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 e 190ème anniversaire du débarquement
de l'Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815), a attiré
une foule nombreuse, venue revivre le plus incroyable épisode
de l'épopée impériale: "Le vol de
l'Aigle".
En avril 1814, Napoléon abdique le pouvoir par le traité
de Fontainebleau et doit se retirer à l'Île d'Elbe
dont il devient le nouveau souverain par la grâce des Alliés,
ses vainqueurs, et du nouveau roi de France, Louis XVIII.
Dès l'automne suivant, réunis en congrès
à Vienne (Autriche), les Alliés, regrettant leur
mansuétude, projettent de le faire enlever et de le déporter
loin d'Europe où sa présence inquiète toujours.
Déjà, l'île de Sainte-Hélène
est évoquée... Informé de ce projet ignoble
qui bafouait les traités, Napoléon décide
de rentrer en France et débarque, à la surprise
générale, au golfe Jouan, le 1er mars 1815. En
vingt jours, rien, ni personne, ne peut empêcher l'Empereur
de traverser la France et de remonter sur son trône, malgré
les armées lancées pour sa capture. Aucun coup
de feu n'est tiré. Aucune goutte de sang n'est versée.
A défaut de capture, les anciens grognards composant l'armée
royale se rallient à l'Empereur ! Dans Mémoires
d'un touriste, Stendhal qualifie cet épisode d'entreprise
la plus romanesque et la plus belle des temps modernes.
La municipalité de Vallauris-Golfe-Juan et l'Office du
Tourisme perpétuent l'événement chaque année,
depuis maintenant 10 ans, avec le même bonheur. Chaque
premier week-end de mars, l'Empire renaît et élit
domicile à Golfe-Juan !
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Sur la plage du Soleil, de nombreuses
tentes en toile blanche formaient un bivouac reconstitué
à l'authentique, abritant les troupes françaises
et étrangères. Durant deux nuits, la température
est descendue jusqu'à -3°. Véritables nuits
d'été comparées à celles de la Campagne
de Russie, en 1812 !
Tandis qu'il neigeait sur la majeure partie de la France, le
ciel de Golfe-Juan fut le plus souvent ensoleillé, avec
toutefois une averse de neige fondue, voire de grêle, en
fin d'après-midi de samedi, alors que les troupes défilaient
aux flambeaux dans les rues de la ville et un fâcheux assombrissement
du ciel, accompagné d'un vent frais, lors de la reconstitution
du débarquement de l'Empereur, le dimanche après-midi.
Vraiment pas de quoi décourager nos grognards, ni l'Empereur,
ni même les spectateurs. |
Une cinquantaine d'exposants et associations
étaient regroupés sous tentes sur le parking du
Vieux Port, formant le "village napoléonien".
Citons entre autres, les délégations du Souvenir
Napoléonien des Alpes-Martimes (Maître Marie France
Pisella) et de Provence (Dr Jean-Baptiste Renucci), l'A.N.E.R.N
(Association Nationale des Elus de la Route Napoléon),
l'Association Française Napoléonienne, l'Association
des Amis du Musée Napoléonien de La Havane (Cuba),
l'Association Les Vosges Napoléoniennes, les Editions
Napoléon (Guy Lecomte), les Editions Arcades (Franck Ricordel),
la librairie Napoléon à Corps (livres anciens),
Est'Capade (Relations culturelles et touristiques), etc.
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Les amateurs de gravures ou encore de
figurines Empire trouvaient leur bonheur sur d'autres stands
bien achalandés. Les vieux métiers d'autrefois
ont suscité un véritable engouement auprès
des plus jeunes, avec la présence d'un cardeur de laine,
un tailleur de pierre, d'un forgeron et d'un potier. Au stand
de Madame Camille Feldman, on pouvait battre monnaie sur une
véritable presse au balancier et repartir avec une superbe
pièce frappée de l'Aigle Impérial et millésimée
Golfe-Juan 2005. Sur une scène dressée en plein
air, les comédiens de France Comedy offrirent au public de larges
extraits de "Défiance et Malice", pièce
de Michel Dieulafoy, créée en 1801 à la
Comédie Française et jouée dans les salons
de Joséphine de Beauharnais. A l'issue de la représentation,
Corinne Boujasson et sa troupe furent chaleureusement applaudies. |
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Du théâtre à la danse,
le pas fut franchi par les "Danses Impériales d'Ajaccio" qui
ouvrirent en soirée, le bal des grenadiers sous la tente
impériale. (En décembre dernier, à Ajaccio,
cette troupe composée d'amateurs, rendit un fort bel hommage
à Napoléon en reconstituant la cérémonie du Sacre du 2 décembre
1804, en plein air et devant un large public.). Ce bal fut encore
réhaussé par les prestations musicales de la prestigieuse
Tête de Colonne du Premier Régiment de Grenadiers
à pied de la Garde Impériale de Dijon, constituéé
d'une soixantaine de musiciens. |
Sur la plage du Soleil, les chasseurs
à cheval du Xe escadron ont offert au public une séance
d'entraînement de maniement de sabre, commentée
par M. Alain Pigeard, historien et conférencier, auteur
de nombreux ouvrages sur l'épopée impériale.
