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Golfe-Juan, 5 et 6 mars 2005

190ème anniversaire du débarquement de l'Empereur


e 190ème anniversaire du débarquement de l'Empereur à Golfe-Juan (1er mars 1815), a attiré une foule nombreuse, venue revivre le plus incroyable épisode de l'épopée impériale: "Le vol de l'Aigle".

En avril 1814, Napoléon abdique le pouvoir par le traité de Fontainebleau et doit se retirer à l'Île d'Elbe dont il devient le nouveau souverain par la grâce des Alliés, ses vainqueurs, et du nouveau roi de France, Louis XVIII.

Dès l'automne suivant, réunis en congrès à Vienne (Autriche), les Alliés, regrettant leur mansuétude, projettent de le faire enlever et de le déporter loin d'Europe où sa présence inquiète toujours. Déjà, l'île de Sainte-Hélène est évoquée... Informé de ce projet ignoble qui bafouait les traités, Napoléon décide de rentrer en France et débarque, à la surprise générale, au golfe Jouan, le 1er mars 1815. En vingt jours, rien, ni personne, ne peut empêcher l'Empereur de traverser la France et de remonter sur son trône, malgré les armées lancées pour sa capture. Aucun coup de feu n'est tiré. Aucune goutte de sang n'est versée. A défaut de capture, les anciens grognards composant l'armée royale se rallient à l'Empereur ! Dans Mémoires d'un touriste, Stendhal qualifie cet épisode d'entreprise la plus romanesque et la plus belle des temps modernes.

La municipalité de Vallauris-Golfe-Juan et l'Office du Tourisme perpétuent l'événement chaque année, depuis maintenant 10 ans, avec le même bonheur. Chaque premier week-end de mars, l'Empire renaît et élit domicile à Golfe-Juan !

Bivouac sur la Plage du Soleil.

Sur la plage du Soleil, de nombreuses tentes en toile blanche formaient un bivouac reconstitué à l'authentique, abritant les troupes françaises et étrangères. Durant deux nuits, la température est descendue jusqu'à -3°. Véritables nuits d'été comparées à celles de la Campagne de Russie, en 1812 !
Tandis qu'il neigeait sur la majeure partie de la France, le ciel de Golfe-Juan fut le plus souvent ensoleillé, avec toutefois une averse de neige fondue, voire de grêle, en fin d'après-midi de samedi, alors que les troupes défilaient aux flambeaux dans les rues de la ville et un fâcheux assombrissement du ciel, accompagné d'un vent frais, lors de la reconstitution du débarquement de l'Empereur, le dimanche après-midi. Vraiment pas de quoi décourager nos grognards, ni l'Empereur, ni même les spectateurs.

Une cinquantaine d'exposants et associations étaient regroupés sous tentes sur le parking du Vieux Port, formant le "village napoléonien". Citons entre autres, les délégations du Souvenir Napoléonien des Alpes-Martimes (Maître Marie France Pisella) et de Provence (Dr Jean-Baptiste Renucci), l'A.N.E.R.N (Association Nationale des Elus de la Route Napoléon), l'Association Française Napoléonienne, l'Association des Amis du Musée Napoléonien de La Havane (Cuba), l'Association Les Vosges Napoléoniennes, les Editions Napoléon (Guy Lecomte), les Editions Arcades (Franck Ricordel), la librairie Napoléon à Corps (livres anciens), Est'Capade (Relations culturelles et touristiques), etc.

Théâtre au village napoléonien.

Les amateurs de gravures ou encore de figurines Empire trouvaient leur bonheur sur d'autres stands bien achalandés. Les vieux métiers d'autrefois ont suscité un véritable engouement auprès des plus jeunes, avec la présence d'un cardeur de laine, un tailleur de pierre, d'un forgeron et d'un potier. Au stand de Madame Camille Feldman, on pouvait battre monnaie sur une véritable presse au balancier et repartir avec une superbe pièce frappée de l'Aigle Impérial et millésimée Golfe-Juan 2005. Sur une scène dressée en plein air, les comédiens de France Comedy offrirent au public de larges extraits de "Défiance et Malice", pièce de Michel Dieulafoy, créée en 1801 à la Comédie Française et jouée dans les salons de Joséphine de Beauharnais. A l'issue de la représentation, Corinne Boujasson et sa troupe furent chaleureusement applaudies.

Les Danses Impériales d'Ajaccio.

