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NAPOLEON HOMME DE PAIX
par Ben Weider


Président de la Société Napoléonienne Internationale
2875, Chemin Bates, Montréal, Québec, Canada H3S 1B7
http://www.napoleonicsociety.com



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6ème Coalition: 1813 - 1814
Angleterre, Autriche, Prusse, Russie, Suède.

Les monarques, mis en confiance par l'affaiblissement de la Grande Armée, suite à la campagne de Russie, se rassemblent de nouveau pour attaquer la France. Les opérations commencent le 15 avril 1813. D'abord vainqueur à Lutzen (2 mai), à Bautzen (20 mai) et à Dresde (26-27 août), Napoléon s'incline sous le nombre à Leipzig (16-19 octobre) et il doit se replier sur le Rhin.

Maintenant toute l'Europe, sauf le Danemark, marche contre la France. Ce sera la campagne de 1814 au cours de laquelle Napoléon remportera ses dernières victoires :

29 janvier - Brienne
10 février - Champaubert
11 février - Montmirail
18 février - Montereau
13 mars - Reims

Mais les Alliés sont trop nombreux et Paris tombe le 31 mars. Napoléon abdique et rejoint l'île d'Elbe, que les Alliés lui ont assigné comme lieu de séjour.


7ème Coalition: 1815
Angleterre, Autriche, Prusse, Russie.


Quand Napoléon, ayant quitté l'île d'Elbe, arrive à Paris le 20 mars 1815, les Alliés sont réunis au congrès de Vienne. Malgré les assurances de paix présentées par l'Empereur, ils décident aussitôt de se mettre en campagne. C'est une force de 700,000 hommes qui se prépare à marcher sur la France.

Pour tenter de prévenir ce mouvement, Napoléon, avec une armée formée en six semaines, se porte en Belgique. Il bat les Prussiens de Blücher à Ligny le 16 juin mais il est battu à Waterloo le 18, à cause des erreurs du maréchal Grouchy et des pluies diluviennes qui rendent le terrain très difficile pour les déplacements face aux Anglais installés en position défensive.

Napoléon est déporté à Sainte-Hélène où il mourra le 5 mai 1821, victime d'un empoisonnement commandé par le cabinet de Londres et la Cour de France.

Maintenant voici quelques traits de l'action, soutenue et permanente, de Napoléon en faveur de la paix :
 

- Mars 1795 - Général de 25 ans, il refuse tout net le commandement de l'armée de l'Ouest. Il sera rayé des cadres et menacé de l'échafaud par Letourneur, du Comité de Salut Public. Rien ne peut lui faire changer sa décision. "Jamais mon épée contre le peuble" dit-il. Il va vivre dans la misère. Sa maigreur est déplorable, son teint jaune, ses vêtements élimés.

- 18 avril 1797 - Il écrit à l'Archiduc Charles d'Autriche, qu'il vient de battre à plate couture, pour lui proposer une paix qui sauverait les débris de l'armée autrichienne: "Avons-nous tué assez de monde et commis assez de maux à la triste humanité ? Quant à moi, si l'ouverture que j'ai l'honneur de vous fair peut sauver la vie d'un seul homme, je m'estimerai plus fier que de la triste gloire qui peut revenir des succès militaires."

- 4 septembre 1797 - Le Directoire veut tout conquérir. Toute l'Italie. Renverser l'empereur d'Autriche et le remplacer à Vienne par une République. En plus de la Belgique, il veut la rive gauche du Rhin jusqu'à son embouchure. Il a des visées sur la Turquie et l'Egypte. C'est Napoléon qui l'arrête et exige la paix, sous menace de sa démission. Talleyrand fait le tampon entre le gouvernement belliciste et le général pacifiste.

- 25 décembre 1799 - Le jour même de son entrée en fonctions comme premier Consul, Bonaparte écrit au roi d'Angleterre et à l'Empereur d'Autriche en les priant de "ne pas se refuser le bonheur de donner la paix au monde." L'Angleterre ne répond pas. En mai, l'armée autrichienne franchit la frontière du Sud-Est de la France et pénètre dans le Var. Alors Napoléon doit quitter son travail épuisant d'administrateur et courir au plus pressé pour sauver la France de l'invasion. Il est usé par les jours et les nuits de travail, amaigri; sa peau parcheminée est devenue transparente et a pris une teinte blafarde; il tient à peine debout. C'est dans ces conditions qu'il franchit le Saint-Bernard et bat les Autrichiens de Melas à Marengo, le 14 juin 1800. De cette victoire découle la paix de Lunéville avec l'Autriche et celle d'Amiens avec l'Angleterre.

