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Joachim Murat ,
Maréchal
(1804), roi de Naples de 1808 à 1815
(La Bastide-Fortunière (Lot), 1767 - Pizzo, 1815)
Joachim Murat
Par Gros
Musée
du Louvre, Paris.

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Maréchal, roi de Naples : dans le jeu déchecs
napoléonien, Murat est le cavalier, splendide guerrier
aux costumes extravagants, Murat est le fou, impétueux
et irréfléchi, Murat est la reine qui a besoin
des preuves daffection de son maître pour offrir
tout son dévouement. Il est traité comme un pion,
placé sur un trône sans liberté daction.
De là, une trahison à demi-consommée, une
fin tragique dans un village italien.
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Joachim, le cadet de douze enfants, de parents
aubergistes, entreprend des études au séminaire
des Lazaristes de Toulouse. En février 1787, à
la suite dune querelle avec un camarade, il abandonne la
voie ecclésiastique pour sengager dans un régiment
de chasseurs à cheval. En deux ans, il devient maréchal
des logis. Mêlé à une mutinerie, il est renvoyé
de larmée. Quand son père le voit revenir,
il lui ferme sa bourse. Murat se fait épicier. Déjà,
son panache impressionne et il est désigné par
son canton pour participer à la fête de la Fédération
du 14 juillet 1790. Lannée suivante, il obtient
dêtre réintégré dans les rangs
de larmée comme simple soldat. Il est nommé
sous-lieutenant le 30 mai 1791. Un moment inquiété
par la chute de Robespierre, ce républicain fervent allé
jusquà adopter le nom de Marat se retrouve finalement
sans affectation en cette fin dannée 1794, à
Paris. A laube du 13-Vendémiaire, Barras et un jeune
général corse, Bonaparte, demandent un volontaire
pour récupérer les canons parqués aux Sablons.
Murat se propose.
Il revient avec 40 pièces,
qui permettront détouffer linsurrection royaliste.Par
ce geste, Murat lie son destin à celui de Bonaparte. Ce
dernier le nomme chef de brigade le 2 février 1796 et
en fait un de ses aides de camp. A ce titre, Murat laccompagne
en Italie en 1796 où il se signale par sa bravoure. Chargé
de porter les drapeaux ennemis au Directoire, à Paris,
il est également prié dintercéder
auprès de Joséphine pour quelle rejoigne
son époux. Il revient de Paris avec le grade de général
de brigade. Il participe au siège de Mantoue. Après
Campoformio, Bonaparte lenvoie au congrès de Rastatt.
En Egypte, Murat sillustre
à la tête dune brigade de cavalerie. Après
la prise dAlexandrie (2 juillet 1798) et la bataille des
Pyramides (21 juillet 1798), il est le premier à monter
à lassaut de Saint-Jean-dAcre (28 mars 1799),
lors de lexpédition de Syrie. A la bataille dAboukir,
le 25 juillet 1799, il sempare personnellement du pacha
Mustapha, à qui il tranche deux doigts dans le feu de
laction. Cela lui vaut une blessure peu ordinaire une balle
lui traverse la mâchoire de part en part et le grade de
général de division. Murat est devenu une figure
populaire.
Pourtant, tout au long des années passées ensemble,
Bonaparte se montrera abrupt avec celui qui lui a donné
des gages de sa loyauté le 18-Brumaire en lançant
à ses grenadiers devant les parlementaires éberlués
: «Foutez-moi tout ce monde-là dehors !».
Bonaparte lui accorde la main de sa sur Caroline, en février
1800, mais après lintervention de Joséphine.
Il le fait maréchal en 1804, grand amiral et prince lannée
suivante, mais semble répugner à lui confier des
commandements importants.
Gouverneur de Paris en 1804, Murat signe avec réticence
la constitution de la commission qui préside à
lexécution du duc dEnghien. Il part lannée
suivante pour la campagne dAutriche, à la tête
de toute la cavalerie. Après la prise dUlm (15-20
octobre 1805), il poursuit les armées russes et autrichiennes
le long du Danube. Alors que Napoléon lui ordonne de couvrir
les flancs de la Grande Armée, il entre dans Vienne à
la tête de ses hommes, le 11 novembre 1805. Napoléon
lui fait de sévères remontrances pour cet acte
dinsubordination. Murat se rattrape par sa conduite lors
de la bataille dAusterlitz, le 2 décembre.
Napoléon lui accorde le grand-duché de Berg et
de Clèves en 1806 ; il lui faut un homme de confiance
pour assurer le blocus continental. Murat goûte au pouvoir,
savère soucieux du bien-être de ses sujets.
Cest loccasion de nouvelles tensions avec lEmpereur,
qui le rappelle bientôt dans les rangs. En 1806, en effet,
la Prusse, lAngleterre, la Suède et la Russie ont
déclaré la guerre à la France. Murat chasse
les Prussiens jusquà Leipzig, participe brillamment
à la bataille de Iéna le 14 octobre 1806, fait
capituler Blücher à Lübeck. Il entre le premier
à Varsovie le 28 novembre 1806. A Eylau (8 février
1807), il commande toute la cavalerie française. Sur lordre
de Napoléon, il lance ses troupes pour repousser le centre
russe. Cette charge reste dans la légende sous le nom
de «charge des 80 escadrons».
