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Une émouvante cérémonie
s'est déroulée samedi 11 mars au cimetière
des chiens d'Asnières-sur-Seine où une stèle
a été élevée à la mémoire
du chien MOUSTACHE, héros des guerres napoléoniennes,
emporté par un boulet de canon au siège de Badajoz
(Espagne), le 11 mars 1811.
Organisée à l'initiative de M. Christian Cadoppi,
un fervent ami des chiens et créateur d'un site internet
dédié aux chiens ayant suivi la Grande Armée
à travers l'Europe, avec le soutien des Amis du Patrimoine
Napoléonien, de l'association de défense
du cimetière des chiens, et le Club du Barbet du
Lagotto.
En présence de MM. Aeschlimann, député-maire
de la Ville d'Asnières, Daniel Poisson, président
des Amis du Patrimoine Napoléonien et de nombreux invités,
un authentique chien barbet, symbolisant Moustache, a reçu
une médaille commémorative créée
spécialement par la célèbre maison Arthus
Bertrand. Le caractère solennel de cette manifestation
du souvenir fut réhaussé par la présence
d'une dizaine de Grenadiers de la Garde Impériale en grand
uniforme (Grenadiers d'Île de France). A l'issue des discours
émouvants des différents partenaires, une plaque
fut dévoilée. On peut y lire:
AU CHIEN MOUSTACHE
HEROS DE LA GRANDE ARMEE
TUE EN ESPAGNE LE 11 MARS 1811
AMIS DU PATRIMOINE NAPOLEONIEN 2006
195
ans après sa mort glorieuse, le chien MOUSTACHE a enfin
son nom inscrit sur l'Arc de Triomphe de la postérité.
Lui qui fut distingué par le maréchal Lannes, qui
fut présenté à l'Empereur qu'il salua militairement,
dit-on, en élevant une patte à hauteur d'oreille,
lui qui foula les champs de bataille de Marengo, d'Austerlitz,
de Iéna, et de bien d'autres, avait décidément
de drôles de terrains de jeux. Ceux des hommes...
Toi le jardin, je
te connais
Dans tes moindres recoins.
Hier encore je t'ai prêté un os
Aujourd'hui je te donne les miens.
(SAMPA.
Georges Chelon)
Discours de M. Christian CADOPPI
Monsieur le Député-Maire,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Chers amis,
Comme le dira Eugène Gayot, écrivain zoologiste
français du 19e siècle : " Moustache est l'une
des plus hautes illustrations de l'espèce et l'une de
nos gloires les plus pures ".
Grand ami des animaux, je le suis aussi du patrimoine historique
et je suis très heureux et très fier de partager
aujourd'hui avec vous ce moment solennel qui est aussi un moment
d'émotion, un moment symbolique.
A partir d'éléments fragmentés, plusieurs
années de recherches m'ont permis de reconstruire le parcours
de cet " oublié " de l'Histoire.
L'honneur me revient donc aujourd'hui à cette occasion
d'évoquer le chien MOUSTACHE, ce héros méconnu.
Qui était MOUSTACHE ?
C'était un grognard pas comme les autres ; ce briscard
à quatre pattes était un Barbet aux longs poils
broussailleux et frisés, qui deviendra la mascotte de
régiment la plus célèbre de la Grande Armée
et dont les états de service furent aussi pittoresques
qu'admirables.
Les prouesses de nos braves canidés durant la période
napoléonienne sont multiples. Nombreux sont ceux qui furent
dévoués et courageux, capables d'exploits, dotés
d'intelligence et de dons instinctifs exceptionnels.
En revanche, jamais l'armée napoléonienne ne possédera
des chiens dressés pour le combat. À l'inverse,
il n'était pas rare de croiser un grognard avec son compagnon
à quatre pattes. Le Barbet faisait partie de ces chiens
et fut très longtemps la mascotte préférée
des troupes du 19e siècle.
MOUSTACHE a su mériter les faveurs de son régiment
et représenta, en toute circonstance, le bon camarade,
le complice et l'auxiliaire idéal sur lequel n'importe
quel soldat pouvait compter.
Apparu en Normandie durant l'année 1799, le jeune chien
suivra une compagnie d'élite de Grenadiers qui, ce jour-là,
défila au son du tambour dans la ville de Caen.
Attiré par la musique militaire, c'est ainsi que l'animal
s'enrôla et fut baptisé du nom de MOUSTACHE.
Au sein de la 40e demi-brigade de ligne, la mascotte MOUSTACHE
fut citée à l'ordre du jour du régiment
la veille de la bataille de MARENGO, le 13 juin 1800, pour sa
première action valeureuse : il se distingua en sauvant
son régiment qui bivouaquait non loin des lignes ennemies.
