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Le masque mortuaire de l'Empereur Napoléon serait-il un faux ?

Masque officiel Antommarchi

 

haque année, des centaines de milliers de personnes affluent dans l'enceinte historique de l'Hôtel des Invalides à Paris où se trouve le Musée de l'Armée ainsi que le tombeau de l'Empereur Napoléon. Dans les salles du musée consacrées au Premier Empire, chacun peut découvrir le masque mortuaire officiel de l'Empereur. Une telle relique ne pourrait que susciter l'émotion de celui qui la contemple. Or, trop souvent, c'est la remarque suivante qui s'échappe de la bouche du visiteur : "Ca ne lui ressemble pas !"

En effet, le public reste dubitatif devant ce masque dont les traits sont en parfaite contradiction avec tous les portraits que nous connaissons de l'Empereur Napoléon. Déjà, au dix-neuvième siècle, de nombreuses voix de personnages civils ou militaires ayant approché Napoléon de son vivant se sont élevées pour en contester l'authenticité. L'empreinte de ce masque fut revendiquée à tort par le Dr Antommarchi, médecin fort controversé de Napoléon. Elle fut réalisée dans l'île de Sainte-Hélène au sur-lendemain de la mort de Napoléon, soit le 7 mai 1821. Il n'est pas question ici de reprendre toute l'histoire de ce masque, ni même de conter les péripéties judiciaires qui virent s'affronter la famille Bertrand au Dr Burton, médecin anglais à Sainte-Hélène, qui fut le réel preneur de l'empreinte et auquel le Dr Antommarchi se contenta de prêter la main. De nombreux auteurs s'y sont consacrés avec talent. Le plus récent étant Bruno Roy-Henry, dans son ouvrage : Napoléon, l'énigme de l'exhumé de 1840 (2000, Archipel).

Rappelons tout de même, que sitôt la mort de Napoléon connue, son geôlier, Sir Hudson Lowe ordonna au médecin anglais Arnott de surveiller la dépouille mortelle de l'Empereur et de ne la point quitter jusqu'au jour de l'inhumation. Ce qui fut fait comme l'ont rapporté les compagnons d'exil de Napoléon ayant publié leurs mémoires.

A n'en pas douter, plusieurs empreintes furent tentées avant la prise officielle du 7 mai à 16 heures. Dans ses mémoires, le grand-maréchal Bertrand notera pour la journée du 7 mai : <<A quatre heures, on a fait le plâtre de la figure de l'Empereur, qui était tout défiguré [...].>>

Le Dr Arnott a-t-il mis à profit son temps de veille pour tenter une prise d'empreinte avec de la cire chirurgicale ou encore à l'aide de cire de bougies ? La chose est probable. En effet, après la mort de l'Empereur personne ne disposait de plâtre pour effectuer le moulage. Le Dr Burton parvint à s'en procurer (avec peine et de mauvaise qualité nous rapporte le serviteur Saint-Denis dit Ali) dans l'île deux jours après seulement. Ces deux jours furent amplement suffisants au Dr Arnott pour effectuer sa propre empreinte, la nuit sans doute, afin de n'être dérangé de personne ou ce qui ne peut être exclu, avec l'aide d'un proche de l'Empereur à qui une copie aurait été promise. L'application de cire chaude expliquerait l'état "défiguré" du visage de l'Empereur, quarante-huit heures seulement après la mort de ce dernier. Le processus de décomposition du corps ne pouvant à lui seul être tenu pour responsable de cet état en si peu de temps.

Supposition n'étant pas vérité, nous n'en abuserons pas.