Appelée "Course de Têtes", cet entraînement
consiste pour le cavalier, à charger au triple galop,
d'innocents choux placés en haut de piques plantées
dans le sol et à les sabrer. Ainsi s'entraînaient
autrefois nos cavaliers d'élite, avant les combats.
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Après cette prestation d'adresse,
infanterie et artillerie vinrent occuper la plage afin de se
livrer à un simulacre de bataille. Charges et tirs de
canons donnèrent un aperçu de ce que furent les
guerres napoléoniennes. Dès qu'un homme tombait,
le Service de Santé de la Grande Armée se précipitait
pour soustraire le malheureux blessé aux combats et le
ramenait vers l'arrière pour lui prodiguer les soins nécessaires
à son état. |
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Dimanche après-midi, vint la reconstitution
du débarquement de l'Empereur (incarné par le comédien
Pierre Martinez.). Mer calme. Au mouillage, le brick l'Inconstant,
battant pavillon de l'Île d'Elbe. A son bord, l'Empereur,
accompagné des généraux Bertrand, Cambronne
et Drouot. On amène le pavillon blanc et rouge aux trois
abeilles et on hisse le drapeau tricolore. L'Empereur ôte
la cocarde elboise de son chapeau et la remplace par la cocarde
Bleue, Blanc, Rouge... Une chaloupe est mise à la mer.
Y descendent les trois généraux qui foulent le
sol français les premiers. La chaloupe s'en retourne vers
le brick. L'Empereur quitte l'Inconstant et se tient debout
sur la frêle embarcation. |
Sur la plage, un pêcheur reconnaît
la célèbre silhouette. Il s'agit de Pierre Moulac,
un ancien marin de la Garde. Sans hésiter, il s'avance
dans l'eau froide pour aider au guidage de la chaloupe. Le 1er
mars 1815, en l'apercevant, Napoléon lâcha: "La
mer nous vomit des héros !"
Enfin, Napoléon pose le pied sur la plage de Golfe-Juan
et salue le public qui l'acclamme aux cris de "Vive l'Empereur
!" Il passe alors en revue toutes les troupes avant
de prononcer sa célèbre proclamation. Puis, vient
l'heure du départ. Par où passer pour rejoindre
Paris au plus vite ? La Provence ? Jugeant sa population trop
royaliste, l'Empereur opte pour les Alpes. Il monte alors son
cheval "Tauris", acheté en 1809 en Russie et
part en direction de Cannes.
Bientôt,
il sera à Digne, puis Sisteron, Gap et Grenoble. Il atteindra
Paris, le 20 mars, jour anniversaire de son fils qu'il n'a pas
revu depuis février 1814. Mais le petit Roi de Rome n'est
plus à Paris. Il se trouve à Vienne (Autriche).
Napoléon ne le reverra plus. Commencent alors, les Cent-Jours...
A. Martin - mars 2005
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ou revivez par l'image ce week-end Impérial:
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La manifestation évoquée en Russie
Extrait
sonore de la Proclamation - archives
Proclamation de S. M. l'Empereur
à l'Armée au Golfe-Juan, le 1 er mars 1815
SOLDATS !
NOUS
n'avons pas été vaincus: deux hommes sortis de
nos rangs ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur
bienfaiteur !
CEUX que nous avons vus, pendant vingt-cinq ans, parcourir
toute l'Europe pour nous susciter des ennemis, qui ont passé
leur vie à combattre contre nous dans les rangs des armées
étrangères, en maudissant notre belle France, prétendraient-ils
commander et enchaîner nos aigles, eux qui n'ont jamais
pu en soutenir les regards! souffrirons-nous qu'ils héritent
du fruit de nos glorieux travaux, qu'ils s'emparent de nos honneurs,
de nos biens, qu'ils calomnient notre gloire ? Si leur règne
durait, tout serait perdu, même le souvenir de ces immortelles
journées! Avec quel acharnement ils les dénaturent!
Et s'il reste encore des défenseurs de notre gloire, c'est
parmi ces mêmes ennemis que nous avons combattus sur le
champ de bataille !
SOLDATS ! dans mon exil j'ai entendu votre voix ! je suis
arrivé à travers tous les obstacles et tous les
périls ! votre général appelé au
trône par le choix du peuple, et élevé sur
le pavois, vous est rendu, venez le rejoindre !
ARRACHEZ, ces couleurs que la nation a proscrites, et
qui pendant vingt-cinq ans servirent de ralliement à tous
les ennemis de la France ! Arborez cette cocarde tricolore !
vous la portiez dans nos grandes journées.
NOUS devons oublier que nous avons été les
maîtres des nations ! mais nous ne devons point souffrir
qu'aucune se mêle de nos affaires !
