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LES PROJETS D'EVASION A SAINTE-HELENE


i l'île de Sainte-Hélène, colonie anglaise, fut choisie en 1815 par les anglais et acceptée par les grandes puissances d'alors, ce ne fut pas un hasard. En effet, cette île volcanique mesurant 16,5 kms de long par 11 de large, située en plein atlantique à 1900 kms de l'Afrique et à 2900 kms du Brésil avait de quoi dissuader tout prisonnier de s'en évader, fût-il ex-Empereur.

Voilà la description qu'en fît le marquis de Montchenu, lorsqu'il y débarqua le 17 juin 1816 en sa qualité de commissaire du roi Louis XVIII, chargé par ce dernier de s'assurer des conditions de détention de "Bonaparte".



"C'est l'endroit du monde le plus isolé, le plus inabordable, le plus difficile à attaquer, le plus pauvre, le plus insocial et le plus cher. L'aspect en est effrayant et je ne vous cache pas que lorsque, le 17 au matin, on vint dans ma cabine me réveiller pour m'annoncer que nous touchions presque à l'île de Sainte-Hélène, le premier aspect me serra le coeur, quoique, pendant toute la traversée, j'eusse toujours relevé le courage de mes compagnons. Je désirerais que les peintres de l'Opéra vinssent prendre une vue exacte de Sainte-Hélène quand ils voudront nous donner une représentation de l'Averne. Cette côte est hérissée de batteries, dont la plupart sont presque inutiles, vu leur élévation. On a bien profité de toutes les excavations que la nature fournit pour en établir de plus pesantes, et il y en a quatre de cette espèce qui défendent l'entrée du port ; de plus, une soixantaine de pièces sont établies à fleur d'eau, tout le long du seul chemin qui conduit du débarquement à l'entrée de la ville, et qui en est séparé par une espèce de chemin couvert et revêtu en pierres.

On trouve des sentinelles partout. Il y a, en outre, un état-major pour une armée de 30 000 hommes. Le service sur mer est encore plus sévère ; le port est gardé par le Newcastle ; la frégate est stationnée à l'autre extrémité de l'île. Il y a deux bricks, qui croisent constamment en vue et tournent continuellement sans jamais entrer dans le port. Au soleil couchant, toutes les chaloupes doivent être rentrées ; elles sont soumises à l'appel, et rien ne peut sortir après 5 heures, ni avant le lever du soleil ; pas même la chaloupe de notre capitaine, qui ne peut retourner coucher à bord quand il est à terre, parce que l'usage ici est de dîner à la nuit, c'est-à-dire 4 heures. Les pêcheurs sont assujettis à la même règle, ce qui rend le poisson aussi rare et aussi cher que la viande fraîche et contrarie beaucoup les habitants, qui en faisaient leur nourriture la plus habituelle."

Marquis de Montchenu





Comme on le voit, songer à s'évader de cette île si bien gardée relevait sans aucun doute de l'utopie. Le passage à l'acte eût paru bien audacieux. Et pourtant...

Danièl Le Garric rapporte que l'écrivain Conan Doyle, père de Sherlock Holmes, dans l'une de ses nouvelles, imagine que des ingénieurs américains construisent un sous-marin avec lequel un fidèle de Napoléon ira enlever l'Empereur à Sainte-Hélène. Mais le sous-marin arrive deux heures après la mort de Napoléon. Fable ? Pas sûr du tout : il semblerait qu'un tel projet ait vraiment existé, à partir de l'une des inventions de Robert Fulton et que l'on ait retrouvé les plans du sous-marin qu'il avait baptisé
«Nautilus».

Dès 1800, il tenta de le vendre au gouvernement français pour couler les bateaux anglais. Présenté à Rouen avec Fulton à bord, le Nautilus replia son mât et ses voiles à plat sur le pont, et avec trois membres d'équipage qui actionnaient une vis, plongea à une profondeur de 7,60 m. Hélas, les autorités françaises ne donnèrent aucune suite à cette invention. Plus tard, ce sous-marin ne convainquit pas davantage les autorités britanniques à qui il fut présenté. Loin d'être découragé, Fulton mettra au point en 1802, le premier bateau à vapeur qui devait quelques années plus tard révolutionner les transports maritimes.

Néanmoins, l'Empereur a bien été sollicité. Le comte de Montholon, son compagnon d'infortune a relaté la proposition suivante dans ses mémoires :

4 août 1816. - On offrait à l'Empereur de le transporter en Amérique, lui troisième, au prix d'un million, qui ne serait payable qu'après son débarquement sur la terre d'Amérique. On se contentait de sa parole. Je regrette de ne pouvoir dire les détails d'exécution : ils compromettraient l'existence politique d'êtres auxquels je dois reconnaissance pour le dévouement dont ils ont fait preuve.