A l'instar du masque "officiel" d'Antommarchi exposé aux Invalides, il s'en trouve un autre, qui fut exposé au public dans les années 60, au Royal United Service Museum de Londres (photo page suivante), avant d'être placé dans les réserves du musée. Curieusement, ce masque offre une troublante ressemblance avec une photographie du prince Jérôme Napoléon, frère de l'Empereur, prise à l'âge de soixante-dix ans. Appelé Death Mask of Napoleon, il est présenté avec la légende suivante : L'Empereur Napoleone à Saint-Hélena. Bien qu'étant son cadet de quinze années, le prince Napoléon en vieillissant, offrait à l'oeil des anciens compagnons de son impérial frère, une similitude des traits assez stupéfiante. Son fils, dit "Plon Plon", davantage encore selon les témoins.


Récemment, à l'occasion d'un voyage en Autriche, nous avons retrouvé un autre masque (photo page suivante). Il est visible au Rollettmuseum de Baden, non loin de Vienne. Il présente une particularité de taille : il est présenté comme étant l'unique masque ayant été réalisé du vivant de l'Empereur Napoléon et dont l'État autrichien peut rapporter la preuve. Déjà, en 1881, il était cité par Ristelhuber dans l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, puis au siècle dernier par le baron de Veauce.

Selon le conservateur du Rollettmuseum, ce masque fut adressé à l'Impératrice Marie-Louise par Napoléon, afin de le donner à son fils l'Aiglon retenu à la Cour d'Autriche depuis les événements de 1814 qui avaient vu l'abdication de Napoléon et sa reléguation à l'île d'Elbe. Marie-Louise n'en fit rien et préféra se débarrasser de cette précieuse relique en la confiant à son grand-chambellan, le baron de Werklein, avec la consigne que l'Aiglon n'en sache jamais rien.

A partir du 8 juillet 1830, Marie-Louise et sa suite vinrent séjourner à Baden. C'est à cette occasion, que l'un des enfants du baron étant souffrant, il fut fait appel au Dr Anton Rollet (1778-1842), médecin de cure des Habsbourg. En pénêtrant dans l'appartement, il vit les autres enfants du baron qui jouaient à tirer un objet de plâtre au bout d'une ficelle qu'il reconnut comme étant un masque. Il questionna alors le baron qui tout en grondant ses enfants, s'empressa de ramasser l'objet et en conta alors toute l'histoire. Or, il se trouvait que le Dr Anton Rollet avait hérité d'une importante collection de masques et de crânes en tous genres qui provenait du Dr François Joseph Gall (1758-1828), viennois et inventeur de la phrénologie, science qui prétendait révéler la nature des comportements humains par l'étude du crâne et qui tomba en désuétude au milieu du 19e siècle.
Le Dr Rollet invita le baron à lui confier ce masque, ce que le baron accepta de grand coeur. Il l'accepta d'autant mieux qu'il savait la venue à Baden, le lendemain, du duc de Reichstadt (fils de Napoléon) et qu'il était hors de question que ce dernier puisse être mis, même par imprudence, en face du masque représentant les traits de son père. Le Dr Rollet n'eut plus qu'à l'intégrer à son imposante collection que l'on peut encore admirer aujourd'hui.

Lorsque l'on sait l'amour que Napoléon portait à son fils et le prix qu'il attacha, une fois séparé de lui, à lui faire parvenir toutes sortes d'objets lui ayant appartenu, il nous paraît parfaitement réaliste qu'il ait voulu lui destiner sa véritable image à travers cette empreinte de plâtre. Cet envoi fut probablement fait lors de son séjour à l'île d'Elbe (1814-1815), époque à laquelle l'Empereur disposait encore d'une relative liberté d'action.

Fort de cette découverte, il devenait tentant de comparer ce masque réalisé du vivant de l'Empereur avec ceux évoqués ci-dessus. C'est ce que nous nous sommes employés à faire avec l'aide de procédés informatiques rigoureux et pourtant élémentaires.

Les résultats des travaux de la page suivante (photos et morphings) sont portés à votre connaissance sans intention malveillante. Seul compte leur intérêt pour la manifestation de la vérité. Je vous invite maintenant à en prendre connaissance.

Suite et fin de l'enquête : Cliquez ici


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