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Louis Alexandre
Berthier (1753 - 1815)
Prince
de Neuchâtel et de Wagram
Maréchal de France
Grand Veneur
Musée
National de Versailles et des Trianons

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Lombre de Napoléon, le plus indispensable
des maréchaux, le plus comblé, également
le plus réprimandé. Toujours aux côtés
de lEmpereur, Berthier comprend, rédige et transmet
aux corps de bataille tous les ordres et toutes les pensées
de son maître.
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Berthier, fils dun ingénieur
dans les armées du roi, entre très tôt dans
une école royale du génie militaire. A 13 ans il
est déjà ingénieur-géographe, à
17, il est officier. Il sert durant la guerre dindépendance
américaine. De retour en 1789, il est nommé major-général
de la garde nationale de Versailles. Cest ainsi quil
aide les deux tantes de Louis XVI à senfuir et protège
la famille royale lors des jounées doctobre. Destitué
à la chute de la monarchie en août 1792, il sera
réintégré trois ans plus tard, chef détat-major
de Kellermann.
Bonaparte, quil
rencontre en mars 1796, apprécie cet homme, qui nhésite
pas à se jeter à la tête de ses hommes pendant
le combat, comme à la bataille de Lodi, le 10 mai 1796,
mais sait aussi lire une carte et donner des ordres. Berthier
«connaissait bien la carte, entendait bien la partie des
reconnaissances, soignait lui-même lexécution
des ordres, était rompu à présenter avec
simplicité les mouvements les plus composés dune
armée », dit de lui Bonaparte en avril 1796, lors
de sa prise de commandement à lArmée dItalie.
Il en fait son chef détat-major. En 1798, Berthier
occupe Rome et annonce la naissance de la République romaine.
Actif lors de la journée du 18-Brumaire, il reçoit
le ministère de la Guerre dès le début du
Consulat. Il organise les nouveaux départements du Piémont
et négocie la paix avec lEspagne. A lavènement
de lEmpire, en 1804, Napoléon le couvre dhonneurs
et de titres : maréchal, grand veneur, grand-aigle de
la Légion dHonneur, major général
de la Grande Armée, prince de Neufchâtel et de Vallengin
en mars 1806, vice-connétable
Prince de Wagram en août 1809, il signe désormais
simplement «Alexandre» et reçoit un million
deux cent cinquante cinq mille livres de rente annuelle. Napoléon
dédaigne sa passion amoureuse pour Mme Visconti, rencontrée
en Italie, et le marie en 1808 à la princesse Marie-Elizabeth,
nièce du roi de Bavière, dont il aura trois enfants.
Berthier est pour lEmpereur plus quun vaillant soldat
; cest un ami fidèle et obéissant dont les
capacités dorganisation sont précieuses à
lEmpereur. Chef détat-major de la Grande armée
en Russie, en Allemagne, en France, cest lui qui transmet
les ordres de Napoléon, veille à leur bonne exécution,
surveille le ravitaillement et les services annexes, collecte
les renseignements, etc. Il réorganise entièrement
le service détat-major.
Il commande parfois les
forces armées sur un théâtre dopération,
comme en Espagne en 1808 ou en Bavière en 1809. Mais ces
commandements ne sont quintérimaires, et il ne participe
que très rarement à la conception des plans de
bataille, attendant les directives de Napoléon.
Son commandement des forces françaises en 1809, lors des
débuts de la campagne dAutriche se révèle
même désastreux : appliquant à la lettre
les directives que lEmpereur envoie de Paris, il ne prend
aucune initiative sur le terrain, risquant de mettre en péril
les corps dispersés de lArmée. Il sattire
les foudres de Napoléon, mais parvient, une fois en présence
de lEmpereur, à rattraper ses erreurs durant la
bataille de Wagram (5-6 juillet 1809).
En toutes circonstances, même quand lEmpereur le
mande auprès de lui en pleine nuit - une fois même
à dix-sept reprises ! - Berthier tient à être
impeccablement vêtu. LEmpereur le considère,
lestime et le juge indispensable. Cest lui qui est
envoyé demander la main de larchiduchesse Marie-Louise,
en février 1810, et qui laccompagne à Paris.
Mais il le réprimande également.
Lors de la campagne de Russie en 1812, tandis que les armées
françaises sapprêtent à attaquer les
Russes de Koutousov à Borodino, Berthier et lEmpereur
se brouillent à propos de la stratégie à
suivre. Berthier, puni, ne déjeunera plus à la
table de lEmpereur avant lentrée à
Moscou. Mais lorsque Napoléon quitte larmée
pour rejoindre Paris, Berthier le supplie de lemmener avec
lui. Berthier restera en Allemagne durant lensemble de
la campagne de 1813, où il continuera dans son rôle
de chef détat-major des armées.
Lors de la campagne de
France, cest toujours Berthier qui assurera ce rôle
auprès de lEmpereur.Deux jours après labdication,
il demande à son maître lautorisation de se
rendre à Paris, promettant de revenir le lendemain. Dès
quil a quitté la pièce, Napoléon remarque
: «Il ne reviendra pas». En effet, Berthier a fait
son choix : il se présente devant Louis XVIII à
Compiègne pour formuler son ralliement à la monarchie.
Il devient pair de France en juin 1814.
Quand Napoléon lui annonce son retour, Berthier ne répond
pas à sa lettre. Il suit le roi à Gand pendant
les Cent-Jours puis regagne son château de Bamberg. Là,
il trouve la mort au bas dune fenêtre. Accident ?
suicide ?crime? Les circonstances de sa mort ne sont pas élucidées.
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L'avis
de Napoléon à Sainte-Hélène
«Il expédiait... tous les
ordres et les différents détails particuliers avec
une régularité, une précision et une promptitude
admirables... ; c'est un travail pour lequel il était
toujours prêt et infatigable. Voilà quel était
le mérite spécial de Berthier; il était
un des plus grands et des plus précieux pour moi, observait
l'Empereur; nul autre n'eût pu le remplacer ».
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A
lire:
Berthier, frère
d'armes de Napoléon.. ZIESENISS JEROME - BELFOND, 1985
Le maréchal Berthier. Derrecagaix, 1905
Le maréchal Berthier et sa principauté de Neuchâtel.
Courvoisier (J.) 1959
Les
maréchaux d'Empire

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