QUI prétendrait être le maître chez
nous ? Qui en aurait le pouvoir ? Reprenez ces aigles que vous
aviez à Ulm, à Austerlitz, à Iena, à
Friedland, à Tuledan, à Eckmühl, à
Essling, à Wagram, à Smolensk, à la Moskowa,
à Lutzen, à Wurchen et à Montmirail. Pensez-vous
que cette poignée de Français si arrogants puisse
en soutenir la vue ?
Ils retourneront d'où ils viennent, et là, s'ils
le veulent, ils régneront comme ils prétendent
avoir régné pendant dix-neuf ans.
VOS BIENS, vos rangs, votre gloire, les biens, les rangs
et la gloire de vos enfants, n'ont pas de plus grands ennemis
que ces princes que les étrangers nous ont imposés.
Ils sont les ennemis de notre gloire, puisque le récit
de tant d'actions héroïques qui ont illustré
le peuple français, combattant contre eux pour se soustraire
à leur joug, est leur condamnation.
LES VÉTÉRANS de sambre-et-Meuse, du Rhin,
d'Italie, d'Egypte, de l'Ouest, de la Grande Armée sont
humiliés. Leurs honorables cicatrices sont flétries.
Leurs succès seraient des crimes: ces braves seraient
des rebelles si, comme le prétendent les ennemis du peuple,
des souverains légitimes étaient au milieu des
armées étrangères.
LES HONNEURS, les récompenses, les affections sont
pour ceux qui les ont servis contre la patrie et nous.
SOLDATS, venez vous ranger sous les drapeaux de votre
chef; son existence ne se compose que de la vôtre; ses
droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt,
son honneur, sa gloire, ne sont autres que votre intérêt,
votre honneur et votre gloire. La victoire marchera aux pas
de charge; l'aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher
en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame ; alors vous pourrez
montrer avec honneur vos cicatrices; alors vous pourrez vous
vanter de ce que vous aurez fait: vous serez les libérateurs
de la patrie.
DANS votre vieillesse, entourés et considérés
de vos concitoyens qui vous entendront avec le respect raconter
vos hauts faits, vous pourrez dire avec orgueil: Et moi aussi
je faisais partie de cette Grande Armée qui est entrée
deux fois dans les murs de Vienne, dans ceux de Rome, de Berlin,
de Madrid, de Moscou; qui a délivré Paris de la
souillure que la trahison et la présence de l'ennemi y
ont empreints.
HONNEUR à ces braves soldats, la gloire de la patrie
! Et honte éternelle aux Français criminels, dans
quelque rang que la fortune les ait fait naître, qui combattirent
vingt-cinq ans avec l'étranger pour déchirer le
sein de la patrie.
Napoléon,
Empereur des Français,
Golfe-Juan, le 1er mars 1815
.
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A lire sur ce site:
La Route Napoléon insolite
Une évocation
du Retour de l'Empereur, de Golfe-Juan à Grenoble
par Jacques L'Azou
Remerciement
particuliers à:
Corinne,
Laurence, Marie-Jo de l'Office de Tourisme, et tous les bénévoles...
A Roger Roméro qui a supervisé la manifestation.
A Alain Pigeard, historien et conférencier.
Au Xe Escadron de Chasseurs à cheval de la Garde.
A l'association "Régiments du passé",
représentant la Légion Irlandaise.
A l'association Jean-Roch Coignet d'Auxerre : 1er grenadiers
à pied, 1er bataillon.
A l'association "Les grenadiers d'Ile de France : 1er grenadiers
à pied, 2ème bataillon.
A lartillerie de la Garde. Groupe Jean-Claude Perrin.
Au service de santé de la Grande Armée.
Au 2e régiment dartillerie (batterie Napoléon),
(Italie).
A lartillerie Autrichienne (Tchéquie et Autriche).
Aux Hussards Hongrois du Régiment Guylai (Tchéquie).
A la Tête de Colonne
du Premier Régiment de Grenadiers à pied de la
Garde Impériale de Dijon.
Au service de sécurité.
Pardon et merci à ceux qui auraient pu être oubliés.
Ils ont un
site internet
Rendez-leur
visite
La ville de Vallauris-Golfe-Juan
Napoléon à Golfe-Juan (Office de
tourisme de Vallauris Golfe-Juan)
La Garde Impériale - Grenadiers à
pied
Les Grenadiers d'Île-de-France
Librairie Napoléon à Corps
Le Souvenir Napoléonien
Les Vosges Napoléoniennes
Les Editions Napoléon
France Comedy
Les Danses Impériales d'Ajaccio
Le Xe Escadron de Chasseurs à cheval de
la Garde
Musique de la Garde Impériale de Dijon
La création d'un obusier 6 pouces par Jean-Claude
Perrin
Robert Seniso - Ordres de chevalerie et décorations
Le Service de Santé de la Grande Armée
Le Cent Garde - Curiosités militaires
Harristone - Blasons et écussons sculptés
Association des Amis du Musée Napoléonien
de La Havane (Cuba) - Interview d´Alain Nonn
Le Musée d'Arenenberg (Suisse)
Vertige
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