Hit-Parade
 

www.napoleon1er.com
 
Page d'accueil - Cliquez !
Vers la page d'accueil.
Forum Chat Livre d'or Ecrire Liens
Nouveau ! Vendez, achetez, échangez, gratuitement !








Texte de Pierre Jean de Béranger (1)
1780 - 1857

Peintre parmi les préférés de l'Empereur Napoléon, Jacques-Louis David (1748-1825) s'exila à Bruxelles en 1816 au début de la Restauration. Louis XVIII lui reprochait d'être régicide et d'avoir adopté l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire au retour de l'Empereur de l'île d'Elbe. A sa mort, en 1825, ses enfants se virent refuser l'autorisation de rapporter sa dépouille en France et furent contraints de le faire inhumer dans une église de Bruxelles avec l'accord du roi des Pays-Bas. Béranger indigné, trouvait là, l'occasion de rendre hommage au talentueux artiste que le roi Louis XVIII méprisait.

Le convoi de David
Air de Roland (Musique de Méhul).

1
 Non, non, vous ne passerez pas,
Crie un soldat sur la frontière
A ceux qui de David, hélas !
Rapportaient chez nous la poussière.
Soldat, disent-ils dans leur deuil,
Proscrit-on aussi sa mémoire ?
Quoi ! vous repoussez son cercueil,
Et vous héritez de sa gloire !

Choeur
Fût-il privé de ses biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !

 2
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat avec furie.
-Soldat, ses yeux jusqu'au trépas
Se sont tournés vers la patrie.
Il en soutenait la splendeur
Du fond d'un exil qui l'honore ;
C'est par lui que notre grandeur
Sur la toile respire encore.

Choeur
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !
3 
Non, non, vous ne passerez pas,
Redit plus bas la sentinelle.
-Le peintre de Léonidas
Dans la liberté n'a vu qu'elle.
On lui dut le noble appareil (1)
Des jours de joie et d'espérance,
Où les beaux-arts, à leur réveil,
Fêtaient le réveil de la France.

Choeur
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !
 4
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat; c'est ma consigne.
-Du plus grand de tous les soldats
Il fut le peintre le plus digne.
A l'aspect de l'aigle si fier,
Plein d'Homère et l'air exaltée,
David crut peindre Jupiter ;
Hélas! il peignait Prométhée.

Choeur
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !
 5
Non, non, vous ne passerez pas,
Dit le soldat, devenu triste.
- Le héros après cent combats,
Succombe, et l'on proscrit l'artiste
Chez l'étranger la mort l'atteint :
Qu'il dut trouver sa coupe amère !
Aux cendres d'un génie éteint,
France, tends les bras d'une mère.

Choeur
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !


 6
Non. non, vous ne passerez pas,
Dit la sentinelle attendrie.
-Eh bien ! retournons sur nos pas.
Adieu, terre qu'il a chérie !
Les arts ont perdu le flambeau
Pour les restes de ce grand homme.

Choeur
Fût-il privé de tous les biens,
Eût-il à trembler sous un maître,
Heureux qui meurt parmi les siens
Aux bords sacrés qui l'ont vu naître !

Voir la partition

 Les Souvenirs du Peuple  Les deux grenadiers
 Le vieux drapeau  La vivandière
 Le cinq mai  Les deux cousins

 Le convoi de David

 Waterloo



1) Extrait des Oeuvres Complètes de P. J de Béranger - 1850 - pp 212, 213 - Librairie Encyclopédique de Périchon - Bruxelles

page d'accueil

 RETOUR

© 1998 - 2008 www.napoleon1er.com Tous droits réservés