de me livrer à quelques instants de bonheur."
Ces simples mots éclairent mieux que de longs discours
ce qu'a été la vie de Napoléon. Il s'est
donné entièrement à la lourde tâche
que lui a confiée le peuple français sans se préoccuper
le moindrement de son bonheur personnel.
Dans tous
les territoires de l'Europe, sous l'autorité de Napoléon
on assista à la mise en marche d'une administration dont
l'efficacité sociale et le sens civique ne sont plus à
démontrer. Napoléon fit profiter tous les peuples,
du génie de ses conceptions, de sa merveilleuse capacité
d'organisation et de son inégalable esprit de tolérance.
Il disait:
- C'est en me montrant Catholique que j'ai apporté
la paix en Bretagne et en Vendée.
- C'est en me faisant Italien que j'ai gagné les esprits
en Italie.
- C'est en me faisant Musulman que je me suis établi en
Egypte.
- Si je gouvernais un peuple Juif, je rétablirais le Temple
de Salomon.
Ici, pour ceux qui osent le comparer à Hitler, puisons
dans l'ENCYCLOPEDIA JUDAÏCA :
"- Napoléon proclama l'émancipation de notre
peuple dans toute l'Italie où il fut salué comme
le sauveur. Par un jeu de mot il ne fut bientôt connu que
sous le surnom affectueux de "HELEK TOV", (la bonne
part).
- En Palestine, Napoléon publia un manifeste qui prévoyait
notre retour dans une patrie retrouvée et donc la création
de l'État d'Israël.
- Quand les Français entrent à Berlin, Napoléon
demande: "où sont les Juifs?" Il les
sort du ghetto et il en fait des citoyens à part entière.
- Partout en Europe il réunit des assemblées de
Notables et des consistoires de Rabbins en vue de préparer
et adopter des modus-vivendi avec les autorités des divers
Etats.
- C'est lui qui a permis l'organisation du Grand Sanhedrin à
Paris en 1807.
- La somme des bienfaits de Napoléon à l'égard
de notre peuple fut telle que les autorités autrichiennes
craignirent que nous le considérions comme le Messie
attendu depuis si longtemps."
Alors soyons sérieux ! La solution finale ? L'holocauste
?
De toute évidence Napoléon était un
homme de paix, ce qui n'empêchera pas ses détracteurs
de lui chercher encore quelques poux dans la tête.
Ils diront, et son népotisme ? Et la guerre d'Espagne
? Et la campagne de Russie ?
Et bien ! parlons en :
- Népotisme -
Il est certain qu'il eût mieux valu pour Napoléon
qu'il n'ait pas de frère. Son esprit de famille, sa gentillesse
naturelle, son désir de rendre heureuse sa maman Létizia
qu'il adorait, l'ont conduit à commettre des erreurs dans
sa recherche de la paix.
Il a cru que ses frères pouvaient, comme lui-même,
avoir des aptitudes au commandement et l'aider dans l'oeuvre
immense qu'il avait entreprise pour faire face aux attaques incessantes
de l'Angleterre et libérer du servage tous les peuples
de l'Europe.
Or, Joseph s'est avéré jaloux et incapable.
Avec son beau-frère Bernadotte (ils avaient épousé
respectivement Julie et Désirée Clary), il a même
été jusqu'à comploter contre Napoléon
(affaire du Te-Deum de Notre-Dame en 1802).
Napoléon, non seulement, leur a pardonné à
tous les deux, mais encore, il a fait de Joseph un roi de Naples
puis un roi d'Espagne et de Bernadotte un roi de Suède;
roi de Suède qu'il a retrouvé dans les rangs des
ennemis de la France à la bataille de Leipzig en 1813.
Lucien, celui qui avait le plus de classe, a passé
l'essentiel de son temps à le combattre, avant de lui
demander son pardon et de lui proposer son aide ...... après
Waterloo.
Louis, qu'il avait élevé et instruit sur
sa maigre solde de lieutenant, était un dépressif
sans volonté ni énergie dont le seul mérite
a été d'être le père de Napoléon
III.
Jérôme avait seize ans en 1800 ; C'était
le petit dernier, l'enfant gâté. Au départ,
il s'est surtout montré intéressé par les
honneurs, le beau sexe et la joie de vivre et c'est seulement
à la fin de l'Empire qu'il a fait preuve d'une valeur
certaine.
Eugène de Beauharnais, son beau-fils, a été
le seul de la famille à répondre aux espérances
de Napoléon. Le Prince Eugène, vice-roi d'Italie
et commandant d'un corps de la grande armée ...... c'était
quelqu'un. Il est l'ancêtre de la reine du Danemark et
des rois de Suède, de Norvège et des Belges qui
règnent encore aujourd'hui.
La guerre d'Espagne.
L'amiral Villeneuve, médiocre, incompétent,
pusillanime, est le grand responsable de la chute finale de l'empire.
Au moment du camp de Boulogne, Napoléon lui avait ordonné
de venir dans la Manche avec ses escadres pour lui assurer le
libre passage durant seulement vingt quatre heures ...... et
c'en était fait de l'Angleterre. Mais Villeneuve, de retour
d'une croisière de déception dans les Caraïbes,
alla se réfugier à Cadix d'où il ne sortit
que pour la honteuse défaite de Trafalgar.
