Augereau, de condition très modeste, sengage
à 17 ans dans les armées prussiennes puis napolitaines.
Il sétablit maître descrime à
Naples. A la Révolution, il rentre en France. Dabord
simple soldat dans la Garde nationale, il est, cinq ans plus
tard, général de division dans larmée
dItalie.
En avril 1796, il prend le château de Ceva, son premier
exploit sous le commandement du général Bonaparte.
Sa bravoure sillustre à Lodi le 10 mai 1796, lorsquil
sélance malgré la pluie de mitraille autrichienne.
Le 3 août 1796, son intervention lors de la bataille de
Castiglione renverse le sort de la bataille. A Arcole, le 15
novembre, il sélance sur le pont à la tête
de ses troupes. Bonaparte lui accorde son estime et sa confiance,
malgré les rumeurs sur sa rapacité. Il le délègue
à Paris pour mater la poussée royaliste, en septembre.
Cest le coup dEtat du 18-Fructidor. Augereau se révèle
terriblement efficace, exécutant à la lettre tous
les ordres du Directoire ; il est alors nommé commandant
dun corps de lArmée du Rhin.

Augereau, député
de Haute-Garonne au conseil des Cinq-Cents, est de prime abord
opposé au coup dEtat du 18-Brumaire. Il est proche
des Jacobins. Il refuse linvitation au banquet donné
en lhonneur de Bonaparte. Il se rallie néanmoins
au Consulat le matin même du 18-Brumaire, embrassant Bonaparte
et sexclamant : «Comment ! Tu as voulu faire quelque
chose pour la patrie et tu nas pas appelé Augereau
!».
Malgré ses critiques du Concordat, il figure sur la liste
des maréchaux de 1804 et assiste au sacre de lEmpereur.
De septembre 1805 à février 1807, il reçoit
le commandement du VIIème corps de la Grande Armée.
A la bataille de Iéna, le 14 octobre 1806, il bat les
Saxons et écrase le corps de Rüchel venu au secours
de larmée prussienne. A Eylau (8 février
1807), malade, il se fait attacher sur son cheval au début
de la bataille. Alors quil doit attaquer le centre russe,
son corps darmée se perd dans une tempête
de neige. Les soldats français sont décimés
par les canons ennemis. Blessé au bras, Augereau rentre
en France. Le 19 mars 1808, il reçoit le titre de duc
de Castiglione.
Il sert ensuite en Espagne. Ses premières victoires à
la tête de lArmée de Catalogne sont bientôt
suivies de défaites. LEmpereur renvoie Augereau
dans ses terres mais le rappelle pour la campagne de Russie de
1812 où il lui confie un corps de réserve. Le maréchal
est présent lors de la défaite française
à Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813. Sa défense
acharnée lui regagne la faveur de Napoléon.
En 1814, lEmpereur lui confie le corps darmée
posté à Lyon. Augereau, qui a ordre de couper les
lignes de communications de larmée de Bohème,
transige et refuse le combat. Il est maintenant un notable. Le
16 avril 1814, il lance une proclamation où il enjoint
à ses soldats dadopter la cocarde blanche des Bourbons
et dénonce Napoléon comme un tyran. LEmpereur
biffe son nom de la liste des maréchaux lors des Cent-Jours
et le qualifie de «traître à la France»,
quand Augereau vient lui proposer ses services.
Louis XVIII revenu sur
le trône lécarte également. Augereau
se retire dans ses propriétés, où il meurt
peu après dune maladie de poitrine, sans laisser
denfants.
Napoléon dira de lui à Sainte-Hélène
: «Il était incapable de se conduire ; il navait
point dinstruction, peu détendue dans lesprit,
peu déducation ; mais il maintenait lordre
et la discipline parmi ses soldats, et en était aimé.
Il divisait bien ses colonnes, plaçait bien ses réserves,
se battait avec intrépidité ; mais tout cela ne
durait quun jour : vainqueur ou vaincu, il était
le plus souvent découragé le soir, soit que cela
tint à la nature de son caractère, ou au peu de
calcul et de pénétration de son esprit».
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A
Sainte-Hélène, Napoléon disait encore...
«Depuis longtemps, chez lui, le
maréchal n'était plus le soldat; son courage, ses
vertus premières l'avaient élevé très
haut hors de la foule; les honneurs, les dignités, la
fortune l'y avaient replongé. Le vainqueur de Castiglione
eût pu laisser un nom cher à la France; mais elle
réprouvera la mémoire du défectionnaire
de Lyon, ainsi que celle de tous ceux qui en ont agi comme lui
à moins qu'ils ne réparent les torts faits à
la patrie par de nouveaux services rendus à la patrie».
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A
lire:
Laurence Couturaud: Augereau.
L'enfant maudit de la chance.
Paris , 1990 - Éditions Henri Veyrier, 267 p.
Les
maréchaux d'Empire

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