Grouchy
, dune vieille famille noble de Normandie, est officier
aux Gardes du corps, quand survient la Révolution. Il
adopte les idées nouvelles, côtoie des esprits brillants,
tels Beaumarchais, dAlembert, Turgot, Condorcet et Cabanis
ces deux derniers deviendront dailleurs ses beaux-frères
et reste dans les rangs de larmée.
En 1792, il est nommé
maréchal de camp et commande la cavalerie de lArmée
des Alpes. Il est envoyé en Vendée. Il doit quitter
larmée en 1793, suite au décret excluant
les nobles de lArmée. Il se réengage comme
simple soldat dans les gardes nationaux. Il est confirmé
le 11 juin 1795 comme général de division, grade
que lui avait conféré les commissaires aux armées
lannée précédente. Il est chef détat
major dans lArmée de lOuest. Il devient le
second de Hoche en Vendée.
Fin 1796, le Directoire le nomme commandant
en second de lArmée chargée dun débarquement
en Irlande. Mais il ne parvient pas à y prendre pied.
En 1798, il passe à lArmée dItalie
sous les ordres de Joubert. Il se distingue lors de la bataille
de Novi (15 août 1799) où, atteint de quatorze blessures,
il est finalement fait prisonnier.
A son retour en France,
il est passé dans lArmée de réserve.
Moreau demande que Grouchy lui soit affecté. A la tête
dune division de lArmée de Moreau, il joue
un rôle décisif à Hohenlinden (3 décembre
1800).
Général
commandant une division de cavalerie, il participe à la
campagne de Prusse de 1806 : il est le premier à entrer
dans Lübeck. A Eylau le 8 février 1807, sa charge
de cavalerie est héroïque. Quatre mois plus tard
à Friedland (14 juin 1807), il se distingue encore. Il
est envoyé en Espagne, nommé gouverneur de Madrid
et participe à la répression du 2 mai 1808. Chargé
du commandement de la cavalerie de lArmée dItalie,
il participe à la bataille de Raab (14 juin 1809) sous
le commandement du prince Eugène de Beauharnais. A Wagram
en 1809, sa division de dragons joue un rôle décisif.
A Borodino en 1812, son commandement du
IIIème corps de cavalerie est irréprochable. Il
est chargé de couvrir la retraite de la Grande Armée.
Quand à la fin de la campagne, il demande à passer
dans linfanterie, Napoléon refuse, désirant
conserver un si brillant cavalier. Mais Grouchy, blessé
dans son amour-propre, se retire. Il reste néanmoins fidèle
et propose ses services pour la campagne de France, en 1814.
Il est nommé à la tête de forces de cavalerie
et se distingue à Vauchamps.
Napoléon le nomme
maréchal, mais il nobtiendra son brevet que lors
des Cent-Jours. Présent à Ligny (16 juin 1815),
Grouchy commande la cavalerie française. Le 17 juin, Napoléon
lui donne lordre de poursuivre Blücher à la
tête de deux corps dinfanterie et de deux corps de
cavalerie pour empêcher la jonction avec Wellington. Le
Prussien masque le mouvement de ses troupes en laissant une arrière-garde
en rideau. Le 18 juin, Grouchy, sur la route de Wavres, entend
le bruit des canons de la bataille de Mont-Saint-Jean. Il ne
se détourne pas. Il na reçu aucun ordre en
ce sens.
A la seconde Restauration,
Grouchy se réfugie en Amérique. Il rentre en France
en 1821, quand Louis XVIII le rétablit dans ses titres,
à lexception du titre de maréchal. Sous la
Monarchie de Juillet, Louis-Philippe lui rend ce titre et le
nomme Pair de France. Il meurt en 1847.