L'Angleterre ayant la maîtrise des mers il n'était
plus possible de l'envahir et, pour tenter de l'amener quand
même à signer la paix, Napoléon décida
de lui interdire les ports de l'Europe. De plus, il avait l'espoir,
avec le temps, d'arriver à reconstruire une flotte capable
de rivaliser avec le Navy. Pour toutes ces raisons, il fallait
que l'Espagne soit une alliée forte et sûre.
Or, l'Espagne, gouvernée par Manuel Godoy, l'amant de
la reine Marie-Louise, était en complète décrépitude.
Le roi Charles IV, faible et physiquement disgracié comme
l'a peint et dépeint Goya, laissait faire. Pour compléter
le tableau, le prince Ferdinand, héritier de la Couronne,
complotait contre son père et contre Godoy qu'il haïssait.
Après bien des hésitations, Napoléon en
vînt à la conclusion qu'il fallait écarter
ce quatuor pour donner à l'Espagne un gouvernement capable
de restaurer la grandeur et la puissance qui avaient été
les siennes durant les siècles précédents.
Ce fut une erreur qu'il a reconnue. Il aurait dû établir
Ferdinand sur le trône, c'était le voeu du peuple
espagnol, plutôt que d'y installer son frère Joseph.
La campagne de Russie -
Napoléon n'a pas attaqué la Russie, c'est le
Tsar Alexandre qui, après avoir trahi les accords de Tilsit
en ouvrant ses ports à l'Angleterre, a déclenché
les hostilités.
Prévenu par les Polonais, les seuls alliés fidèles
de la France, que le Tsar (celui-ci avait sollicité leur
appui) faisait des préparatifs accélérés
pour l'attaquer, Napoléon a aussitôt demandé
à Lauriston son ambassadeur à Saint-Pétersbourg,
de faire savoir qu'il souhaitait une négociation et surtout
pas la guerre.
Alexandre se montre sourd à toute offre de paix, et quand
il doit se résoudre, en désespoir de cause, à
mobiliser, Napoléon espère jusqu'au dernier moment
que l'étalage de ses forces - six cents mille hommes de
toute l'Europe - amènera le Tsar à de meilleurs
sentiments.
Quand Alexandre prend l'initiative d'un ultimatum qui le somme
de se retirer en deçà de l'Elbe, Napoléon
tente un dernier effort de paix.
Il lui écrit :
- "Je souhaite éviter la guerre, je reste constant
dans les sentiments qui nous unissaient à Tilsit et à
Erfurt ...."
Entre-temps, le 17 avril 1812, il avait adressé une nouvelle
offre de paix à l'Angleterre en proposant l'évacuation
par les troupes anglaises et françaises de l'Espagne,
du Portugal et de la Sicile. Castlereagh n'y répond même
pas.
Le 24 juin 1812, Napoléon franchit le Niemen et se porte
à Vilna, où il reste dix-huit jours pour attendre
la réponse du Tsar à une nouvelle offre de paix.
Le 7 septembre 1812, après la victoire de Borodino - La
Moskowa - Il refuse d'exploiter le succès, et d'anéantir
l'armée russe, uniquement pour prouver à Alexandre
son désir d'entente, son désir d'humanité.
Il ne voulait pas accabler le Tsar qu'il croyait économe
et soucieux de la vie de ses soldats, comme il l'était
lui-même. Cette armée, qu'il aurait pu facilement
détruire, il la retrouvera bientôt face à
lui au cours de la retraite. Le dicton "ton bon coeur
te perdra" n'a jamais été plus vrai qu'appliqué
à Napoléon.
Ensuite, s'il est resté trente quatre jours à Moscou,
c'est encore et toujours pour essayer d'obtenir la paix. Le temps
perdu, par grandeur d'âme, à Vilna et à Moscou,
est la seule cause des souffrances de la grande armée
exposée aux rigueurs de l'hiver.
Enfin, après Waterloo, s'il s'est livré aux anglais
au lieu de partir pour les Etats-Unis comme il en avait la possibilité,
c'est qu'il a pensé que ce geste entraînerait l'Angleterre
et ses alliés à plus de clémence à
l'égard de la France. Jusqu'au bout, Napoléon a
tout donné au peuple français et il ne faut donc
pas s'étonner de rencontrer seulement des sentiments de
vénération et de respect autour de son tombeau,
sous le dôme des Invalides, à Paris.
Ben Weider, CM,PhD
LIVRES ET
CONFÉRENCES DU MÊME AUTEUR
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Livres:
Qui
a tué Napoléon? (traduit en 35 langues).
René
Lafont 1982
Assassination
at St. Helena, The poisoning of Napoleon .Bonaparte.
Assassination at St. Helena revisited.
Napoléon, Liberté, Égalité et Fraternité.
Napoléon, est-il mort empoisonné ?
Pygmalion
1999
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25 mai 2000
De gauche à droite
: Monsieur Lucien Bouchard, Premier ministre du Québec,
décernant à Ben Weider les insignes de Chevalier
de l'Ordre national du Québec. |
Conférences
à découvrir sur le site :
- L'Assassinat
de Napoléon, Festival
militaire international de Borodino, 1997, Borodino, Russie;
Académie militaire de Sandhurst, Angleterre,1998.
-
Napoléon
et les juifs,
1er congrès
international de la Société Napoléonienne
Internationale, Italie, 1987, 28ème Consortium sur l'Europe
révolutionnaire, USA, 1998.
|