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NAPOLEON HOMME DE PAIX
par Ben Weider


Président de la Société Napoléonienne Internationale
2875, Chemin Bates, Montréal, Québec, Canada H3S 1B7
http://www.napoleonicsociety.com



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L'Empereur Napoléon 1er
1769 - 1821

Si jamais un souverain a dû son titre à ce qu'on appelle la "volonté du peuple", c'est Napoléon. Il l'a gagné, non pas par la répression ou la guillotine, mais par la force de son épée face aux ennemis de la France.

Les Français ont fait de Napoléon leur Empereur, parce qu'il les a sauvés des attaques étrangères et qu'il leur a rendu la paix intérieure et la prospérité. Ils l'ont fait Empereur parce qu'il leur a prouvé en exposant sa vie sur les champs de bataille, qu'il était prêt à mourir pour eux.

Napoléon créa la Banque de France et la Bourse de Paris de même qu'il organisa une répartition équitable de l'impôt. En conséquence, la condition des paysans français (la grande majorité de la population) s'améliora de façon considérable.

Napoléon institua un système de récompenses dont la "Légion d'honneur" pour marquer la reconnaissance de la nation à ceux qui la méritaient. Le récipiendaire pouvait être un scientifique, un musicien, un homme politique, un religieux, un écrivain, aussi bien qu'un soldat.

Dans le domaine des travaux publics, Napoléon fit aménager plus de 36,000 kilomètres de routes impériales et 20,000 kilomètres de routes régionales de même que près de 2,000 kilomètres de canaux. La célèbre corniche de la Côte d'Azur date de son époque, de même que les routes de montagnes qui passent les Alpes par les cols du Simplon et celui du Mont Cenis. Des ports furent creusés et agrandis y compris Anvers, Dunkerque et Cherbourg.

Napoléon a embelli Paris par la construction de boulevards, de ponts, et de monuments. Il a donné aux Archives Nationales un local permanent et sauvé le Louvre.

Des constructions monumentales furent entreprises ou restaurées à travers toute l'Europe, telle la Cathédrale de Speyer, rendue célèbre par Luther. C'est Napoléon, lui-même, qui donna les ordres pour que soit poursuivie l'érection des tours de la Cathédrale de Cologne. En fait, l'oeuvre architecturale de Napoléon peut être retrouvée à travers l'Europe de Rome à Vienne.

Des centres de réflexion et de recherche furent organisés en France pour travailler sur des projets de développement de l'économie nationale. Un bureau industriel prodigua conseils et informations ce qui amena, par exemple, le succès de la culture de la betterave sucrière et des conserveries.

En ce qui concerne les religions, Napoléon, par le Concordat de 1801, rétablit en France la religion Catholique qui avait été persécutée du temps de la révolution. Il assura, également, la liberté du culte pour tous les protestants et déclara, après l'échec de sa tentative d'établir un état en Palestine, que la France serait une patrie pour les Juifs.


Le Code Napoléon (Code Civil 1804) établit l'égalité devant la loi, insiste sur le caractère sacré de la famille et consolide les acquis de la Révolution. Le Code de Commerce (1807), le Code d'Instruction Criminelle (1808) et le Code Pénal (1810) permirent de rendre la justice selon des règles et des lois qui sont encore, pour la plupart, en vigueur de nos jours. Les tribunaux furent spécialisés en fonction de la nature des affaires qu'ils étaient appelés à juger.

Napoléon créa l'université impériale pour assurer l'instruction des Français depuis l'école primaire jusqu'aux facultés. Il créa les lycées. Des écoles techniques et d'ingénieurs formèrent les cadres spécialisés. Des écoles de médecine, de chirurgie et d'obstétrique furent développées. Il créa, aussi, l'école vétérinaire.

Dans le domaine militaire, Napoléon fut le pionnier de ce qu'on appelle "les principes de la guerre" qui sont encore étudiés dans la plupart des académies militaires du monde. Les armées d'aujourd'hui s'inspirent encore des bases de l'organisation, de l'entraînement et de la combinaison des différents corps et des armes de la Grande Armée.

De nombreux historiens prétendent que Napoléon a créé sa propre légende en dictant le "Mémorial de Ste-Hélène". Eh bien, non! La vérité est que la légende de Napoléon est née à Toulon en 1793; elle a grandi en Italie et en Egypte pour s'épanouir durant le Consulat et l'Empire. Sainte Hélène n'en est que la couronne d'épines, mais quelle couronne ! Et quelles épines !