Grâce à sa vigilance, il réussira à
repérer un espion autrichien et à donner l'alarme
dans le cantonnement. Après un très bref combat,
l'ennemi fut repoussé et notre mascotte reçut une
légère blessure par baïonnette au cours de
cette escarmouche. Le lendemain, bien que boitant un peu, MOUSTACHE,
qui marche en tête de la colonne, se distinguera, de nouveau,
à la bataille de Marengo en tenant tête cette fois
à un dogue autrichien qui tentait de s'attaquer au porte-drapeau.
On retrouve la mascotte de régiment le 2 décembre
1805, à Austerlitz, dont nous avons fêté
le bicentenaire il y a quelques mois.
La 3e division du général Suchet s'ébranle
au pas de charge. Un duel impitoyable entre fantassins va débuter.
L'ardeur des " bleus " est incroyable et une furieuse
mêlée s'engage. Ce fut dans ce terrible affrontement
que l'intrépide chien se jeta sous un feu de balles et
de mitraille, pour aller, encore une fois, porter secours au
porte-drapeau de son régiment. Le chien s'élance,
mais ne pourra rien faire pour le soldat qui, blessé mortellement,
s'écroule en serrant le drapeau contre lui. D'un bond,
le Barbet se jeta sur le cadavre du malheureux porte-drapeau
et, aboyant furieusement, fait face aux Russes, les empêchant
de s'emparer du drapeau.
MOUSTACHE, alors, adroitement, saisira à pleine gueule
la hampe de l'étendard et le rapportera triomphant vers
les lignes françaises.
Cette prouesse lui a valu une patte cassée, mais aussi
tous les honneurs, car lorsque le Maréchal Lannes apprendra
cet exploit, il saura récompenser l'intrépide Barbet,
en lui passant autour du cou un collier orné d'une médaille
d'honneur en argent.
Devenu célèbre, MOUSTACHE sera présenté
à l'Empereur pour qui il exécutera le salut militaire
en soulevant une patte à la hauteur de l'oreille.
On retrouvera le Barbet à Iéna en 1806, dont on
fêtera le bicentenaire au mois d'octobre prochain, ainsi
qu'en Pologne et à Friedland.
Le vétéran Barbet terminera ses aventures en Espagne
le 11 mars 1811, emporté par un boulet de canon le dernier
jour du siège de Badajoz. Il sera enterré avec
sa médaille et avec tous les honneurs militaires à
l'endroit même où il était tombé.
Ce jour-là, on vit pleurer de vieux grognards devant leur
fidèle et brave compagnon d'armes.
Mesurez un instant le sens que prennent les mots " honneur
", " courage ", " dévouement ",
" fidélité " et " sacrifice ",
lorsqu'ils furent conjugués par ce brave animal.
L'héroïsme n'est pas une vertu réservée
aux hommes.
Digne d'un profond respect ; symbole du dévouement et
de la vigilance, MOUSTACHE, le chien de légende, est et
restera un exemple.
Cette cérémonie aujourd'hui aura, je l'espère,
la modeste ambition de lui rendre justice et de le faire entrer
dans la postérité.
Que la mémoire des hommes puisse en conserver longtemps
la trace.
Je tiens à remercier tout d'abord les Amis
du Patrimoine Napoléonien, présidé par Daniel Poisson,
sans lequel ce projet n'aurait jamais vu le jour.
Je remercie Monsieur Aeschlimann, député-Maire
de la Ville d'Asnières-sur-seine, de nous avoir autorisés,
pour honorer la mémoire de MOUSTACHE, à occuper,
en ces lieux, un emplacement de choix au pied du monument de
BARRY, autre chien d'exception qui vécut, lui-aussi, sous
le Consulat et le 1er Empire.
Je remercie la Maison Arthus-Bertrand, créateur d'exception
de médailles depuis 1803, pour son généreux
parrainage.
Je remercie Madame Rault, Présidente du Club du Barbet
du Lagotto et autres chiens d'eau, et Philippe Seguela, auteur
d'un site
Internet sur le Barbet, pour leur aimable participation ; honoré
de la présence d'un champion national et international,
symbolisant pour la circonstance le Barbet MOUSTACHE ainsi que
la présence d'autres Barbets venus ici lui rendre honneur.
Je remercie Monsieur Éric Feller, Président de
l'Association de la défense du cimetière des chiens
d'Asnières pour son accueil très cordial et sa
très précieuse participation.
Je remercie Alain Chappet, co-auteur du " Guide Napoléon
" qui a eu, le premier, la formidable idée de ce
site pour la réalisation de ce projet.
Je remercie les illustres Grenadiers d'Île-de-France venus rendre hommage
à la mascotte de régiment ainsi que tous mes amis
qui m'ont encouragé et aidé à mener à
bien cette entreprise.
Enfin merci à toutes celles et tous ceux présents
aujourd'hui.
Christian CADOPPI
Asnières-sur-Seine, le 11 mars 2006
Christian
CADOPPI
Asnières-sur-Seine, le 11 mars 2006
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consacré à Moustache
Une réalisation
de Christian Cadoppi
La cérémonie en images et commentaires
Site dédié
au chien barbet
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