William Pitt à été renversé à Londres.

Cette paix donnera au Consultat un rayonnement, une splendeur qui traverseront le siècle, qui en feront une époque bénie, un âge d'or, un de ces moments privilégiés comme il y en a eu peu dans l'histoire de France. 1801, 1802, 1803, 1804 c'est l'époque fortunée pour la France alors qu'un an plus tôt, elle était au fond de l'abîme. Et la France s'abandonne aux plus brillants rêves, elle a touché au port, elle a trouvé la paix.

Napoléon avait livré ponctuellement la commande. La France en l'applaudissant, s'applaudissait elle-même d'avoir si bien choisi, calculé si juste, de s'être confiée à l'homme qui comblait ses désirs. Paix au dedans, paix au dehors, grandeur, prospérité, repos. C'est la récompense de longs efforts et la fin d'un cauchemar. Sensation de bonheur presque indicible pour un peuple qui depuis dix ans, mène une vie convulsive, dans la guerre civile et la guerre étrangère.

Napoléon aurait voulu, c'était son plus ardent désir, que cette paix dure toujours. Lui aussi, devoir accompli, aurait souhaité un peu de repos, un peu de bonheur, un peu de ce bonheur pour lequel il avait tant travaillé pour les autres et auquel il n'avait jamais eu le temps de s'arrêter pour lui-même.

Le peuple anglais de son côté, accueillit la paix d'Amiens avec un enthousiasme délirant. Le général français Lauriston, qui portait à Londres les préliminaires du traité, fut reçu en triomphe et la foule détela sa voiture pour la tirer à bras "avec les plus grandes marques de délices."

Hélas ! dès le 16 mai 1803, William Pitt revenu au pouvoir, déclare la guerre à la France et travaille à coaliser l'Europe contre elle.

- Janvier 1805 - Un mois après son couronnement, Napoléon adresse des lettres à tous les Souverains de l'Europe, dont l'Angleterre, pour présenter "les avantages de la paix et la stupidité de la guerre, la stupidité du sang versé inutilement."

- Fin novembre 1805 - Avant Austerlitz, Napoléon essaie d'éviter la bataille par une négociation avec le Tsar. Il attend, il espère toujours la paix. Ce sont les Russes qui attaquent avec cent mille hommes ..... qui sont écrasés en moins de quatre heures.

La troisième coalition orchestrée par l'Angleterre est battue et Pitt mourra, à 46 ans, d'une cirrhose alcoolique, en murmurant "mon pauvre royaume dans quel était je te laisse."

Il aurait pu dire: "dans quel était je t'ai mis."

Aussitôt après Austerlitz, Napoléon rend les prisonniers, laisse les débris de l'armée vaincue quitter paisiblement l'Autriche. Il fait l'éloge du Tsar et lui demande son amitié en vue d'instaurer la paix en Europe. Il lui écrit: "Mon coeur saigne ! Puisse tant de sang versé, puissent tant de malheurs retomber enfin sur les perfides Anglais qui en sont la cause."

Il est bon, généreux, intelligent, rationnel et il n'arrive pas à comprendre que les Souverains de l'Europe n'ont que faire de la vie de leurs soldats et du bonheur de leurs peuples. Chaque fois qu'il les tient à sa merci, au lieu de les écraser, il leur pardonne ...... ce qui leur permet de refaire leurs forces pour revenir l'attaquer quelque temps plus tard.

- 12 septembre 1806 - La Prusse a déclaré la guerre à la France et Napoléon écrit à Frédéric Guillaume "Cette guerre serait une guerre sacrilège. Je reste inébranlable dans mes liens d'alliance avec votre Majesté."

La Prusse répond par un ultimatum méprisant. Moins de quinze jours plus tard, elle sera anéantie. Ce sera léna le 14 octobre 1806. Le Prince Louis-Ferdinand, un des instigateurs de la guerre, est tué et le Duc de Brunswick est grièvement blessé. C'est l'homme d'un fameux manifeste qui menaçait de ne pas laisser de Paris, pierre sur pierre.

Cinq jours après léna, Napoléon écrit encore à Frédéric-Guillaume: "Ce sera un éternel sujet de regret pour moi que deux nations, qui pour tant de raisons devraient être amies, aient été entraînées dans une lutte aussi peu motivée. Je voudrais rétablir l'ancienne confiance qui régnait entre nous."

- 14 juin 1807. Friedland.