Du théâtre à la danse, le pas fut franchi par les "Danses Impériales d'Ajaccio" qui ouvrirent en soirée, le bal des grenadiers sous la tente impériale. (En décembre dernier, à Ajaccio, cette troupe composée d'amateurs, rendit un fort bel hommage à Napoléon en reconstituant la cérémonie du Sacre du 2 décembre 1804, en plein air et devant un large public.). Ce bal fut encore réhaussé par les prestations musicales de la prestigieuse Tête de Colonne du Premier Régiment de Grenadiers à pied de la Garde Impériale de Dijon, constituéé d'une soixantaine de musiciens.

Sur la plage du Soleil, les chasseurs à cheval du Xe escadron ont offert au public une séance d'entraînement de maniement de sabre, commentée par M. Alain Pigeard, historien et conférencier, auteur de nombreux ouvrages sur l'épopée impériale. Appelée "Course de Têtes", cet entraînement consiste pour le cavalier, à charger au triple galop, d'innocents choux placés en haut de piques plantées dans le sol et à les sabrer. Ainsi s'entraînaient autrefois nos cavaliers d'élite, avant les combats.

Simulacre de bataille.

Après cette prestation d'adresse, infanterie et artillerie vinrent occuper la plage afin de se livrer à un simulacre de bataille. Charges et tirs de canons donnèrent un aperçu de ce que furent les guerres napoléoniennes. Dès qu'un homme tombait, le Service de Santé de la Grande Armée se précipitait pour soustraire le malheureux blessé aux combats et le ramenait vers l'arrière pour lui prodiguer les soins nécessaires à son état.

Débarquement de l'Empereur.

Dimanche après-midi, vint la reconstitution du débarquement de l'Empereur (incarné par le comédien Pierre Martinez.). Mer calme. Au mouillage, le brick l'Inconstant, battant pavillon de l'Île d'Elbe. A son bord, l'Empereur, accompagné des généraux Bertrand, Cambronne et Drouot. On amène le pavillon blanc et rouge aux trois abeilles et on hisse le drapeau tricolore. L'Empereur ôte la cocarde elboise de son chapeau et la remplace par la cocarde Bleue, Blanc, Rouge... Une chaloupe est mise à la mer. Y descendent les trois généraux qui foulent le sol français les premiers. La chaloupe s'en retourne vers le brick. L'Empereur quitte l'Inconstant et se tient debout sur la frêle embarcation.

Sur la plage, un pêcheur reconnaît la célèbre silhouette. Il s'agit de Pierre Moulac, un ancien marin de la Garde. Sans hésiter, il s'avance dans l'eau froide pour aider au guidage de la chaloupe. Le 1er mars 1815, en l'apercevant, Napoléon lâcha: "La mer nous vomit des héros !"

Enfin, Napoléon pose le pied sur la plage de Golfe-Juan et salue le public qui l'acclamme aux cris de "Vive l'Empereur !" Il passe alors en revue toutes les troupes avant de prononcer sa célèbre proclamation. Puis, vient l'heure du départ. Par où passer pour rejoindre Paris au plus vite ? La Provence ? Jugeant sa population trop royaliste, l'Empereur opte pour les Alpes. Il monte alors son cheval "Tauris", acheté en 1809 en Russie et part en direction de Cannes.

Bientôt, il sera à Digne, puis Sisteron, Gap et Grenoble. Il atteindra Paris, le 20 mars, jour anniversaire de son fils qu'il n'a pas revu depuis février 1814. Mais le petit Roi de Rome n'est plus à Paris. Il se trouve à Vienne (Autriche). Napoléon ne le reverra plus. Commencent alors, les Cent-Jours...

A. Martin - mars 2005

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Au bivouac (diaporama)

Le village napoléonien (diaporama)
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La manifestation évoquée en Russie

 



Extrait sonore de la Proclamation - archives


Proclamation de S. M. l'Empereur
à l'Armée au Golfe-Juan, le 1 er mars 1815

SOLDATS !

NOUS
n'avons pas été vaincus: deux hommes sortis de nos rangs ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur bienfaiteur !

CEUX que nous avons vus, pendant vingt-cinq ans, parcourir toute l'Europe pour nous susciter des ennemis, qui ont passé leur vie à combattre contre nous dans les rangs des armées étrangères, en maudissant notre belle France, prétendraient-ils commander et enchaîner nos aigles, eux qui n'ont jamais pu en soutenir les regards! souffrirons-nous qu'ils héritent du fruit de nos glorieux travaux, qu'ils s'emparent de nos honneurs, de nos biens, qu'ils calomnient notre gloire ? Si leur règne durait, tout serait perdu, même le souvenir de ces immortelles journées! Avec quel acharnement ils les dénaturent! Et s'il reste encore des défenseurs de notre gloire, c'est parmi ces mêmes ennemis que nous avons combattus sur le champ de bataille !