Lord Holland, parlant de l'Empereur décédé à la Chambre des Pairs en Août 1833, déclara: "Même ceux qui ont détesté ce grand homme ont reconnu qu'il était le plus extraordinaire 'caractère' qui soit apparu sur la terre depuis dix siècles."

Ceci est, bien évidemment, un compliment pour l'Empereur.

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Comme tous les soldats qui ont vu des champs de bataille, Napoléon avait horreur de la guerre. Il était sentimental et bon. Il aimait le peuple et les soldats comme s'ils étaient ses enfants.

De toute sa vie, il n'a pas déclenché une seule guerre. Toutes celles qu'il a faite, lui ont été imposées par les monarques qui régnaient en Europe. Ceux-ci voulaient conserver leurs privilèges ancestraux et craignaient la propagation des idées républicaines.

Ecoutons ce que disait William Pitt au parlement anglais le 29 décembre 1796: "Jamais l'Angleterre ne consentira à la réunion de la Belgique à la France. Nous ferons la guerre tant que la France ne sera pas rentrée dans ses limites de 1789." Il a tenu parole et ses successeurs après lui, sauf dans le court intervalle de la paix d'Amiens, du 25 mars 1802 au 16 mai 1803.

Or, Napoléon n'était en rien responsable de l'annexion de la Belgique. C'est la Convention, en août 1795, qui en avait fait une province française. L'annexion de la Belgique n'était d'ailleurs pas la véritable cause de l'enjeu. Par dessus tout, l'oligarchie anglaise voulait écraser cette République française qui prétendait exporter des idées de Liberté à travers l'Europe. Elle voulait essentiellement le retour du roi en France.

C'est ainsi que sept coalitions, provoquées par l'Angleterre et soutenues par son or, furent montées contre la France durant la période de 1793 à 1815.

En voici la liste, avec un résumé succinct de leur déroulement :


Victoire de RIVOLI
14 janvier 1797
 
1ère Coalition: 1793 - 1797
Angleterre, Autriche, Prusse, Russie, Hollande, Espagne, Portugal, les Etats du pape et de l'Italie.

En 1792, les armées de la République aux ordres de Dumouriez et Kellerman avaient repoussé les attaques des Prussiens à Valmy et des Autrichiens à Jemmapes.

En février 1793, William Pitt, le premier ministre anglais, qui avait pensé que les armées organisées et aguerries de la Prusse et de l'Autriche ne feraient qu'une bouchée des "sans-culottes", décide de mettre sur pied une grande coalition de toutes les monarchies de l'Europe pour en finir avec la République.

Devant la menace, le ministre Lazare Carnot décide la levée en masse et s'attache à l'organisation et l'entraînement des Régiments en réalisant "l'amalgame". Autour de noyaux de vétérans, il place des jeunes conscrits pleins d'ardeur et d'enthousiasme à l'idée de se battre pour la liberté.

Bientôt les armées de la République sont victorieuses sur tous les fronts. Les Princes italiens sont le premiers à quitter la coalition, suivis par la Prusse, la Russie, la Hollande, l'Espagne et le Portugal.

Au printemps 1796, seuls l'Angleterre, l'Autriche et le Royaume de Piémont-Sardaigne ne maintenaient en état de guerre.

C'est alors que Bonaparte fut nommé général en chef de l'armée d'Italie et réalisa la campagne fulgurante qui stupéfia l'Europe.

1796:
12 avril - Victoire de Montenotte
21 avril - Victoire de Mondovi
28 avril - Armistice de Chérasco avec le Piémont
10 mai - Victoire de Lodi
15 mai - Bonaparte entre à Milan
5 août - Victoire de Castiglione
8 sept. - Victoire de Bassano
17 nov - Victoire d'Arcole

1797:

14 jan. - Victoire de Rivoli
2 fév. - Capitulation des Autrichiens à Mantoue
17 oct. - La Paix de Campo-Formio met fin à la guerre


Bataille d'Aboukir,
Sur le rivage méditerranéen de l'Egypte, dans la presqu'île d'Aboukir, les Turcs ont débarqué. Bonaparte les attaque aussitôt. La charge des dragons de Murat contraint à fuir les turcs dont beaucoup se jettent à la mer.
 
2ème Coalition: 1798 - 1802
Angleterre, Autriche, Russie, Royaume de Naples.

William Pitt, sachant Bonaparte en Egypte, pense pouvoir vaincre cette fois les armées de la République et rétablir les Bourbons sur le trône de France. Avec beaucoup d'or, il réussit à persuader l'Autriche, la Russie et le Royaume de Naples de se joindre à l'Angleterre pour relancer la guerre.