Napoléon veut la paix et l'amitié du Tsar. Il lui écrit alors que les deux armées sont déjà face à face :

- "Il est temps que l'Europe vive en repos, à l'abri de la maligne influence de l'Angleterre. Pourquoi cette guerre? A quoi bon s'entre-tuer quand nos peuples ont tant d'estime réciproque, tant de raisons d'être amis?"

Réponse du Tsar : Attaque frontale massive. Mais après l'écrasement de son armée et cinquante mille morts plus tard, Alexandre deviendra doux comme un agneau et laissera éclater sa joie quand Napoléon lui pardonnera et acceptera de le rencontrer sur un radeau amarré au centre du Niemen.

C'est là que se situe la fameuse accolade entre les deux empereurs. Quelques jours plus tard à Tilsit, le Tsar jurera un amitié éternelle à Napoléon dont il dira : - "Je n'ai rien aimé plus que cet homme. La puissance magique de son regard et le sourire de l'âme qu'il a sur les lèvres et dans les yeux, m'ont complètement retourné. Le grand homme du siècle, le redoutable capitaine est aimable, caressant, magnanime. Il est persuasif parce qu'il est sincère."

Tout est dans cette dernière phrase du Tsar. Napoléon est sincère, il a toujours été sincère dans ses désirs de paix générale et définitive. Les tyrans sanguinaires sont en face, en Angleterre, en Autriche, en Prusse et en Russie.

Sous la tente de Tilsit, Napoléon invite également le triste Frédéric-Guillaume et la trop belle reine Louise. Eux aussi seront séduits. Maintenant il tient sous son charme et son prestige, l'héritier de la grande Catherine. Sémiramis du nord, et celui du grand Frédéric, fameux roi de Prusse, ami de Voltaire.

Ensemble, ils rédigent un exposé "sur la conduite que nous avons à tenir pour faire enfin comprendre à l'Angleterre tous les avantages qu'elle retirerait de la paix."

Réponses de l'Angleterre aux offres de paix et d'amitié :

1- Le 2 septembre 1807 elle détruit Copenhague par le feu de l'artillerie lourde de la Navy. Le Danemark est un pays neutre.

A Copenhague plusieurs milliers de femmes et d'enfants sont soufflés, éventrés, déchiquetés, broyés sous les décombres, pendant que les officiers de la Navy portent un toast au roi chaque fois qu'un coup arrive au but sur des populations sans la moindre défense.

2- Le 11 novembre 1807, par le décret de Londres, elle oblige les navires des pays neutres à passer par les ports anglais pour y payer une taxe et acheter des marchandises, sous peine d'être déclarés de bonne prise.

Arbitraire évident des tyrans des mers qui vaudra bientôt à quatre mille marins de commerce US de pourrir sur les pontons britanniques.

Fin 1807, Napoléon écrira encore au Tsar Alexandre :

- "Nous viendrons à bout de l'Angleterre, nous pacifierons le monde et la paix de Tilsit sera le point de départ vers le bonheur de l'humanité."

En
1810, après son mariage avec Marie-Louise d'Autriche, il fait de nouvelles offres de paix à l'Angleterre par l'intermédiaire du banquier Labouchère. Les Anglais refusent une fois de plus.

Au début 1811, Napoléon consacre quelque temps chaque jour à son épouse sur le point d'accoucher du roi de Rome; il ne travaille plus que douze heures chaque jour et alors on le dit amoureux de la pantoufle de Marie-Louise.

A Sainte-Hélène, évoquant cette époque, il dira :

- "Ne m'était-il donc pas permis, à moi aussi, de me livrer à quelques instants de bonheur."

Ces simples mots éclairent mieux que de longs discours ce qu'a été la vie de Napoléon. Il s'est donné entièrement à la lourde tâche que lui a confiée le peuple français sans se préoccuper le moindrement de son bonheur personnel.
Dans tous les territoires de l'Europe, sous l'autorité de Napoléon on assista à la mise en marche d'une administration dont l'efficacité sociale et le sens civique ne sont plus à démontrer. Napoléon fit profiter tous les peuples, du génie de ses conceptions, de sa merveilleuse capacité d'organisation et de son inégalable esprit de tolérance.

Il disait:
- C'est en me montrant Catholique que j'ai apporté la paix en Bretagne et en Vendée.
- C'est en me faisant Italien que j'ai gagné les esprits en Italie.
- C'est en me faisant Musulman que je me suis établi en Egypte.
- Si je gouvernais un peuple Juif, je rétablirais le Temple de Salomon.