Napoléon offre
à Murat la couronne de Naples en 1808, mais à condition
quil demeure un pion de la politique impériale.
Murat a sans doute rêvé du trône espagnol
pour lequel il a payé de sa personne. Envoyé en
Espagne sans instructions précises, cest lui qui
réprime durement linsurrection du 2 mai 1808, organise
lexode de Ferdinand VII et Charles IV vers Bayonne. Et
cette couronne napolitaine enfin acquise, il tremble de sen
voir décoiffé, à linstar du roi de
Hollande, dont le royaume est purement et simplement annexé
à lEmpire en 1810.
Ce roturier savère roi consciencieux. Il introduit
des réformes, organise une armée
Les frictions
avec lEmpereur reprennent, exacerbées par la dissension
entre Caroline et Murat, qui se disputent le pouvoir.
En 1812, Napoléon appelle son beau-frère à
ses côtés pour la campagne de Russie, à nouveau
à la tête de la cavalerie. Durant les six mois de
la campagne, Murat sera constamment au contact des armées
russes. Lors de la bataille de Borodino le 7 septembre, il charge
à la tête de 15 000 cavaliers au devant des canons
russes.
Alors que Napoléon est à Moscou, en octobre 1812,
il manque de se faire encercler à Taroutino (18 octobre
1812) mais parvient à se dégager. En décembre,
Napoléon lui laisse le commandement de la Grande Armée
pour rentrer précipitamment à Paris. Murat ne veut
pas de ce commandement : il veut sauver son royaume. A Wilna,
il perd son sang-froid et abandonne la Grande Armée. De
retour à Naples, il écrit à Napoléon
pour expliquer sa conduite. Il demande à revenir au service
de lEmpereur.
Il revient pour participer à la campagne dété
de 1813 ; Napoléon lui confie le commandement de lArmée
du sud, chargée de contenir les Coalisés de Schwarzenberg.
Après la défaite de Leipzig (16-19 octobre 1813),
il rentre dans son royaume. En janvier 1814, Murat signe un traité
avec lAutriche.
Au congrès de Vienne de 1815, les généreux
subsides quil a versés aux diplomates, à
Talleyrand notamment, ne servent de rien. Il est question de
restaurer les Bourbons sur le trône napolitain. Murat,
désespéré, tente des ouvertures de tous
côtés ; il écrit une lettre cordiale à
Louis XVIII, renoue avec Napoléon exilé à
lîle dElbe. Ce dernier lui fait part de ses
projets de retour. Murat déclare la guerre à lAutriche
dès quil apprend le débarquement de lEmpereur.
Il occupe bientôt Rome, Ancône, Bologne. De Rimini,
il lance une proclamation où il appelle à lunification
de lItalie. Mais bientôt les troupes autrichiennes,
menées par Neipperg, lencerclent. Cest la
défaite de Tolentino, le 21 avril 1815.
Murat doit prendre la fuite tandis que Ferdinand retrouve son
trône. Il arrive en France où Napoléon refuse
de le recevoir. En Corse, il réunit 600 hommes. Cela lui
suffit pour rêver de reconquérir Naples; il sembarque
pour la côte italienne. Débarqué à
Pizzo, il est fait prisonnier, incarcéré. Un décret
du Roi ordonne à la commission qui le juge de lui laisser
une «demi-heure pour recevoir les secours de la religion»
avant de le fusiller. Murat donne lui-même lordre
de tirer, le 13 octobre 1815.
Texte
d'Alexandra Dalbin
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L'avis
de Napoléon à Sainte-Hélène
«J'aimais Murat à cause
de sa brillante bravoure, c'est pourquoi je lui ai pardonné
tant de sottises». .
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Les maréchaux
d'Empire
Murat. Cavalier, Maréchal
de France, Prince et Roi. MURAT (Marcel) Copernic, 1980
La vie amoureuse de Murat GUICHES GUSTAVE FLAMMARION 1930
Murat, roi de Naples. GRANIER (Jean-Paul) Club du Livre Sélectionné
MURAT - TULARD JEAN - FAYARD, 1999
MURAT - LUCAS-DUBRETON J. - LIBRAIRIE ARTHEME FAYARD, 1944
Le Roi Murat. Mémoires d'épopée recueillis
par Hervé de Peslouan. PESLOUAN (Hervé de) Editions
Mame, 1949
JOACHIM ET CAROLINE MURAT. LACOUR-GAYET MICHEL - Editeur PERRIN,
1998
MURAT (DU MARECHAL D'EMPIRE AU ROI DE NAPLES) TULARD, JEAN -
Editeur MARABOUT
MURAT. HULOT,FREDERIC - Editeur PYGMALION, 1998
MURAT. DUPONT - Editeur COPERNIC
Joachim MURAT, Roi de Naples. La dernière année
de règne (mai 1814-mai 1815) WEIL (Ct M.-H.) Paris, Fontemoing,
1909-10
Le Prince EUGENE et MURAT 1813-14. Opérations Militaires,
Négociations Diplomatiques. WEIL (Ct M.-H.) Paris, Fontemoing,
1902
Joachim Murat, 1767-1815. SAINT-YVES (Georges) et Jules CHAVANON
P., Hachette, 1905,

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