SOLDATS ! dans mon exil j'ai entendu votre voix ! je suis arrivé à travers tous les obstacles et tous les périls ! votre général appelé au trône par le choix du peuple, et élevé sur le pavois, vous est rendu, venez le rejoindre !

ARRACHEZ, ces couleurs que la nation a proscrites, et qui pendant vingt-cinq ans servirent de ralliement à tous les ennemis de la France ! Arborez cette cocarde tricolore ! vous la portiez dans nos grandes journées.

NOUS devons oublier que nous avons été les maîtres des nations ! mais nous ne devons point souffrir qu'aucune se mêle de nos affaires !

QUI prétendrait être le maître chez nous ? Qui en aurait le pouvoir ? Reprenez ces aigles que vous aviez à Ulm, à Austerlitz, à Iena, à Friedland, à Tuledan, à Eckmühl, à Essling, à Wagram, à Smolensk, à la Moskowa, à Lutzen, à Wurchen et à Montmirail. Pensez-vous que cette poignée de Français si arrogants puisse en soutenir la vue ?
Ils retourneront d'où ils viennent, et là, s'ils le veulent, ils régneront comme ils prétendent avoir régné pendant dix-neuf ans.

VOS BIENS, vos rangs, votre gloire, les biens, les rangs et la gloire de vos enfants, n'ont pas de plus grands ennemis que ces princes que les étrangers nous ont imposés. Ils sont les ennemis de notre gloire, puisque le récit de tant d'actions héroïques qui ont illustré le peuple français, combattant contre eux pour se soustraire à leur joug, est leur condamnation.

LES VÉTÉRANS de sambre-et-Meuse, du Rhin, d'Italie, d'Egypte, de l'Ouest, de la Grande Armée sont humiliés. Leurs honorables cicatrices sont flétries. Leurs succès seraient des crimes: ces braves seraient des rebelles si, comme le prétendent les ennemis du peuple, des souverains légitimes étaient au milieu des armées étrangères.

LES HONNEURS, les récompenses, les affections sont pour ceux qui les ont servis contre la patrie et nous.

SOLDATS, venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef; son existence ne se compose que de la vôtre; ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, son honneur, sa gloire, ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera aux pas de charge; l'aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame ; alors vous pourrez montrer avec honneur vos cicatrices; alors vous pourrez vous vanter de ce que vous aurez fait: vous serez les libérateurs de la patrie.

DANS votre vieillesse, entourés et considérés de vos concitoyens qui vous entendront avec le respect raconter vos hauts faits, vous pourrez dire avec orgueil: Et moi aussi je faisais partie de cette Grande Armée qui est entrée deux fois dans les murs de Vienne, dans ceux de Rome, de Berlin, de Madrid, de Moscou; qui a délivré Paris de la souillure que la trahison et la présence de l'ennemi y ont empreints.

HONNEUR à ces braves soldats, la gloire de la patrie ! Et honte éternelle aux Français criminels, dans quelque rang que la fortune les ait fait naître, qui combattirent vingt-cinq ans avec l'étranger pour déchirer le sein de la patrie.

Napoléon,
Empereur des Français,
Golfe-Juan, le 1er mars 1815


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A lire sur ce site: La Route Napoléon insolite
Une évocation du Retour de l'Empereur, de Golfe-Juan à Grenoble
par Jacques L'Azou


Remerciement particuliers à:
Corinne, Laurence, Marie-Jo de l'Office de Tourisme, et tous les bénévoles...
A Roger Roméro qui a supervisé la manifestation.
A Alain Pigeard, historien et conférencier.
Au Xe Escadron de Chasseurs à cheval de la Garde.
A l'association "Régiments du passé", représentant la Légion Irlandaise.
A l'association Jean-Roch Coignet d'Auxerre : 1er grenadiers à pied, 1er bataillon.
A l'association "Les grenadiers d'Ile de France : 1er grenadiers à pied, 2ème bataillon.
A l’artillerie de la Garde. Groupe Jean-Claude Perrin.
Au service de santé de la Grande Armée.
Au 2e régiment d’artillerie (batterie Napoléon), (Italie).
A l’artillerie Autrichienne (Tchéquie et Autriche).
Aux Hussards Hongrois du Régiment Guylai (Tchéquie).
A la
Tête de Colonne du Premier Régiment de Grenadiers à pied de la Garde Impériale de Dijon.
Au service de sécurité.
Pardon et merci à ceux qui auraient pu être oubliés.



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