Ici, pour ceux qui osent le comparer à Hitler, puisons dans l'ENCYCLOPEDIA JUDAÏCA :

"- Napoléon proclama l'émancipation de notre peuple dans toute l'Italie où il fut salué comme le sauveur. Par un jeu de mot il ne fut bientôt connu que sous le surnom affectueux de "HELEK TOV", (la bonne part).
- En Palestine, Napoléon publia un manifeste qui prévoyait notre retour dans une patrie retrouvée et donc la création de l'État d'Israël.

- Quand les Français entrent à Berlin, Napoléon demande: "où sont les Juifs?" Il les sort du ghetto et il en fait des citoyens à part entière.

- Partout en Europe il réunit des assemblées de Notables et des consistoires de Rabbins en vue de préparer et adopter des modus-vivendi avec les autorités des divers Etats.

- C'est lui qui a permis l'organisation du Grand Sanhedrin à Paris en 1807.

- La somme des bienfaits de Napoléon à l'égard de notre peuple fut telle que les autorités autrichiennes craignirent que nous le considérions comme le Messie attendu depuis si longtemps."

Alors soyons sérieux ! La solution finale ? L'holocauste ?

De toute évidence Napoléon était un homme de paix, ce qui n'empêchera pas ses détracteurs de lui chercher encore quelques poux dans la tête.

Ils diront, et son népotisme ? Et la guerre d'Espagne ? Et la campagne de Russie ?

Et bien ! parlons en :

- Népotisme -

Il est certain qu'il eût mieux valu pour Napoléon qu'il n'ait pas de frère. Son esprit de famille, sa gentillesse naturelle, son désir de rendre heureuse sa maman Létizia qu'il adorait, l'ont conduit à commettre des erreurs dans sa recherche de la paix.

Il a cru que ses frères pouvaient, comme lui-même, avoir des aptitudes au commandement et l'aider dans l'oeuvre immense qu'il avait entreprise pour faire face aux attaques incessantes de l'Angleterre et libérer du servage tous les peuples de l'Europe.

Or, Joseph s'est avéré jaloux et incapable. Avec son beau-frère Bernadotte (ils avaient épousé respectivement Julie et Désirée Clary), il a même été jusqu'à comploter contre Napoléon (affaire du Te-Deum de Notre-Dame en 1802).

Napoléon, non seulement, leur a pardonné à tous les deux, mais encore, il a fait de Joseph un roi de Naples puis un roi d'Espagne et de Bernadotte un roi de Suède; roi de Suède qu'il a retrouvé dans les rangs des ennemis de la France à la bataille de Leipzig en 1813.

Lucien, celui qui avait le plus de classe, a passé l'essentiel de son temps à le combattre, avant de lui demander son pardon et de lui proposer son aide ...... après Waterloo.

Louis, qu'il avait élevé et instruit sur sa maigre solde de lieutenant, était un dépressif sans volonté ni énergie dont le seul mérite a été d'être le père de Napoléon III.

Jérôme avait seize ans en 1800 ; C'était le petit dernier, l'enfant gâté. Au départ, il s'est surtout montré intéressé par les honneurs, le beau sexe et la joie de vivre et c'est seulement à la fin de l'Empire qu'il a fait preuve d'une valeur certaine.

Eugène de Beauharnais, son beau-fils, a été le seul de la famille à répondre aux espérances de Napoléon. Le Prince Eugène, vice-roi d'Italie et commandant d'un corps de la grande armée ...... c'était quelqu'un. Il est l'ancêtre de la reine du Danemark et des rois de Suède, de Norvège et des Belges qui règnent encore aujourd'hui.

La guerre d'Espagne.

L'amiral Villeneuve, médiocre, incompétent, pusillanime, est le grand responsable de la chute finale de l'empire. Au moment du camp de Boulogne, Napoléon lui avait ordonné de venir dans la Manche avec ses escadres pour lui assurer le libre passage durant seulement vingt quatre heures ...... et c'en était fait de l'Angleterre. Mais Villeneuve, de retour d'une croisière de déception dans les Caraïbes, alla se réfugier à Cadix d'où il ne sortit que pour la honteuse défaite de Trafalgar.

L'Angleterre ayant la maîtrise des mers il n'était plus possible de l'envahir et, pour tenter de l'amener quand même à signer la paix, Napoléon décida de lui interdire les ports de l'Europe. De plus, il avait l'espoir, avec le temps, d'arriver à reconstruire une flotte capable de rivaliser avec le Navy. Pour toutes ces raisons, il fallait que l'Espagne soit une alliée forte et sûre.

