Les écuries impériales renfermaient des chevaux de diverses
couleurs, mais dit M. Saze-Sencier, c'était parmi les
chevaux gris qu'étaient presque toujours choisis ceux
que Napoléon devait monter.
Parmi ceux-ci il convient de citer : le Ramier, gris truité,
réformé le 2 avril 1807 ; - le Sélim, gris
sale, donné à l'Empereur de Russie en 1807 ; -
l'Aly, gris fer, passé à l'école d'Alfort
en 1812 ; - le César, gris sale, mort le 23 octobre 1808
; - le Diomède, gris pâle, mort le 10 mai 1808 ;
- le Gracieux, gris-pommelé, parti dans la retraite du
18 au 19 juin 1815 ; - le Robuste, gris étourneau, réformé
le 13 avril 1815 ; - le Jaspé, gris vineux, mort au retour
de Moscou le 19 décembre 1812 ; - la Cléopâtre,
gris cendré, morte le 12 mai 1806 ; - le Grisou, gris
pommelé, passé au service de Mme la duchesse d'Angoulême
le 15 novembre 1814 ; - le Suez, gris cendré, réformé
le 14 avril 1815 ; - la Baladière, gris souris, réformée
le 18 août 1811. - Citons encore : le Duc, l'Emule, l'Endurant,
la Styrie, l'Edile, l'Effendi, l'Etrangère, le Frère,
le Iéna, le Guza, le Gesner, le Georgien, l'Hector, la
Judith, la Louvette, le Vizir, le Triomphant, le Distingué,
le Familier, etc. (Archives nationales.)
LE VIZIR
Cheval
arabe (naturalisé) ayant appartenu à Napoléon
1er
Musée de l'Armée
Offert à Napoléon en 1804 par le
sultan de Turquie, ce cheval suivra l'Empereur dans son exil
à Sainte-Hélène en 1815. De retour en Angleterre
après la mort de Napoléon, il sera ramené
en France où il s'éteindra en 1826.
Mémoires
de Louis-Constant Wairy
dit
Constant
1778 - 1845
1er valet
de chambre de l'Empereur
"L'Empereur montait à cheval sans
grâce et je crois qu'il n'y aurait pas toujours été
très solide si l'on n'avait mis tant de soin à
ne lui donner que des chevaux parfaitement dressés. Il
n'était pas sur ce point de précautions que l'on
ne prît. Les chevaux destinés au service personnel
de l'Empereur passaient par un rude noviciat avant d'arriver
jusqu'à l'honneur de le porter. On les accoutumait à
souffrir, sans faire le moindre mouvement, des tourments de toute
espèce, des coups de fouet sur la tête et sur les
oreilles, on battait le tambour, on leur tirait aux oreilles
des coups de pistolet, et des boîtes d'artifice; on agitait
des drapeaux devant leurs yeux ; on leur jetait dans les jambes
de lourds paquets, quelquefois même des moutons et des
cochons. Il fallait qu'au milieu du galop le plus rapide, (l'Empereur
n'aimait que cette allure) il pût arrêter son cheval
tout court. Il ne lui fallait enfin que des chevaux brisés.
M. Jardin père écuyer de Sa Majesté, s'acquittait
de sa pénible tâche avec beaucoup d'adresse et d'habileté
; aussi l'Empereur en faisait-il le plus grand cas.
Sa Majesté tenait beaucoup à ce que ses chevaux
fussent très beaux, et dans les dernières années
de son règne Elle ne montait que des chevaux arabes. Il
y eut quelques-uns de ces nobles animaux que l'Empereur affectionna,
entre autres la Styrie, qu'il montait au Saint-Bernard et à
Marengo.
Après cette dernière campagne il voulut que son
favori finit sa vie dans le luxe du repos. Marengo et le grand
Saint-Bernard étaient déjà une carrière
assez bien remplie. L'Empereur eut aussi pendant quelques années
un cheval arabe d'un rare instinct qui lui plaisait beaucoup.
Tout le temps qu'il attendait son cavalier il eût été
difficile de lui découvrir la moindre grâce ; mais
dès qu'il entendait les tambours battre aux champs, ce
qui annonçait la présence de Sa Majesté,
il se redressait avec fierté, agitait sa tête en
tous sens, battait du pied la terre, et jusqu'au moment où
l'Empereur en descendait, son cheval était le plus beau
qu'on eût pu voir.
Sa Majesté faisait cas des bons écuyers ; aussi
rien n'était négligé pour que ses pages
reçûssent sous ce rapport l'éducation la
plus soignée. Outre qu'on les instruisait à monter
solidement et avec grâce, ils pratiquaient encore des exercices
de voltige dont il semblerait qu'on dût avoir besoin seulement
au Cirque Olympique. C'était même un écuyer
de MM. Franconi (1) qui était chargé de cette partie
de l'éducation des pages."
1) MM. Franconi
dirigeait alors le Cirque Olympique de Paris.
NICKEL
par
Dom Pierre
Le sultan que Napoléon aurait
bien voulu voir entrer en guerre contre la Russie, offrit en
1805 à Napoléon, un cheval qui se nommait Nickel.
Un pur sang arabe à robe grise métallique.
En 1806, après la bataille de Iéna, Napoléon
assiste au grand défilé de ses troupes après
avoir lui-même salué la statue de Frédéric
le Grand. Monté sur Nickel, il fait le tour de la statue
en ôtant son chapeau. Les allemands apprécient.
Retourné sur son dais, sis devant la porte de Brandebourg,
il assiste donc au reste du défilé extrêmement
long. Son ulcère le travaille et il réclame a manger.
Un officier allemand Marschner, né à Dresde en
1773, des hussards noirs de la reine de Prusse, lui porte en
s'inclinant un morceau de pain, vernissé à croûte
dure et parfumé violemment avec du cumin et autre condiment.
Ayant vécu en allemagne, je peux vous dire que c'est assez
particulier. Napoléon le goûte et s'écrie
en recrachant :
- Ah ! C'est bon pour Nickel !
L'allemand avec la transcription phonétique germanique
enregistre...Pumpurnickel..C'est devenu le nom de ce pain
que l'on trouve désormais dans toutes les bonnes Konditoreï
germaniques.
Nouveauté
!

Ouvrage recommandé
par le site Napoléon 1er
Découvrez
l'article qui lui est consacré.
En savoir plus : Lire l'excellente étude
de Jean TRANIÉ, consacrée aux chevaux de l'Empereur
Napoléon sur le site napoleon.org
Cliquez ici