Les hostilités démarrent à l'automne 1798 dans le royaume de Naples où le général Championnet à vite fait de régler la situation à son avantage. Le roi Ferdinand IV doit s'enfuir en Sicile. En mars 1799, le Directoire décide de lancer trois offensives, l'une en Bavière, l'autre en Suisse, la troisième en Italie. Il croyait à la supériorité de ses armées. Mais Bonaparte n'était plus là. Jourdan rencontre l'Archiduc Charles à Stokach le 24 mars et se fait battre. Massena en Suisse, ne peut mieux faire que maintenir ses positions. Cependant, c'est en Italie que les revers sont les plus graves. Shérer et Moreau doivent se replier devant Souvarof et abandonner Milan.
Joubert, qui avait remplacé Moreau, attaque Souvarof à Novi le 15 août 1799. Il est tué dans l'action et c'est le désastre. L'Italie est perdue pour la France. Heureusement, Masséna permet de gagner du temps. A la bataille de Zurich (23-27 septembre) il rejette les Russes au-delà du Rhin.

Et puis ce fut le retour de Bonaparte, rentré d'Egypte.

Le 14 juin 1800, il battait les Autrichiens à Marengo et le 3 décembre, Moreau battait une autre armée autrichienne à Hohenlinden. Des traités favorables à la France mirent fin à la guerre :

- 9 février 1801 - Paix de Lunéville (Autriche)
- 29 mars 1801 - Paix de Florence (Naples)
- 25 mars 1802 - Paix d'Amiens (Angleterre)

3ème Coalition: 1803 - 1805
Angleterre, Autriche, Russie, Suède.

En 1803, William Pitt, revenu au pouvoir en Angleterre, trahit la paix d'Amiens et déclare la guerre à la France, tout en travaillant à la réunion d'une nouvelle coalition. Il assiste aussi le compte d'Artois dans les attentats contre la vie de Bonaparte (Cadoudal - Pichegru).

Bonaparte rassemble une armée à Boulogne avec l'intention d'envahir l'Angleterre pour lui imposer la paix. Mais les Autrichiens avancent en Bavière et Napoléon, il est empereur des Français depuis le 18 mai 1804, décide de lever le camp et de marcher à leur rencontre. Il capture l'armée du général Mach à Ulm le 20 octobre 1805.

Nelson détruit la flotte française à Trafalgar le lendemain 21 octobre. Puis ce sera la grande victoire d'Austerlitz sur les Austro-Russes le 2 décembre 1805, jour anniversaire du sacre. Le traité de Presbourg du 26 décembre 1805 met fin à la guerre.


La bataille de Friedland,
le 14 juin 1807
 
4ème Coalition: 1806 - 1807
Angleterre, Prusse, Russie, Suède.
La Prusse, qui n'avait pas su agir en 1805, entraîne l'Angleterre, la Russie et la Suède dans une nouvelle coalition contre la France.
Le 14 octobre 1806, son armée est anéantie dans deux grandes batailles simultanées: lena, où commande l'Empereur en personne et Auerstaedt où commande le maréchal Davout. Les fuyards des deux armées prussiennes se recontrent ; les deux déroutes se confondent et se mêlent dans un désordre indescriptible sous les yeux atterrés du roi Frédéric-Guillaume et de la reine Louise, venus, comme à la parade, assister à la victoire de leurs troupes.

Napoléon entre triomphalement à Berlin. Cependant les Russes avancent en Pologne et les Suédois sont en Poméranie. A la fin décembre 1806, Napoléon quitte Berlin et s'installe à Varsovie. Après la bataille indécise d'Eylau (8 février 1807), Napoléon écrase les Russes à Friedland le 14 juin 1807.

Le traité de Tilsit (7-9 juillet 1807) met fin à la guerre.

5ème Coalition: 1809
Angleterre, Autriche.

A la fin de 1808, l'Angleterre essaye de nouveau d'entraîner les puissances européennes contre la France. Seule l'Autriche accepte et seulement à la condition que l'Angleterre assume les dépenses de la campagne. Les Autrichiens prennent l'offensive le 10 avril 1809. Ils seront battus dans plusieurs batailles dont les plus importantes sont Eckmül (22 avril), Essling (22 mai) et enfin Wagram le 6 juillet. Le traité de Vienne du 14 octobre 1809 met fin à la guerre.

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