L'Empereur m'écouta avec l'apparence d'une profonde méditation ; fit en silence quelques pas dans sa chambre ; puis, se tournant vers Gourgaud et moi, il nous demanda notre opinion, ne discuta pas et se borna à me dire :

- Refusez.

Le 10 juillet 1817, c'est l'Empereur lui-même qui lui avoua un nouveau projet en lui déclarant :

"- On m'offre un projet d'évasion, me dit l'Empereur en m'indiquant sur la carte la route et les moyens proposés pour sortir de Longwood, gagner la côte et s'embarquer secrètement ; je pourrais être censé garder la chambre, le gouverneur est accoutumé à ce que je sois plusieurs jours sans sortir. Nous enverrions une de nos dames, ou même toutes les deux, faire visite ce jour-là à Plantation-House, O'Meara irait en ville, et pendant que, dans son salon de Plantation, lady Lowe ferait la belle conversation sur moi, nous quitterions ce maudit pays.

A cette pensée l'Empereur se mit à rire en disant :

- J'ai encore quinze ans de vie, tout cela est bien séduisant ; mais c'est une folie, il faut que je meure ici, que la France vienne m'y chercher. Si Jésus-Christ n'était pas mort sur la croix, il ne serait pas Dieu."

Tout dans cette phrase résume son état d'esprit. Rejoindre son frère Joseph exilé "aux Amériques" pour y vivre et y mourir en aventurier était contraire à son parcours. Seul, le martyre pouvait avoir grâce à ses yeux. Seule, une fin tragique à "l'antique" pourrait transcender la gloire dont il s'est auréolé sur les champs de bataille durant vingt années. Il le sait. Bien qu'ils fussent gardés secrets, on peut aisément deviner que d'autres projets lui furent présentés. Il les repoussa tous...

Dans ses mémoires, le général Gourgaud, note à la date du 28 janvier 1818 : "Le bruit court qu'on a arrêté à Pernambuco six officiers qui, au moyen d'un bateau à vapeur, devaient venir nous enlever." Le 30, à l'occasion d'une promenade en compagnie du général de Montholon, il écrit: "Nous rencontrons le Russe [comte Alexandre de Balmain, commissaire russe], qui revient de chez Porteus, il nous dit mystérieusement que Brayer a été arrêté à Rio-de-Janeiro, ainsi qu'un colonel Latapie qui devait, avec un canot à vapeur, venir délivrer l'Empereur." Le 31, il écrit encore : "Elle [Madame la générale Bertrand] a peur que Sa Majesté ne se sauve avec le capitaine Dee et que son mari ne soit compromis."

Récemment, Sophie Delsaut*, jeune française effectuant ses études à la Nouvelle-Orléans, m'a fait part de l'existence d'une maison située dans cette ville et appelée Napoleon House. Cette grande demeure appartenait en 1821 à Nicholas Girod alors maire de la ville. Après la chute de l'Empire, nombreux furent les français qui s'expatrièrent au "nouveau monde" et plus particulièrement en Louisianne (ancienne possession française). L'Histoire locale veut qu'en 1821, Nicholas Girod élabora un plan d'enlèvement de l'Empereur avec la complicité du pirate Jean Lafite. Des embarcations furent apprêtées et le maire fit agrandir sa maison afin d'y accueillir le célèbre prisonnier de Sainte-Hélène. Hélas, la mort prématurée de Napoléon le 5 mai 1821 les fit renoncer à l'expédition.

 

NAPOLEON HOUSE
Photo : Rick Walker
500 Chartres Street - New Orleans
LA 70130 -504/524-9752


The Napoleon House Bar and Cafe
Photo: C. F. Weber

 


L'appartement de l'Empereur
Photo : Frederick J. King. Jr.

Serait-ce de ce projet dont Conan Doyle s'inspira dans la nouvelle citée plus haut ? Nul ne le saura sans doute jamais. On peut toujours voir cette Maison Napoléon aujourd'hui reconvertie en Bar-Hôtel-restaurant et dont la décoration intérieure demeure inspirée du "souvenir" de l'Empereur. Comme chacun le sait, c'est lui qui aura le dernier mot : Il mourra à Sainte-Hélène et la France viendra l'y chercher !

* Je la prie de trouver ici, l'expression de ma reconnaissance pour sa communication.

 

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