Bessières prend part à toutes les
campagnes. Quand il meurt sur le champ de bataille, Napoléon
écrit à sa veuve : "La perte que vous faites
et celle de vos enfants est grande sans doute, mais la mienne
lest davantage encore. Le duc dIstrie est mort de
la plus belle mort et sans souffrir. Il laisse une réputation
sans tache, cest le plus bel héritage quil
ait pu léguer à ses enfants. Sans la Révolution,
Bessières eût certainement été médecin
comme son père. Quand elle survient, il sengage
dans la Garde nationale et rejoint la Garde constitutionnelle
du Roi en avril 1792. Plus tard, son corps, le 22e chasseurs,
se joint à lArmée dItalie. Promu chef
du corps des guides par Bonaparte, il sillustre à
la bataille de Rivoli (14 janvier 1797).
Lors de la campagne dEgypte,
il se distingue au siège de Saint-Jean dAcre (19
mars au 20 mai 1799) et à la bataille dAboukir (25
juillet 1799). Devenu un des familiers de Bonaparte, il fait
partie de ceux qui laccompagnent en France et prennent
part au coup dEtat du 18-Brumaire. En récompense,
il est nommé commandant en second de la garde consulaire,
la future Garde impériale.
Le 14 juin 1800 à Marengo, sa conduite lors de la charge
de la cavalerie lui fait gagner le grade de général
de brigade. Deux ans plus tard, il est devenu général
de division (13 septembre 1802). Lorsque vient lEmpire,
en 1804, il est sur la liste des maréchaux, de justesse
: son nom est le dernier. Quand la campagne dAutriche débute
lannée suivante, Bessières commande la Garde.
A Austerlitz (2 décembre 1805), sa cavalerie culbute la
Garde impériale russe. Cest le début de la
réputation dinvincibilité de ce fameux corps.
Bessières est présent à Iéna (14
octobre 1806) et à Eylau, le 8 février 1807, où
sa cavalerie et celle de Murat parviennent à stopper lattaque
russe à un moment critique. En Pologne, il mène
la réserve de cavalerie nouvellement formée.En
1808, Bessières est envoyé en Espagne pour diriger
le corps darmée qui occupe Salamanque. Il se porte
à la rencontre du général Cuesta, qui menace
de couper ses communications avec la France. A 14 000 hommes
contre 40.000, il remporte la victoire à Medina del Rio
Seco (14 juillet 1808). En lapprenant, Napoléon
sexclame : «Bessières a mis mon frère
sur le trône dEspagne». Lannée
suivante, Bessières est nommé duc dIstrie
et à nouveau commandant de la cavalerie de la Garde pour
la campagne contre lAutriche de 1809. A Wagram, un boulet
tue son cheval et lui fait perdre connaissance. La Garde, qui
ladore et le croit mort, safflige. Napoléon
lui dit : «Bessières, voilà un beau boulet
! Il a fait pleurer ma Garde».
En 1811, gouverneur en
Espagne, il fait montre dune grande probité et de
grands ménagements pour les populations civiles. Lannée
suivante, il reprend du service, toujours à la tête
de la Garde, pour la campagne de Russie. En octobre, il tire
lEmpereur dune situation critique ; 6 000 cosaques
fondent soudain sur le quartier général, dans le
village de Shorodina. Bessières accourt avec ses hommes
et repousse lattaque. Pour la campagne de Saxe de 1813,
il reçoit le commandement de toute la cavalerie.
.
A la veille de la bataille
de Lützen, le 1er mai 1813, il est en reconnaissance quand
un boulet de canon latteint en pleine poitrine. Son corps
repose aux Invalides.