Or, l'Espagne, gouvernée par Manuel Godoy, l'amant de la reine Marie-Louise, était en complète décrépitude. Le roi Charles IV, faible et physiquement disgracié comme l'a peint et dépeint Goya, laissait faire. Pour compléter le tableau, le prince Ferdinand, héritier de la Couronne, complotait contre son père et contre Godoy qu'il haïssait. Après bien des hésitations, Napoléon en vînt à la conclusion qu'il fallait écarter ce quatuor pour donner à l'Espagne un gouvernement capable de restaurer la grandeur et la puissance qui avaient été les siennes durant les siècles précédents.

Ce fut une erreur qu'il a reconnue. Il aurait dû établir Ferdinand sur le trône, c'était le voeu du peuple espagnol, plutôt que d'y installer son frère Joseph.

La campagne de Russie -

Napoléon n'a pas attaqué la Russie, c'est le Tsar Alexandre qui, après avoir trahi les accords de Tilsit en ouvrant ses ports à l'Angleterre, a déclenché les hostilités.

Prévenu par les Polonais, les seuls alliés fidèles de la France, que le Tsar (celui-ci avait sollicité leur appui) faisait des préparatifs accélérés pour l'attaquer, Napoléon a aussitôt demandé à Lauriston son ambassadeur à Saint-Pétersbourg, de faire savoir qu'il souhaitait une négociation et surtout pas la guerre.

Alexandre se montre sourd à toute offre de paix, et quand il doit se résoudre, en désespoir de cause, à mobiliser, Napoléon espère jusqu'au dernier moment que l'étalage de ses forces - six cents mille hommes de toute l'Europe - amènera le Tsar à de meilleurs sentiments.

Quand Alexandre prend l'initiative d'un ultimatum qui le somme de se retirer en deçà de l'Elbe, Napoléon tente un dernier effort de paix.

Il lui écrit :

- "Je souhaite éviter la guerre, je reste constant dans les sentiments qui nous unissaient à Tilsit et à Erfurt ...."

Entre-temps, le 17 avril 1812, il avait adressé une nouvelle offre de paix à l'Angleterre en proposant l'évacuation par les troupes anglaises et françaises de l'Espagne, du Portugal et de la Sicile. Castlereagh n'y répond même pas.

Le 24 juin 1812, Napoléon franchit le Niemen et se porte à Vilna, où il reste dix-huit jours pour attendre la réponse du Tsar à une nouvelle offre de paix. Le 7 septembre 1812, après la victoire de Borodino - La Moskowa - Il refuse d'exploiter le succès, et d'anéantir l'armée russe, uniquement pour prouver à Alexandre son désir d'entente, son désir d'humanité. Il ne voulait pas accabler le Tsar qu'il croyait économe et soucieux de la vie de ses soldats, comme il l'était lui-même. Cette armée, qu'il aurait pu facilement détruire, il la retrouvera bientôt face à lui au cours de la retraite. Le dicton "ton bon coeur te perdra" n'a jamais été plus vrai qu'appliqué à Napoléon.

Ensuite, s'il est resté trente quatre jours à Moscou, c'est encore et toujours pour essayer d'obtenir la paix. Le temps perdu, par grandeur d'âme, à Vilna et à Moscou, est la seule cause des souffrances de la grande armée exposée aux rigueurs de l'hiver.

Enfin, après Waterloo, s'il s'est livré aux anglais au lieu de partir pour les Etats-Unis comme il en avait la possibilité, c'est qu'il a pensé que ce geste entraînerait l'Angleterre et ses alliés à plus de clémence à l'égard de la France. Jusqu'au bout, Napoléon a tout donné au peuple français et il ne faut donc pas s'étonner de rencontrer seulement des sentiments de vénération et de respect autour de son tombeau, sous le dôme des Invalides, à Paris.

Ben Weider, CM,PhD

 

LIVRES ET CONFÉRENCES DU MÊME AUTEUR

Livres:

Qui a tué Napoléon? (traduit en 35 langues).
René Lafont 1982

Assassination at St. Helena, The poisoning of Napoleon .Bonaparte.

Assassination at St. Helena revisited.

Napoléon, Liberté, Égalité et Fraternité.

Napoléon, est-il mort empoisonné ?
Pygmalion 1999


 
25 mai 2000
De gauche à droite : Monsieur Lucien Bouchard, Premier ministre du Québec, décernant à Ben Weider les insignes de Chevalier de l'Ordre national du Québec.

Conférences à découvrir sur le site :

-
L'Assassinat de Napoléon, Festival militaire international de Borodino, 1997, Borodino, Russie; Académie militaire de Sandhurst, Angleterre,1998.

- Napoléon et les juifs, 1er congrès international de la Société Napoléonienne Internationale, Italie, 1987, 28ème Consortium sur l'Europe révolutionnaire, USA, 1998.

 

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